| Que
de messages ambigus !
Je dois
admettre que cette affirmation m'a fait bondir, car elle n'est
pas claire dans son intention.: Est-ce que ce message a voulu
signifier que l'internaute qui rencontre des sites au contenu
pédopornographique doit se contenter d'ignorer, donc
de fermer simplement lesdits sites, dans quel cas "Ignoranz"
signifierait "mépris", ou a-t-elle voulu
signifier que le peuple doit être maintenu dans l'ignorance
du vaste trafic international d'enfants, vendus comme esclaves
(souvent sexuels) ?
N'est-ce
pas ,cependant, une erreur que de rejeter l'aide de tout internaute
horrifié par l'abondance des sites montrant les plus
grandes cruautés sur enfants ? Enfants qui pourraient,
un jour, être ses enfants, si on le maintient dans l'ignorance
de l'atroce réalité et des moyens pour les en
protéger ?
Or, pour
savoir protéger d'un danger, il faut en connaître
l'existence, et ensuite, apprendre à développer
des stratégies de protection.
Chacun
connaît les difficultés qu'a la Police, en Suisse,
mais également dans d'autres pays, à poursuivre
les propriétaires de sites de pornographie avec enfants,
souvent domiciliés à l'étrangerDe l'aveu
même des policiers, ces difficultés sont dues
au retard technologique et législatif, mais aussi à
cause du nombre insuffisant de personnes capables de mener
à bien cette lourde et peu enviable tâche, face
à l'ampleur et au dynamisme de cette nouvelle branche
de la mafia internationale.
Or, ce
sont nos enfants, vos enfants qu'on vend, qu'on torture
et, selon certains policiers, même la prévention
à leur intention devrait être laissée
entre leurs mains. Les mêmes policiers se plaignent
ensuite du manque de responsabilité de certains parents
!
Je m'étonne,
ensuite, de trouver, sur le site de la BKA, (un corps de police:
Bundeskriminalamt = Police criminelle allemande) les adresses
de dénonciation de sites, E-mails et Newsletters à
contenu pédopornographique et, sur le portail E110,
cette invitation faite à l'internaute de laisser la
traque de ces sites aux mains des professionnels: N'est-ce
pas un aveu de dépassement face à l'actualité
et un appel aux Autorités du pays pour qu'elles prennent
enfin la juste mesure de ce fléau (amplifié
et apporté aux yeux de tout le monde grâce à
l'Internet) et qu'elles acceptent de donner les moyens financiers
et en personnel à ces professionnels ? N'est-ce pas
la preuve d'un manque flagrant de volonté de coordination
entre les différents acteurs de notre société,
parents compris, pour protéger de toute urgence la
société de demain ?
Ce quasi
protectionisme que certaines polices veulent conserver dans
leur travail, alors que l'on trouve, sur le site Internet
de certaines d'entre elles, un appel à la population
pour collaborer à la sécurité de proximité
et à la recherche de criminels envolés quelque
part dans la nature est un autre exemple de messages ambigus
et de volonté de non coordination.
Ce genre
de messages ambigus signifie "aidez-nous, mais surtout
laissez-nous faire" et crée la confusion chez
le lecteur ou l'interlocuteur.
Autre
ambiguité, qui crée un réel malaise:
Sur le portail E110, les articles relatés ci-dessus
côtoient les crimes commis par certains policiers, des
professionnels aux mains desquels on doit confier la sécurité
de nos enfants ! Des policiers sont directement impliqués
dans des affaires de maltraitances, d'abus et d'appartenance
à des réseaux.( Citons seulement les plus grosses
affaires, comme celle de l'Italie, où le chef d'un
réseau de "pédophilie" était
un policier à la retraite, où une femme policier
était à la tête d'un bordel en Tchéquie,
où de nombreux policiers, même un colonel de
Gendarmerie sont impliqués dans l'affaire Dutroux,
en Belgique, selon les nombreux témoignages des victimes
rescapées, que l'on tente de faire passer pour folles
et mythomanes).
Heureusement,
beaucoup de policiers sont honnêtes et dignes de confiance.
Mais beaucoup de citoyens le sont aussi, et on voudrait les
dissuader de contribuer à la protection de ce qui leur
est le plus cher: leurs enfants.
Je crois plutôt que c'est une peur inavouée devant
la puissance que l'on prête à l'Internet et de
tout son côté noir que l'on ne peut et/ou ne
sait pas supprimer, ou que l'on ne veut pas supprimer
parce que cela rapporte tellement d'argent.
Si on
enviageait la surabondance de sites pédocriminels sous
un autre angle que celui communément véhiculé
et vrai pour d'autres domaines que celui de la criminalité
sur enfants ? On tente de nous faire croire que ces sites
sont toujours plus nombreux parce qu'il y a toujours plus
de visiteurs.Il ne faut pas se leurrer: des documents et des
images de viols et de tortures d'enfants ont été
et seront toujours produites, comme source de satisfaction
post-actem pour ceux qui commettent ces crimes, aussi bien
que pour ceux qui n'osent pas franchir ce pas mais en rêvent.
Que ces images soient vendues et échangées sur
l'Internet n'a fait qu'accroître les bénéfices
déjà gigantesques des producteurs, car la mise
sur site est bien plus avantageuse que l'édition d'un
catalogue ad hoc.Ce n'est pas la demande qui crée l'offre,
mais l'offre qui crée l'intoxication de l'Internet,
faute de moyens ou de volonté politique pour y mettre
fin.L'Internet n'est qu'un moyen pour s'échanger ces
images, entre amateurs, mais auxquelles les non-amateurs peuvent
aussi accéder: Et c'est cela qu'il faut combattre en
même temps qu'il faut éduquer nos enfants aux
dangers de ce média, afin qu'ils ne deviennent pas
les victimes nécessaires à la production de
nouvelles images.
Alors,
parents, comment agir juste, si l'on retient que les policiers
qui reçoivent des dénonciations de sites pornographiques
affirment que la plupart de ces sites ne sont pas l'objet
de poursuites pénales ? Comment trier, sans ouvrir,
et, en même temps,ne pas submerger les quelques rares
personnes affectées à la triste mission de visionner
ces horreurs ?
Personne
ne m'a encore donné la bonne réponse !
Pour le
moment, vous n'avez donc pas le choix: Dénoncez tout
ce qui vous paraît suspect, les professionnels trieront
ou dédaigneront, selon leur propre conscience et humaine
possibilité.
La vice-présidente
de la Fondation FREDI |