Le trafic sexuel et
le quasi-esclavage au travail de femmes et d'enfants en Afrique
s'est récemment aggravé en raison des guerres
en cours, de l'absence d'espoir sur l'économie et de
la non-comptabilisation des naissances, selon une étude
de l'Unicef, l'agence des Nations Unies pour l'enfance.
La moitié des 53 gouvernements du continent noir affirment
que le trafic d'êtres humains est chez eux un problème
important, mais ils sont peu nombreux à réussir
à cerner l'ampleur réelle du phénomène,
selon l'auteur du rapport, l'expert italien Andrea Rossi. «Chaque
pays représente un problème différent»,
a-t-il expliqué, lors d'une rencontre des ministres de
l'Union africaine au Bénin, avant la publication de son
rapport, hier. «Mais sur le plan national, il y a un grave
problème de collecte de données en Afrique.»
jamais de nationalité
Il n'existe donc aucune donnée précise sur le
nombre de personnes concernées. Le chiffre de 200 000
pour la seule Afrique de l'Ouest, avancé par les militants
des ONG, s'avère invérifiable, affirme-t-il.
L'inefficacité de l'enregistrement des naissances, dans
certains cas totalement inexistant, contribue à faciliter
le trafic d'enfants, qui n'acquièrent donc jamais de
nationalité, explique Rossi. Une étude distincte
de l'ONU affirme qu'en Afrique subsaharienne, plus de 70% des
naissances ne seraient pas enregistrées, ce qui représenterait
17 millions d'enfants.
Et 80% des pays d'Afrique font également état
de «trafic intérieur», où des personnes,
sans quitter le territoire, sont transportées à
l'intérieur du pays pour répondre aux besoins
en matière de prostitution, travail agricole ou domestique.
«Le trafic et la pauvreté sont de toute évidence
liés, mais la pauvreté n'est pas la seule raison»,
estime-t-il. Elle rend encore pire des situations découlant
de la guerre, de la répression et de la discrimination.
manipulés par les trafiquants
Selon l'étude, les 3,3 millions de réfugiés
et plus de 12 millions de personnes déplacées
du continent africain en sont les principales victimes, plus
enclins à se faire manipuler par des trafiquants qui
leur promettent une vie meilleure et incapables ensuite de leur
échapper. Sur le continent, les principaux pays de destination
du trafic d'être humains sont le Nigeria et le Gabon.
AP
Ex : La Liberté,
24.04.2004
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