Dernière mise à jour : 09/12/01
 

 

L'esclavage aboli ?


Lors du symposium des 29 et 30 novembre 2001 à Lyon, le délégué de l'ONG béninoise TOMORROW CHILDREN, Monsieur Hector Gnonlonfin, a brossé le sombre tableau du trafic international d'enfants à partir de son pays. On croyait le temps de l'esclavage terminé depuis son abolition par Abraham Lincoln et la guerre de Sécession. Hélas, il faut bien constater qu'actuellement encore ce marché est florissant et, comble de l'ignominie, concerne la partie la plus vulnérable de la population béninoise, les petits enfants entre 4 et 10 ans, ainsi que les adolescentes.

La paupérisation de la population, l'absence de dispositions pénales en la matière et la perméabilité des frontières constituent autant de facteurs facilitant la vie des trafiquants. De plus, le placement d'enfants entre frères, amis et tierces personnes dans le but de développer leur personnalité est une tradition séculaire de nombreuses populations africaines et, en particulier, béninoise. Les trafiquants en profitent pour " organiser ces placements " en réalité pour exporter cette " marchandise " et la vendre ou, mieux, la louer.

Le choix des enfants est fait en fonction de leur âge et de leur sexe. Les plus prisés étant des filles entre 4 et 6 ans. Les trafiquants constituent des dossiers de voyages avec autorisations et pièces d'état civil la plupart du temps fausses, mais… très officielles.

Le voyage se fait dans des conditions extrêmement difficiles, par voie terrestre ou maritime. Les enfants affaiblis et malades sont simplement abandonnés sur le chemin ou jetés à la mer. L'une des principales destinations semble être le Gabon. Toutefois, un nombre important d'enfants est envoyé les pays du nord de l'Afrique et l'Europe occidentale.

En Afrique, les filles sont généralement employées comme aide-ménagère ou aide de commerce et astreintes à des travaux lourds et parfois dangereux. Elles sont souvent victimes de mauvais traitements pour les punir, sont mal nourries et, bien sûr, ne reçoivent pas de salaire, celui-ci étant intégralement versé aux trafiquants. Les garçons sont utilisés comme main d'œuvre agricole ou comme petites mains dans l'artisanat. A noter qu'il arrive parfois que ces enfants soient utilisés comme personnel de maison auprès de certaines ambassades. Plusieurs cas ont été dénoncés à Genève (Suisse).

Ceux qui continuent leur voyage - les adolescentes, surtout - sont livrées aux réseaux de prostitution. Dès leur arrivée, elles sont privées de leur passeport, donc de leur identité et deviennent ainsi corvéables à merci.

TOMORROW CHILDREN lutte contre cette barbarie avec l'aide du fonds de contribution volontaire des Nations Unies contre les formes contemporaines d'esclavage. De plus, TC participe activement à la lutte contre la paupérisation, à la création d'écoles et de centres de santé et offre une assistance quotidienne aux enfants.

Pour plus d'information : mailto:childrentomorrow@hotmail.com
à l'attention de Monsieur Hector Gnonlonfin

On aurait tort de croire que le trafic d'enfants ne concerne que l'Afrique. Nous sommes tous concernés. Comme les destinations traditionnelles du tourisme pédosexuel deviennent beaucoup moins sûres, on ne va plus vers les enfants, on les fait venir à soi. Ainsi un nouveau trafic a été mis sur pied : des enfants orientaux ou de pays en guerre, plus proches de nous, sont livrés aux milieux pédophiles ou de prostitution enfantine en Europe et des enfants européens sont expédiés vers l'est.

Cette activité est beaucoup plus profitable que la drogue et beaucoup moins risquée en cas de poursuite judiciaire. Si un trafic de drogue se paie très cher en années de prison, avec un avocat particulièrement doué, le trafic d'enfant peut coûter une peine avec sursis !

Les nouvelles mafias ne se privent pas de cette source de juteux revenus. Elles se montrent particulièrement brutales dans leur action, n'hésitant pas à éliminer les gêneurs et, le cas échéant, la " marchandise ".