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Dernière
mise à jour : 06/03/2003 |
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L'ESCLAVAGISME
SEXUEL AU GRAND-DUCHE
La
triste réalité de la traite des femmes au Luxembourg
Des
mineures enrôlées de gré ou de force
?
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Sur
demande d'une ONG luxembourgeoise, un spécialiste luxembourgeois
en la matière vient de rédiger un court mémoire sur
l'esclavagisme sexuel au Grand-Duché, remarquable dans
sa précision et ses accusations nombreuses et sévères.
Ce rapport est encore inédit.
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Depuis
plusieurs années déjà le Luxembourg fait la une des
médias étrangers à cause de sa politique plus que tolérante
en matière de prostitution - qu'elle soit forcée ou
semi-volontaire - de jeunes femmes originaires des pays
de l'ancien bloc communiste, notamment en délivrant
des soi-disant "visas d'artistes". Certains journalistes
et/ou responsables politiques de l'étranger stigmatisent
même notre pays comme "plaque tournante de la traite
des femmes". Une terminologie dont se défendent avec
insistance nos ministres compétents, mais qui n'est
pas forcément exagérée.
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Madame
Patsy Soerensen, représentante des écolos belges au
Parlement Européen et incontestablement spécialiste
en la matière, qui a enquêté dans les pays de provenance
desdites "artistes" et publié plusieurs rapports y relatifs
ne cesse de critiquer la délivrance de "visas spéciaux"
du type "SCHENGEN/catégorie D" valables exclusivement
pour notre territoire national et liant les détentrices
à un cabaret/bordel "telles des vaches à leurs fermes".
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Le
présent document, rédigé pour servir de document préparatif
à la table ronde d'une ONG luxembourgeoise, sera complété
et adressé aux membres de la Chambre des Députés dans
l'espoir que soit mis fin à cette situation indigne
et honteuse - ce mépris du sexe féminin - orchestré
voire organisée par de hauts fonctionnaires de divers
ministères.
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Certes,
dans pas mal de pays, une foule impressionnante de femmes
est livrée à la cupidité et à la brutalité des proxénètes
de tous ordres, impresarios, souteneurs, tauliers et
autres marchands de chair humaine. Parmi ceux-ci, le
Grand-Duché tient depuis des décennies une "place d'honneur"
peu enviable. Quoi qu'il figure parmi les pays abolitionnistes
[la Convention des Nations Unies du 2 décembre 1949
ayant seulement été ratifiée par la Chambre des députés
à la date du 16/06/83, notre pays était devenu au début
des années 80 une véritable "terre d'asile" pour maquereaux
et proxénètes de tous genre, A l'époque, malgré l'article
379bis du Code pénal, les bordels (de réelles bars montants)
fleurissaient comme des pâquerettes au printemps. Environ
300 prostituées étrangères, placées par des réseaux
structurés, exerçaient leur "job horizontal" dans environ
75 lupanars.
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Personne
ne s'en émouvait vraiment; les politiciens, magistrats
et policiers fermaient les yeux: Ce n'est qu'après qu'une
commission d'enquête parlementaire sur l'affaire dite
"de proxénétisme" avait présenté son rapport aux membres
de la Chambre en été 82 que les instances répressives
décidèrent d'inculper les exploitants de ces bars montants
et d'en ordonner la fermeture.
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Et
pourtant, déjà à l'époque les pouvoirs publics disposaient
d'un certain nombre de textes légaux pour endiguer efficacement
cette traite ignoble des êtres humains. Seulement voilà,
personne n'avait la volonté de faire appliquer vigoureusement
la loi. Les articles 379, 379bis et 382 du code pénal
(Loi du 1er avril 1968, ayant pour objet de supprimer
la réglementation officielle de la prostitution et le
proxénétisme) étaient - et le sont d'ailleurs toujours
- plus ou moins identiques aux articles 334 à 334-7
du code pénal français. Le législateur luxembourgeois
s'était en effet largement inspiré de la loi française
de 1946 dite "loi Marthe Richard". Néanmoins, nul n'avait
l'intention de poursuivre des contrevenants aux articles
précités.
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Action
commune des femmes luxembourgeoises
Heureusement,
les associations féminines de Grand-Duché, toutes opinions
confondues, allant des femmes chrétiennes-sociales aux
femmes communistes en passant par le Mouvement Luxembourgeois
pour le Planning Familial, ne sont pas restées insensibles
devant ce grave problème de la traite des êtres humains
et ont à plusieurs reprises fait publiquement part de
leur mécontentement, notamment en adressant - à la date
du 9 mai 1984 - une lettre ouverte au Président de la
Chambre des Députés.
