Dernière mise à jour : 01/02/2004

Enfants de trois ans à vendre

 

Sous la plume de Graham Johnson, le tabloïd britannique expose un bien sinistre trafic qu’il attribue en fait au responsable d’une organisation de charité d’Outre – Manche.
Si l’on en croît l’auteur, « Des enfants, certains à peine âgés de trois ans », seraient « enlevés de force à leurs parents et vendus pour la somme dérisoire de 300 livres sterling ».
De faire ressurgir le double spectre des enfants voués à « servir d’esclaves sexuels » et des « adoptions illégales » pour satisfaire les attentes de parents « désespérés ».
Les journalistes d’investigation du Sunday Mirror se sont donc fait passer pour les trafiquants d’enfants dans un camp de réfugiés du Montenegro (ex-Yougoslavie) autrefois géré par les Nations Unies.
Situé à proximité de Podgorica, la capitale, le camp est dirigé aujourd’hui par le responsable local d’une organisation de bienfaisance chrétienne, Sinisa Nadazdin. Siniza Nadazdin reçoit des dons de l’organisation évangélique « Smile International » * et d’associations charitables catholiques qui ne se doutent de rien. Nadazdin, 27 ans, se confie au Sunday Mirror: « Une centaine d’enfants ont fait l’objet d’une traite à partir de ce camp…chaque enfant que vous voyez ici est à vendre… »
Pour se justifier, le trafiquant évoque des difficultés financières.

*http://www.smileinternational.freeserve.co.uk/montenegro.htm

Avec ses grands yeux bleus et son sourire mignon, âgée de 4 ans, la jeune Angela causerait un serrement au cour de tous parents.

Mais tout comme son frère Aco âgé de 5 ans et leur ami Jovanna, Angela est disponible à la vente pour n'importe qui ayant assez d'argent pour se l'offrir.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la tête d'une association de charité Britannique qui est au centre de ce commerce ignoble.

Des enfants, n'ayant que trois ans, sont kidnappés à leurs parents et vendus pour aussi peu que £ 300. Des personnes craignent que certains aient été enlevés pour servir d'esclaves sexuels. D'autres seraient destinés à des adoptions illégales par des couples désespérés, y compris Britanniques, pour fonder une famille.

Les trois enfants vivent tous dans un ancien camp de réfugiés des Nations Unies au Montenegro, une région de l'ex-Yougoslavie.

À l'extérieur de Podgorica au Montenegro, les enquêteurs du Sunday Mirror se sont fait passer pour des trafiquants d'enfants et ont visité un camp dirigé par Sinisa Nadazdin, le dirigeant d'une organisation de charité chrétienne, pour mettre en avant la simplicité d'accès à ce commerce insensé.

Il reçoit des dons de Smile Internationnal, une association de charité évangélique basée en grande Bretagne, ainsi que d'organisations catholiques d'aide n'étant pas au courant des activités illégales qui s'y déroulent.

Nadazdin, âgé de 27 ans, dit à notre journaliste : "Une centaine d'enfants de ce camp ont été vendus. Tous les enfants que vous voyez ici sont à vendre. Je fait ce commerce à cause de mes finances."

Le camp a été installé par les Nations Unies après la guerre du Kosovo de 1999, et loge maintenant 5000 réfugiés dans trois unités.

On nous a présenté des enfants à vendre. Les prix vont de 500€ pour un gitan de 3 ans à la peau brune, jusqu'à 5 000 € pour une jeune fille blonde de 4 ans. Nadazdin travaille étroitement avec deux patrons gitans de la Mafia, Vlasnim et Arton Shkreli, qui récupèrent les plus jolis.

Les gens du coin disent que les frères usent de violence pour tenir le camp et forcent les familles à céder leurs enfants avant d'établir de faux papiers et de les faire passer en contrebande outre-mer.

Nadazdin nous raconte "Arton a vraiment une mauvaise réputation et ne soyez pas surpris par ce que vous pourrez entendre. Il parle de nourrir les requins avec ces filles."

