SUISSE
: Selon le Service de coordination contre la traite d'êtres
humains et le trafic de migrants (SCOTT), entre 1 500
et 3 000 personnes sont victimes de la traite d'êtres humains
chaque année en Suisse pour la plupart des femmes livrées
aux réseaux de prostitution. En comparaison, entre 700
000 et 2 millions de personnes sont victimes de la traite
des êtres humains chaque année dans le monde pour un "bénéfice"
financier total de près de 10 milliards de dollars. Les
pays d'origine sont principalement l'Ukraine, la Slovaquie,
la Roumanie et la Russie.
Créé
début janvier et rattaché à l'Office fédéral de la police,
cet organisme est selon la conseillère fédérale Ruth Metzler,
"un pas important dans la lutte contre l'esclavage moderne,
l'une des plus indignes infractions de ce monde." Selon
un responsable du SCOTT, Stephan Libiszewski, "la lutte
contre la traite d'êtres humains sera notamment améliorée
par un renforcement de la répression. Notre but est de
mieux protéger les victimes et de punir les criminels".
La disposition du Code pénal réprimant ce type de trafic
devrait être élargie : elle ne concernera plus seulement
les exploitations sexuelles, mais aussi l'exploitation
de la force de travail et le trafic d'organes.
En
Suisse, la peine pour traite d'humains peut aller jusqu'à
20 ans de réclusion. Sur proposition du SCOTT, la nouvelle
loi sur les étrangers prévoit d'augmenter à cinq ans de
réclusion la sanction prévue pour les cas de trafic professionnel
de migrants. Jusqu'à présent, ce trafic n'était pas considéré
comme un crime et n'était passible que de trois ans de prison
maximum. .
Fil-info-France,
13.11.2003