Images
pédophiles, exhibition, attouchements à H.
et enfin agression sexuelle à S.. Le «
chasseur » s'enhardissait. Cet homme a été
condamné, hier à C., à sept ans de
prison ferme.
« Un véritable prédateur », dénonce
Me Meunier, avocate de l'une des petites victimes. «
Un chasseur qui s'est enhardi progressivement », pense
Laurent Guy, vice-procureur. L'homme âgé de 46
ans devait répondre, hier devant le tribunal correctionnel
de C., d'exhibition et agressions sexuelles, ainsi que
de détention d'images de mineurs à caractère
pornographique.
« Bien inséré dans la société
et parfaitement indétectable », souligne le parquet,
cet homme a d'abord téléchargé
des images pédophiles sur Internet. « Des photos
particulièrement répugnantes », note la
présidente Dominique Lehn. Les fichiers, « cryptés
par des mots de passe extrêmement complexes »,
contenaient aussi des photos prises à l'insu de personnes.
« Vous êtes aussi voyeur », poursuit la
présidente.
« Je vivais dans le fantasme »
« Irrésistiblement entraîné par
sa fascination », concède Me Salichon, son conseil,
le mis en cause va plus loin. Le parquet parle d'« une
escalade inquiétante ». Ce père de deux
enfants suit les petites filles à la sortie des écoles.
Chez lui, les enquêteurs ont retrouvé des plans
manuscrits des endroits où il les accostait en se faisant
passer pour « le nouveau docteur ». Des plans
annotés d'« appréciations » : «
ronde », « petits seins » et même
« miam ».
« C'est un moment déplorable de mon existence,
où je vivais dans le fantasme », dit-il. Dans
les toilettes du centre socioculturel de H., le 6 mai
2002, il touche le torse et le bas-ventre d'une fillette de
six ans. Le 19 décembre 2002, à S.
il exhibe son sexe à la vue d'une autre.
A S. toujours, le 22 juillet 2003, il jette son
dévolu sur une petite de neuf ans. « C'est la
première fois qu'on l'avait autorisée à
se promener seule », se désole la maman. «
L'agression a duré quelques minutes, mais cet homme
a traumatisé une vie entière », dit Me
Monheit, partie civile.
« Le kit du parfait kidnappeur »
Le rendez-vous qu'il fixe à sa victime le samedi suivant
le perdra. Dans le coffre de sa voiture, un sac contient bonbons,
string, porte-jarretelles, gants latex, gel, préservatifs,
mais aussi éther, chiffon, calmants, ruban adhésif
et cordes.
« Le kit du parfait kidnappeur », dit Mme Lehn.
« C'était par fétichisme. Je n'étais
mû par aucune mauvaise pensée », assure
le prévenu, « affabulateur et manipulateur »
d'après le psychologue. Pour l'un des psychiatres,
« la perversité clinique est constituée
». Son confrère parle de déni de responsabilité.
Aux enquêteurs, le pédophile s'était dit
« indigné » par l'attitude de sa dernière
victime. Il certifie avoir changé en détention,
reconnaît sa responsabilité et demande «
pardon » aux familles.
Le vice-procureur requiert six ans de prison. L'homme
a été condamné à sept ans ferme
et maintenu en détention. Déchu de ses droits
civiques, civils et de famille, il devra verser un total de
14 800 € de dommages et intérêts. En prison,
l'homme a écrit à une association de protection
de l'enfance. Son suivi socio-judiciaire lui interdira d'entrer
en relation avec des mineurs.
Régis Schneider, LES DERNIERES
NOUVELLES D'ALASACE (4 septembre 2004)
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