Dernière mise à jour : 15.07.2002

 

Laissez les "professionnels"
eux seuls savent traquer les sites de pornographie avec enfants !

 

"L'ignorance est la meilleure arme " affirme-t-on dans un article du Portail E11O, où les polices allemande, autrichienne et suisse publient les nouvelles du jour, - la Suisse y fait d'ailleurs bien pâle figure !- Dans un commentaire sur l'augmentation du nombre de sites Internet à contenu pédocriminel et sur les moyens d'en arrêter les propriétaires, on peut encore lire :" L'internaute ne doit pas se mêler de traquer de tels sites, c'est la tâche des professionnels" . (texte original, à l'adresse suivante: http://www2.e110.de/artikel/detail.cfm?pageid=65&id=45977&subid=45979)

 

Que de messages ambigus !

Je dois admettre que cette affirmation m'a fait bondir, car elle n'est pas claire dans son intention.: Est-ce que ce message a voulu signifier que l'internaute qui rencontre des sites au contenu pédopornographique doit se contenter d'ignorer, donc de fermer simplement lesdits sites, dans quel cas "Ignoranz" signifierait "mépris", ou a-t-elle voulu signifier que le peuple doit être maintenu dans l'ignorance du vaste trafic international d'enfants, vendus comme esclaves (souvent sexuels) ?

N'est-ce pas ,cependant, une erreur que de rejeter l'aide de tout internaute horrifié par l'abondance des sites montrant les plus grandes cruautés sur enfants ? Enfants qui pourraient, un jour, être ses enfants, si on le maintient dans l'ignorance de l'atroce réalité et des moyens pour les en protéger ?

Or, pour savoir protéger d'un danger, il faut en connaître l'existence, et ensuite, apprendre à développer des stratégies de protection.

Chacun connaît les difficultés qu'a la Police, en Suisse, mais également dans d'autres pays, à poursuivre les propriétaires de sites de pornographie avec enfants, souvent domiciliés à l'étrangerDe l'aveu même des policiers, ces difficultés sont dues au retard technologique et législatif, mais aussi à cause du nombre insuffisant de personnes capables de mener à bien cette lourde et peu enviable tâche, face à l'ampleur et au dynamisme de cette nouvelle branche de la mafia internationale.

Or, ce sont nos enfants, vos enfants qu'on vend, qu'on torture et, selon certains policiers, même la prévention à leur intention devrait être laissée entre leurs mains. Les mêmes policiers se plaignent ensuite du manque de responsabilité de certains parents !

Je m'étonne, ensuite, de trouver, sur le site de la BKA, (un corps de police: Bundeskriminalamt = Police criminelle allemande) les adresses de dénonciation de sites, E-mails et Newsletters à contenu pédopornographique et, sur le portail E110, cette invitation faite à l'internaute de laisser la traque de ces sites aux mains des professionnels: N'est-ce pas un aveu de dépassement face à l'actualité et un appel aux Autorités du pays pour qu'elles prennent enfin la juste mesure de ce fléau (amplifié et apporté aux yeux de tout le monde grâce à l'Internet) et qu'elles acceptent de donner les moyens financiers et en personnel à ces professionnels ? N'est-ce pas la preuve d'un manque flagrant de volonté de coordination entre les différents acteurs de notre société, parents compris, pour protéger de toute urgence la société de demain ?

Ce quasi protectionisme que certaines polices veulent conserver dans leur travail, alors que l'on trouve, sur le site Internet de certaines d'entre elles, un appel à la population pour collaborer à la sécurité de proximité et à la recherche de criminels envolés quelque part dans la nature est un autre exemple de messages ambigus et de volonté de non coordination.

Ce genre de messages ambigus signifie "aidez-nous, mais surtout laissez-nous faire" et crée la confusion chez le lecteur ou l'interlocuteur.

Autre ambiguité, qui crée un réel malaise: Sur le portail E110, les articles relatés ci-dessus côtoient les crimes commis par certains policiers, des professionnels aux mains desquels on doit confier la sécurité de nos enfants ! Des policiers sont directement impliqués dans des affaires de maltraitances, d'abus et d'appartenance à des réseaux.( Citons seulement les plus grosses affaires, comme celle de l'Italie, où le chef d'un réseau de "pédophilie" était un policier à la retraite, où une femme policier était à la tête d'un bordel en Tchéquie, où de nombreux policiers, même un colonel de Gendarmerie sont impliqués dans l'affaire Dutroux, en Belgique, selon les nombreux témoignages des victimes rescapées, que l'on tente de faire passer pour folles et mythomanes).

Heureusement, beaucoup de policiers sont honnêtes et dignes de confiance. Mais beaucoup de citoyens le sont aussi, et on voudrait les dissuader de contribuer à la protection de ce qui leur est le plus cher: leurs enfants.
Je crois plutôt que c'est une peur inavouée devant la puissance que l'on prête à l'Internet et de tout son côté noir que l'on ne peut et/ou ne sait pas supprimer, ou que l'on ne veut pas supprimer parce que cela rapporte tellement d'argent.

Si on enviageait la surabondance de sites pédocriminels sous un autre angle que celui communément véhiculé et vrai pour d'autres domaines que celui de la criminalité sur enfants ? On tente de nous faire croire que ces sites sont toujours plus nombreux parce qu'il y a toujours plus de visiteurs.Il ne faut pas se leurrer: des documents et des images de viols et de tortures d'enfants ont été et seront toujours produites, comme source de satisfaction post-actem pour ceux qui commettent ces crimes, aussi bien que pour ceux qui n'osent pas franchir ce pas mais en rêvent. Que ces images soient vendues et échangées sur l'Internet n'a fait qu'accroître les bénéfices déjà gigantesques des producteurs, car la mise sur site est bien plus avantageuse que l'édition d'un catalogue ad hoc.Ce n'est pas la demande qui crée l'offre, mais l'offre qui crée l'intoxication de l'Internet, faute de moyens ou de volonté politique pour y mettre fin.L'Internet n'est qu'un moyen pour s'échanger ces images, entre amateurs, mais auxquelles les non-amateurs peuvent aussi accéder: Et c'est cela qu'il faut combattre en même temps qu'il faut éduquer nos enfants aux dangers de ce média, afin qu'ils ne deviennent pas les victimes nécessaires à la production de nouvelles images.

Alors, parents, comment agir juste, si l'on retient que les policiers qui reçoivent des dénonciations de sites pornographiques affirment que la plupart de ces sites ne sont pas l'objet de poursuites pénales ? Comment trier, sans ouvrir, et, en même temps,ne pas submerger les quelques rares personnes affectées à la triste mission de visionner ces horreurs ?

Personne ne m'a encore donné la bonne réponse !

Pour le moment, vous n'avez donc pas le choix: Dénoncez tout ce qui vous paraît suspect, les professionnels trieront ou dédaigneront, selon leur propre conscience et humaine possibilité.

 

La vice-présidente de la Fondation FREDI