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Conférence
Parlement Européen,
Bruxelles, Le 28 janvier 2004
Mme Sylviane Ainardi
ouvre cette conférence organisée avec la Fondation
d'Innocence en Danger et un groupe de Députés.
M. Serge GARDE,
grand reporter prend alors la parole et souligne que tous
les pays européens ont connu des affaires graves. La
différence de législation entre les pays, dans
un contexte de mondialisation génère une criminalité.
Un exemple : le blanchiment d'argent interdit en France, est
autorisé dans d'autres pays. Le phénomène
des enfants des rues, surtout après les ex-blocs des
pays soviétiques, est la base des organisations criminelles.
Ceci constitue
un des éléments des activités des mafias,
et rappelons-le, celles-ci rapportent beaucoup d'argent et
comportent moins de risque que la drogue. C'est un défi
majeur de l'Union Européenne, malgré que les
choses aient un peu évolué. On constate une
absence de volonté politique. Nous avons en France
tous les moyens pour contrer certains sites dangereux pour
les enfants sur Internet. Pourquoi ne pas dégager un
budget pour le faire ?
La traite des êtres
humains est reconnue, nous dit Mme Homayra SELLIER Présidente
d'Innocence en Danger. C'est un fléau qui nous concerne
tous et ne demande pas d'investissement. Lutter contre la
pauvreté est un des moyens de lutter contre le trafic.
L'esclavage moderne touche environ 27 millions d'êtres
humains.
M. Antonio VITTORINO,
Commissaire européen donne ensuite la position de l'Union
Européenne : Des traités existent, mais ceux-ci
ne font aucune référence aux droits des enfants.
L'Union Européenne est une base juridique. La décision
4 permet :
de définir
le crime dans tous les états-membres et de rapprocher
les sanctions applicables
de lutter contre la pédo-pornographie, en obligeant
les états-membres à prendre des sanctions
de prendre des initiatives pratiques pour lutter contre les
problèmes liés à Internet
de nommer un groupe d'experts sur " la traite des êtres
humains ", avec le programme Daphné, en tant qu'outil
sur le problème des enfants disparus.
Mme Marianne ERICKSSON députée européenne
nous dit alors qu'elle s'occupe plus particulièrement
de l'exploitation sexuelle des femmes adultes. L'industrie
est active. Si on parle d'adultes, cela concerne également
les enfants. On constate de plus en plus d'exploitation, de
violence, aussi bien chez les adultes que chez les enfants.
On refuse généralement de discuter des activités
sexuelles. Il faut cibler les organisations criminelles. Coopération
est le mot-clé.
M. Alexandre DA
FONSECA (co(fondateur de l'Anti-Child Porn Organisation) évoque
ensuite le rôle des paiements électroniques dans
le trafic et la vente d'images pornographiques d'enfants exploités.
1. le trafic d'enfants
en Russie (près de St Pétersbourg) est très
lucratif. Il cible des clients riches :
des photos, des vidéos se vendent 500 Euros
on trouve des enfants à vendre, à louer (un week-end par exemple) entre 7 et 10 ans, cela coûtera 5000 Euros, et en prime un enfant de 14 ans qui sera gratuit
à disposition un catalogue
du service à la demande
des adoptions d'enfants entre 1 et 3 ans pour 30 000 Euros Il serait facile de localiser le fournisseur d'accès, et qui a enregistré! |
2. Les cartes de crédit génèrent des
millions de $. Les Sociétés peuvent être
impliquées directement ou indirectement La question
est de savoir si l'organisme de crédit souhaite ou
non apporter une contribution à du matériel
pédo-pornographique. Des sociétés-écran
sont créées pour faciliter la transaction électronique.
On pourrait citer par exemple euro-bill.com Master-card dit
par exemple " il y a des choses que l'argent ne peut
pas acheter, mais il y a " Master-Card ".
Mme Claudia NEVES
nous fait dresser les cheveux sur la tête en nous parlant
du secteur portugais, pays choisi pour le tourisme sexuel
et le trafic d'enfants. On peut acheter, sans problème
un enfant pour 25 000 Euros. Aucune loi n'existe dans ce pays
pour éviter la vente d'enfants. Des enfants portugais
disparaissent, et personne ne les recherche. Des propositions
faites par Innocence en Danger ont été refusées.
La convention des Droits de l'Enfant est bafouée chaque
jour.
Nous entendons
ensuite Edgar SILVA prêtre portugais qui, depuis 1987
s'occupe du mouvement pour la défense des droits des
enfants à Madère. Ces enfants des rues sont
pauvres ; ils sont pour beaucoup issus de familles de pêcheurs
qui ne savent pas lire. Madère ne participe pas au
programme Daphné. Les recommandations des avocats n'ont
pas été suivies. On constate une aggravation
de la situation sociale et de la pauvreté. La prostitution
enfantine est un crime contre l'humanité, et l'enfant
a le droit de grandir.
Don Fortunato DI
NOTO, prêtre sicilien prend la parole en tant que consultant
du Ministère Italien pour la politique de l'enfance.
Il nous dit que 2600 sites pédo-pornographiques ont
été dénoncés en 2003, couvrant
l'ensemble du monde
M. Ferdinando IMPOSIMATO,
Président Adjoint de la cour de Cassation italienne
intervient alors pour dire que le consentement de la victime
n'exclut pas le crime. 4 critères sont importants :
· recherche de profit · pauvreté ·
inertie · indifférence de l'opinion publique
Un milliard d'euros est le bénéfice pour l'année.
Ce marché est acquis avec la complicité des
officiels locaux. Le consensus des familles est un alibi qui
légitime le transfert d'enfants d'un état à
l'autre.
IL serait indispensable : ·
D'avoir un défenseur
civil pour l'enfant dans tous les procès ·
D'instituer
un procureur du Ministère public européen. Ceci
n'a pas été fait ·
Le trafic d'enfants
devrait être traité par Eurojust. · Le
trafic d'enfants est une menace à la liberté
des futures générations.
Mme Sophie JEKELEER,
juriste de l'ECPAT nous fait part des recommandations entre
Europe de l'Est et Europe de l'Ouest, notamment l'harmonisation
des législations, la protection des témoins
pour les victimes, des médias plus formés, des
réseaux pour la réhabilitation des enfants victimes
et un programme de rapatriement des enfants.
Mme Sylviane AINARDI
conclue cette conférence en nous rappelant que la décision
4 a été votée en décembre 2003,
et en faisant plusieurs recommandations :
Un statut pour
les mineurs qui viennent de l'étranger
Une structure d'accueil d'urgence ; quelle action préventive
pour le mineur isolé ?
Echange d'infos avec la police. Tout n'est pas au point :
Création d'un centre européen de lutte contre
l'exploitation sexuelle
Quel est le programme avec le pays émetteur ? Aider
ces pays par une aide à l'enfance. Ces enfants sont,
pour le moment, considérés comme immigrés
clandestins et non comme victimes .
Source: Innocence
en Danger/CL
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