Dernière mise à jour :
10/09/2004

La justice fribourgeoise reconnaît (enfin!) l'existence de réseaux pédocriminels, par la voie de sa juge d'instruction Yvonne Gendre

Lors d'une interview sur Swissinfo-Journal du matin du 02.03.204, Madame la juge d'instruction Yvonne Gendre était interrogée sur le degré de protection des enfants en Suisse.

" L'affaire Dutroux a permis une prise de conscience et a accéléré la lutte contre la pédophilie. Huit ans après le drame, quel est le bilan? La pédophilie est un marché aux proportions colossales. La Suisse se donne-t-elle vraiment les moyens de protéger les enfants et de débusquer les criminels ?
Yvonne Gendre, juge d'instruction à Fribourg, répond à nos auditeurs en direct (Radiopublic, Journal du matin)."

Madame la juge y a relevé que la problématique des abus sexuels est un problème majeur de notre société actuelle et que l'on ressent effectivement un "avant et un après Dutroux", mais que le droit pénal s'est adapté, notamment en ce qui concerne le droits des victimes:

  • Amélioration de leurs droits (Commission Lavi)
  • Parole des enfants prise en compte dans les tribunaux ( insuffisamment encore, de l'avis de FREDI, au vu des nombreux témoignages qu'ellle reçoit)
  • Equipement et formation des policiers etmagistrats à l'interrogation des victimes
  • Prescription des crimes prolongés de 15 ans et possibilité de déposer plainte jusqu'à l'âge de 25 ans.

Elle reconnaît ensuite l'existence de réseaux, en faisant allusion aux nombreux sites de pédophiles sur le Web, mais veut rassurer la population en citant les mesures prises pour

  • Lutter contre le tourisme sexuel
  • Traquer les réseaux pédophiles du Web grâce à a réouverture d'une cellule de monitoring du Net, à Berne (Rappelons tout de même qu'il n'y a que 9 personnes pour surveiller le Net et que la criminalité économique prend une très large part du temps de travail de ces fonctionnaires. On ne voit pas de réels changements quant à la véritable traque des sites pédophiles, les grandes actions mises en avant par les médias ayant été déclencgées par le FBI américain!)
  • Prise de dispositions pour pouvoir punir en Suisse des ressortissants suisses qui auraient sévi à l'étranger.

Ele reconnaît enfin l'existence du crime organisé.

Dans cette interview, il n'a pas été fait allusion à une quelconque éducation de la population face à ces nouveaux dangers, ni de mesures de prévention à l'adresse des futures victimes.