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Le
nombre de femmes est-européennes sexuellement exploitées
dans notre pays - sans compter celles originaires de
pays plus proches - étant nettement supérieur aux chiffres
d'il y 19 ans, on ne peut que souhaiter que les associations
féminines se remettent à nouveau autour d'une même table
et qu'elles sensibilisent l'opinion publique.
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Pour
la petite histoire: un des tout premiers proxénètes
-hôteliers à écoper d'une peine de prison en 1983 (12
mois dont 9 mois avec sursis), à savoir J.J. N., a aujourd'hui
pignon sur rue comme "impresario". D'autres condamnés
pour proxénétisme se sont recyclés en tant que serveurs
de cabaret ou comme gérants de night-clubs
.
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Les
différents aspects de la prostitution au Luxembourg
A la suite de la vague répressive entre 1984 et 1986,
quelque 70 établissements étaient obligés de fermer
leurs portes, diminuant considérablement le nombre de
femmes livrées à la prostitution dans notre pays. A
souligner que pendant cette "période d'accalmie" le
nombre de viols ou d'autres agressions sexuelles n'a
nullement augmenté.
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A
partir de 1990, une nouvelle "vague de tolérance" contribua
à une recrudescence de la prostitution. Jusqu'à 300
femmes, étrangères pour la plupart, racolaient souvent
déjà à partir de 11 heures du matin aux environ de la
Gare centrale, notamment dans les rues Mercier, du Commerce,
d'Epernay, de Reims, du Fort Wedell, etc. Suite aux
actions d'un comité créé à cet effet, à savoir " SOS
GARE ", cette situation s'est nettement améliorée depuis
le vote du nouveau Règlement Général de Police (Art.
48] de la Ville de Luxembourg. Néanmoins, malgré ce
texte précis, certains policiers ne font guère preuve
de zèle pour dresser des procès-verbaux à l'encontre
des contrevenantes et encore moins pour essayer d'identifier
les "types qui font bosser" ces femmes. I1 faut préciser
qu'environ 90% des prostituées - au Luxembourg aussi
bien qu'à l'étranger - sont "maquées". A ce sujet je
me permettrai de citer Kathleen Barry, réputée féministe
américaine, qui dans son remarquable livre "Female sexuel
slavery" écrit: "Le plus vieux métier du monde n'est
pas la prostitution mais le proxénétisme; sans proxénètes
i1 n'y aurait pas de prostitution".
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Parallèlement
à la prostitution de rue, une nouvelle forme de racolage
a vu le jour au Grand-Duché à partir de 1990: par voie
de presse [répréhensible suivant l'article 382 du code
pénal]. Ces annonces, placées dans un hebdomadaire spécialisé
en la matière, le "LUXBAZAR", sont de plus en plus sans
équivoque et sont souvent accompagnées de photos érotiques
en quadrichromie. Là aussi les autorités compétentes
pourront verbaliser.
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Femmes
de l'Europe de l'Est "placées" dans des cabarets
La traite des femmes, surtout de celles originaires
des anciens pays communistes, placées dans des soi-disant
"cabarets" luxembourgeois, officiellement pour y faire
du strip-tease ou du "table-dance", dépasse toutes les
bornes. Le véritable but de leur venue à Luxembourg
est d'assouvir les souvent bizarres désirs sexuels de
la gente masculine luxembourgeoise et ce dans des cages
feutrées pudiquement appelées "séparées", moyennant
un pourcentage de 20% sur le prix des bouteilles de
mousseux consommées à cette occasion. Il serait intéressant
de connaître les conditions requises par le Ministère
des Classes Moyennes pour qu'un insalubre bistrot de
village puisse dorénavant figurer comme "cabaret".
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De
plus en plus souvent, de vieux cafés de province sont
repris par des personnages très peu recommandables;
quelques transformations peu coûteuses comme l'installation
de néons rouges suffisent: les premières femmes est-européennes
peuvent être livrées pour y exposer et vendre leurs
corps: Citons à ce sujet par exemple les localités de
Schieren, Graulinster, Remich, Goetzingen, Olm, Huncherange.
