Dernière mise à jour : 29/04/2004

 

Le trafic d'enfants à des fins d'exploitation sexuelle dans une Europe élargie

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Conférence

Parlement Européen, Bruxelles, Le 28 janvier 2004

Mme Sylviane Ainardi ouvre cette conférence organisée avec la Fondation d'Innocence en Danger et un groupe de Députés.

M. Serge GARDE, grand reporter prend alors la parole et souligne que tous les pays européens ont connu des affaires graves. La différence de législation entre les pays, dans un contexte de mondialisation génère une criminalité. Un exemple : le blanchiment d'argent interdit en France, est autorisé dans d'autres pays. Le phénomène des enfants des rues, surtout après les ex-blocs des pays soviétiques, est la base des organisations criminelles.

Ceci constitue un des éléments des activités des mafias, et rappelons-le, celles-ci rapportent beaucoup d'argent et comportent moins de risque que la drogue. C'est un défi majeur de l'Union Européenne, malgré que les choses aient un peu évolué. On constate une absence de volonté politique. Nous avons en France tous les moyens pour contrer certains sites dangereux pour les enfants sur Internet. Pourquoi ne pas dégager un budget pour le faire ?

La traite des êtres humains est reconnue, nous dit Mme Homayra SELLIER Présidente d'Innocence en Danger. C'est un fléau qui nous concerne tous et ne demande pas d'investissement. Lutter contre la pauvreté est un des moyens de lutter contre le trafic. L'esclavage moderne touche environ 27 millions d'êtres humains.

M. Antonio VITTORINO, Commissaire européen donne ensuite la position de l'Union Européenne : Des traités existent, mais ceux-ci ne font aucune référence aux droits des enfants. L'Union Européenne est une base juridique. La décision 4 permet :

de définir le crime dans tous les états-membres et de rapprocher les sanctions applicables
de lutter contre la pédo-pornographie, en obligeant les états-membres à prendre des sanctions
de prendre des initiatives pratiques pour lutter contre les problèmes liés à Internet
de nommer un groupe d'experts sur " la traite des êtres humains ", avec le programme Daphné, en tant qu'outil sur le problème des enfants disparus.


Mme Marianne ERICKSSON députée européenne nous dit alors qu'elle s'occupe plus particulièrement de l'exploitation sexuelle des femmes adultes. L'industrie est active. Si on parle d'adultes, cela concerne également les enfants. On constate de plus en plus d'exploitation, de violence, aussi bien chez les adultes que chez les enfants. On refuse généralement de discuter des activités sexuelles. Il faut cibler les organisations criminelles. Coopération est le mot-clé.

M. Alexandre DA FONSECA (co(fondateur de l'Anti-Child Porn Organisation) évoque ensuite le rôle des paiements électroniques dans le trafic et la vente d'images pornographiques d'enfants exploités.

1. le trafic d'enfants en Russie (près de St Pétersbourg) est très lucratif. Il cible des clients riches :

des photos, des vidéos se vendent 500 Euros
on trouve des enfants à vendre, à louer (un week-end par exemple) entre 7 et 10 ans, cela coûtera 5000 Euros, et en prime un enfant de 14 ans qui sera gratuit
à disposition un catalogue
du service à la demande
des adoptions d'enfants entre 1 et 3 ans pour 30 000 Euros Il serait facile de localiser le fournisseur d'accès, et qui a enregistré!


2. Les cartes de crédit génèrent des millions de $. Les Sociétés peuvent être impliquées directement ou indirectement La question est de savoir si l'organisme de crédit souhaite ou non apporter une contribution à du matériel pédo-pornographique. Des sociétés-écran sont créées pour faciliter la transaction électronique. On pourrait citer par exemple euro-bill.com Master-card dit par exemple " il y a des choses que l'argent ne peut pas acheter, mais il y a " Master-Card ".

Mme Claudia NEVES nous fait dresser les cheveux sur la tête en nous parlant du secteur portugais, pays choisi pour le tourisme sexuel et le trafic d'enfants. On peut acheter, sans problème un enfant pour 25 000 Euros. Aucune loi n'existe dans ce pays pour éviter la vente d'enfants. Des enfants portugais disparaissent, et personne ne les recherche. Des propositions faites par Innocence en Danger ont été refusées. La convention des Droits de l'Enfant est bafouée chaque jour.

Nous entendons ensuite Edgar SILVA prêtre portugais qui, depuis 1987 s'occupe du mouvement pour la défense des droits des enfants à Madère. Ces enfants des rues sont pauvres ; ils sont pour beaucoup issus de familles de pêcheurs qui ne savent pas lire. Madère ne participe pas au programme Daphné. Les recommandations des avocats n'ont pas été suivies. On constate une aggravation de la situation sociale et de la pauvreté. La prostitution enfantine est un crime contre l'humanité, et l'enfant a le droit de grandir.

Don Fortunato DI NOTO, prêtre sicilien prend la parole en tant que consultant du Ministère Italien pour la politique de l'enfance. Il nous dit que 2600 sites pédo-pornographiques ont été dénoncés en 2003, couvrant l'ensemble du monde

M. Ferdinando IMPOSIMATO, Président Adjoint de la cour de Cassation italienne intervient alors pour dire que le consentement de la victime n'exclut pas le crime. 4 critères sont importants : · recherche de profit · pauvreté · inertie · indifférence de l'opinion publique Un milliard d'euros est le bénéfice pour l'année. Ce marché est acquis avec la complicité des officiels locaux. Le consensus des familles est un alibi qui légitime le transfert d'enfants d'un état à l'autre.
IL serait indispensable : ·
D'avoir un défenseur civil pour l'enfant dans tous les procès ·
D'instituer un procureur du Ministère public européen. Ceci n'a pas été fait ·
Le trafic d'enfants devrait être traité par Eurojust. · Le trafic d'enfants est une menace à la liberté des futures générations.

Mme Sophie JEKELEER, juriste de l'ECPAT nous fait part des recommandations entre Europe de l'Est et Europe de l'Ouest, notamment l'harmonisation des législations, la protection des témoins pour les victimes, des médias plus formés, des réseaux pour la réhabilitation des enfants victimes et un programme de rapatriement des enfants.

Mme Sylviane AINARDI conclue cette conférence en nous rappelant que la décision 4 a été votée en décembre 2003, et en faisant plusieurs recommandations :

Un statut pour les mineurs qui viennent de l'étranger
Une structure d'accueil d'urgence ; quelle action préventive pour le mineur isolé ?
Echange d'infos avec la police. Tout n'est pas au point :
Création d'un centre européen de lutte contre l'exploitation sexuelle
Quel est le programme avec le pays émetteur ? Aider ces pays par une aide à l'enfance. Ces enfants sont, pour le moment, considérés comme immigrés clandestins et non comme victimes .

Source: Innocence en Danger/CL