" Les histoires
d'agressions inventées de toutes pièces n'ont
pas seulement pour cadre les rames du RER. Les policiers
rémois ont confondu la semaine dernière une
jeune femme de 19 ans qui prétendait avoir été
enlevée et violée par un automobiliste. Après
enquête, il s'est avéré qu'elle a tout
inventé.
La plainte fut déposée début juillet.
Les faits dénoncés étaient terrifiants.
D'après ses déclarations, la demoiselle se trouvait
le long d'une route avec une amie, près du quartier
des Epinettes où elle réside, le 8 juillet au
soir, lorsqu'une voiture stoppa à sa hauteur. Le conducteur
la fit monter de force en intimant l'ordre à l'autre
jeune fille de s'en aller. Le rapt réussi, il quitta
l'agglomération pour s'arrêter sur un chemin
de champ du côté de Witry-lès-Reims.
Là, en rase campagne, il viola sauvagement sa victime
dans la voiture, de façon répétée,
lui infligeant les pires outrages.
Puis, le ravisseur relâcha la jeune fille, dont il avait
ligoté les pieds avec une corde. Elle regagna son domicile
à pied. Ses parents la virent rentrer en pleurs. Elle
leur raconta toute l'histoire. Ils l'emmenèrent déposer
plainte au commissariat.
Incohérences
Assez rapidement, les enquêteurs eurent des soupçons
sur la sincérité de la jeune femme. Son récit
comportait de nombreuses incohérences. Sans parler
de l'absence de lésions qu'un viol aussi sauvage aurait
forcément provoquées.
L'audition de l'amie témoin de « l'enlèvement
» renforça la conviction des policiers. Le soir
des faits, la plaignante est bien montée dans une voiture
mais de son plein gré. C'est son petit ami qui était
venu la chercher. Le garçon fut retrouvé à
son tour.
Il confirma que la soirée s'était déroulée
sans incident. Bien au contraire, il fit la fête avec
elle jusque tard dans la nuit, puis la ramena à son
domicile.
Confrontée à ces multiples éléments,
la plaignante est passée aux aveux en fin de semaine
dernière. Elle a tout inventé : il n'y a jamais
eu d'enlèvement, encore moins de viol. Selon
ses déclarations, elle eut peur de la réaction
familiale en oubliant de revenir de la soirée à
une heure raisonnable.
Elle craignait d'autant plus la colère de son père
que celui-ci n'appréciait pas son petit ami. L'idée
lui vint d'imaginer toute cette histoire pour tenter de justifier
sa longue absence.
Une telle affaire tombe mal, surtout dans le contexte actuel.
Au terme des auditions, la jeune femme a été
remise en liberté avec une convocation devant le tribunal
correctionnel de Reims. Elle sera jugée le 26 octobre
pour « dénonciation d'un crime imaginaire »."
Un article de F.C.
Source : L'UNION
(21 juillet 2004)
|