D'autres localités du Grand-Duché risquent bientôt "de
disposer" de lieux de débauche de ce genre, à savoir
Pétange, Dudelange, Steinfort, Larochette, Medernach,
etc. Pour "être placées" dans un "cabaret" luxembourgeois,
les soi-disant "artistes" doivent avoir recours au services
d'un "impresario" qui leur fait signer des contrats-types
imprimés exclusivement en langue française, langue que
la plupart des artistes ignorent. A la date du 18 décembre
1998 le Secrétaire Général du Ministère des Affaires
Etrangères, Alphonse BERNS, informait nos ambassades
et consulats comme suit: |
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"Le
modèle de contrat ainsi que les conditions générales
régissant l'engagement des artistes seront traduits
par le Ministère de la Justice dans les langues maternelles
usuelles des artistes engagées su Luxembourg. Dés que
ces traductions seront disponibles, un exemplaire en
sera transmis aux représentations diplomatiques et consulaires
pour en donner connaissance, si besoin en est, aux artistes
concernés." Depuis, plus de cinquante mois ont passé
sans qu'une seule traduction ne soit transmise à notre
ambassade à Moscou, ni dans une autre ambassade d'ailleurs.
Franchement: de qui se moque-t-on?
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Avant
d'être en rapport avec un "conseiller artistique" luxembourgeois,
les jeunes femmes sont souvent enrôlées par des impresarii
locaux qui se font payer leurs services intermédiaires
entre $1000 et $2000 et qui se font signer des reconnaissances
de dettes par les "artistes". En cas de non-remboursement
des dettes ainsi contractées, les membres des familles
des "artistes-victimes" seront terrorisés. A cause de
ces dettes, les "artistes" ne peuvent pas rentrer prématurément
dans leurs patries et doivent se plier aux pires exigences
de leurs "employeurs" luxembourgeois.
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Les
contrats-types contiennent certaines clauses destinées
à protéger les jeunes femmes. Mais hélas, ces fameux
contrats-types ne valent même pas le prix du papier
sur lequel ils sont imprimés. Même si l'artiste connaissait
la langue française et comprenait donc les clauses du
texte signée par elle, aucune instance policière ou
judiciaire serait habilitée à la protéger et à faire
respecter ces clauses. Une jeune femme qui oserait se
plaindre devrait manu militari regagner son pays natal
!
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Artistes
mineures aux passeports truqués ?
De
nombreuses artistes est-européennes qui "viennent bosser"
à Luxembourg sont détentrices de deux passeports (établis
à des noms différents, suite à un mariage blanc en Russie
ou Ukraine) en cours de validité. Est-ce que les autorités
compétentes omettent d'exiger la présentation du passeport
intérieur russe ou ukrainien lors de l'introduction
d'une demande de visa d'artistes? Mais il y a sans doute
pire: même des fonctionnaires de nos consulats soupçonnent
certaines des "artistes en herbe" qui se présentent
à nos représentations diplomatiques - accompagnées de
leur impresarii-protecteurs, Rolex au poing et chaînette
en or massif autour du cou - d'être encore mineures
et d'être néanmoins obligées de venir à Luxembourg "en
tant qu'artistes horizontales".
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Nous
savons de sources bien informées que certains de nos
ambassadeurs ont reçu ou reçoivent de sérieuses menaces
de mort de la part des mafias locales, sans doute parce
qu'ils défendent l'accès de leurs bureaux consulaires
aux pourvoyeurs de jeunes femmes. Les différente courriers
adressés aux ministres concernés restent la plupart
du temps sans réponse et contribuent à l'amertume grandissante
de nos représentants à l'étranger.
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Pourquoi
les experts en la matière (Police des Etrangers et Service
Visas du Bureau des Passeports) n'exigent-ils pas une
photocopie légalisée des passeports valables à l'intérieur
des républiques de l'ex-URSS et dans les cas d'artistes
visiblement trop jeunes font vérifier l'identité des
requérantes par l'0VIR, les services des passeports
de ces anciennes républiques satellites. Sont-ils trop
aveugles pour vouloir contribuer à l'arrêt de la traite
des femmes est-européennes ou y auraient-il d'autres
raisons qui empêcheraient certains fonctionnaires à
endiguer cet ignoble commerce? Un jour, tôt au tard,
l'abcès crèvera.
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Lors
d'une réunion en date du 6 mars 2002, les député(e)s
F. Nicklaus, A. Bodry, M. Schank, J.Colombera, R. Garcia,
S. Seissel, L. Err et R. Wagener ont signé un texte
de projet de motion à ce sujet, voté et accepté à l'unanimité
en séance publique. Au fait, qu'à fait 1e Gouvernement
de ladite motion ?
L'investigateur
06.03.2003
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