Dernière mise à jour :
22/07/2004

Enlevée et violée en voiture : la "victime" a tout inventé

 

" Les histoires d'agressions inventées de toutes pièces n'ont pas seulement pour cadre les rames du RER. Les policiers rémois ont confondu la semaine dernière une jeune femme de 19 ans qui prétendait avoir été enlevée et violée par un automobiliste. Après enquête, il s'est avéré qu'elle a tout inventé.
La plainte fut déposée début juillet. Les faits dénoncés étaient terrifiants. D'après ses déclarations, la demoiselle se trouvait le long d'une route avec une amie, près du quartier des Epinettes où elle réside, le 8 juillet au soir, lorsqu'une voiture stoppa à sa hauteur. Le conducteur la fit monter de force en intimant l'ordre à l'autre jeune fille de s'en aller. Le rapt réussi, il quitta l'agglomération pour s'arrêter sur un chemin de champ du côté de Witry-lès-Reims.
Là, en rase campagne, il viola sauvagement sa victime dans la voiture, de façon répétée, lui infligeant les pires outrages.
Puis, le ravisseur relâcha la jeune fille, dont il avait ligoté les pieds avec une corde. Elle regagna son domicile à pied. Ses parents la virent rentrer en pleurs. Elle leur raconta toute l'histoire. Ils l'emmenèrent déposer plainte au commissariat.

Incohérences


Assez rapidement, les enquêteurs eurent des soupçons sur la sincérité de la jeune femme. Son récit comportait de nombreuses incohérences. Sans parler de l'absence de lésions qu'un viol aussi sauvage aurait forcément provoquées.
L'audition de l'amie témoin de « l'enlèvement » renforça la conviction des policiers. Le soir des faits, la plaignante est bien montée dans une voiture mais de son plein gré. C'est son petit ami qui était venu la chercher. Le garçon fut retrouvé à son tour.
Il confirma que la soirée s'était déroulée sans incident. Bien au contraire, il fit la fête avec elle jusque tard dans la nuit, puis la ramena à son domicile.
Confrontée à ces multiples éléments, la plaignante est passée aux aveux en fin de semaine dernière. Elle a tout inventé : il n'y a jamais eu d'enlèvement, encore moins de viol. Selon ses déclarations, elle eut peur de la réaction familiale en oubliant de revenir de la soirée à une heure raisonnable.
Elle craignait d'autant plus la colère de son père que celui-ci n'appréciait pas son petit ami. L'idée lui vint d'imaginer toute cette histoire pour tenter de justifier sa longue absence.

Une telle affaire tombe mal, surtout dans le contexte actuel. Au terme des auditions, la jeune femme a été remise en liberté avec une convocation devant le tribunal correctionnel de Reims. Elle sera jugée le 26 octobre pour « dénonciation d'un crime imaginaire »."

Un article de F.C.

Source : L'UNION (21 juillet 2004)