Bien qu'il admette être au courant que des enfants puissent être vendus à des pédophiles, Nadazdin continue de négocier avec nos journalistes. "Un couple de Liverpool a voulu acheter un enfant l'an dernier", dit-il, "L'année d'avant, quelques Écossais. Nous n'avons pas fixé de prix. Vous devez négocier. Le prix commence à 500 euros (£300) pour un gitan. Le maximum est de 5000 euros (£ 3000)." Il nous a demandé de venir voir les deux enfants dont il nous avait envoyé les photos par courriel au Royaume-Uni. Nous avons trouvé Angela et Aco jouant sur un plancher infesté de cafards avec d'autres enfants. Nadazdin nous dit : "C'est la meilleure famille à qui acheter un enfant. Ils sont désespérés." Angela est en vente pour 3 500 euros (£ 2,500 ). Aco est disponible pour 2 500 euros (£1,500). Leur mère sans ressources pleure : "Parfois, je me prostitue pour leur donner le pain. Je ne veux pas perdre mes enfants ."

Mais l'imposant Nadazdin lui a rapidement imposé le silence en disant : "Elle n'a pas d'importance. Cette femme na pas le choix. Vlasnim veut vendre Angela. Personne ne défie Vlasnim. Pas s'ils ne veulent pas prendre de risques. Il utilise son couteau." Un des acolytes du gang fait signe de couper la gorge à la mère.

Nadazdin, directeur de l'organisation de charité locale nommée Philia, prétend que l'organisation de charité britannique Smile International lui a donné £2,000 pour s'occuper des enfants du camp. Le site web de Smile, dirigé depuis Orpington dans le Kent par le prêtre baptiste Clive Doubleday et sa femme Ruth, annonce le travail avec le camp de l'Eglise de la Pentecôte de Podgorica et la visite du camp pour dispenser de l'aide et diffuser des vidéos religieuses.

Nadazdin nous parle de ses espoirs de convaincre Smile International pour l'aider à fonder une crèche journalière - qu'il utiliserait comme un «supermarché à enfant ». Après quoi il nous montre d'autres enfants à vendre, dont Jovanna, qui est en vente pour 1 500 € à l'âge de 4 ans. Nadazdin nous dit : "Prennez des photos. Tous ces enfants sont à vendre si vous le souhaitez. Nous mettrons leur parents sous pression pour la vente. Au plus la peau est claire, ou l'enfant jeune, au plus le prix est cher. Les gitans noirs sont bon marché, personne n'en veut." Nadazdin nous dit qu'il organise aussi des adoptions illégales moyennant finances. Après être sortis du camp, Arton, un frère de Vlasnim, nous téléphone pour négocier rapidement la vente d'un enfant. "Vous aimez Angela ? Vous pouvez l'avoir pour 3 500 € Mais vous devez aussi payer 1 000 € pour les papiers. Si ça vous convient on va voir pour d'autres affaires?" Nous avons alors prétendu rechercher aussi de jeune filles pour travailler dans des salons de massage au Royaume-Uni.

Arton nous dit : "Nous avons des enfants pour des commerces plus délicats que l'adoption. J'ai des filles de 12, 13 et 14 pour vous. Il y en a actuellement 20 de disponible. Ce sont toutes de jolies filles. Certaines ont déjà de l'expérience dans des films, d'autres sur des sites internet. Vous ne serez pas déçus. N'attendez pas longtemps, j'ai d'autres personnes intéressées."

Lorsqu'il fut confronté, Nadazdin a nié avoir vendu des enfants du camp. « C'est illégal, » dit-il. "Mais c'est bien si une personne blanche achète un enfant." Il admet qu'un pédophile peut acheter un enfant, mais ajoute "je n'approuverais pas."

http://www.sundaymirror.co.uk/news/

Janv. 25, 2004 Par Graham Johnson , trad. d'un correspondant

 

Fredi a adressé cet article à une organisation de protection de l'enfance basée à Belgrade, avec qui elle correspond, pour envoyer un reflet de ce qui se dit au sujet du trafic d'enfants des Balkans et dans l'attente qu'elle prenne des mesures..

FREDi a également écrit à cette Eglise pentecôtiste (info@smileinternational.org) qui soutiendrait cette organisation, gérée par Sinisa Naddazdin ( espérons qu'elle ne l'aide pas à organiser la vente des enfants...