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Dernière
mise à jour : 08/10/2004 |
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Ce
que la France propose:Le
fichier de Perben
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| Les
ratés de la loi Perben II
" L'entrée
en vigueur de la loi Perben II connaît quelques
ratés, avec la remise en liberté de détenus
dangereux.
La manie des réformes provoque parfois des ratés
judiciaires désastreux. Avec à la clé
la remise en liberté de détenus qui auraient
dû rester derrière les barreaux en attendant
d'être jugés.
Jusqu'à l'entrée en vigueur, le 1er octobre,
de la loi Perben II, les juges étaient tenus,
à la fin de leur instruction, de notifier le
maintien en détention d'un accusé. Afin
de simplifier la procédure, cette disposition
a été supprimée. C'est désormais
le mandat de dépôt prononcé lors
de l'arrestation d'une personne qui permet de prolonger
son incarcération. Or, dans deux tribunaux, l'application
prématurée de ce texte a entraîné
la sortie de plusieurs détenus. A Châlons-en-Champagne,
ce sont cinq personnes - trois violeurs et deux braqueurs
présumés - qui ont été relâchés
avant l'heure.
A Bordeaux, la libération d'un détenu
a pris l'allure d'une affaire d'Etat. En raison du profil
du délinquant relâché, Raoul Becquerel,
30 ans, multirécidiviste, poursuivi pour viol
avec violence, et de la personnalité du procureur
général.
Le 26 avril 2004, la juge Françoise Gambachidzé
renvoie Becquerel devant les assises sans demander qu'il
soit maintenu en détention. Le dossier est transmis
au parquet pour être bouclé. Dans son réquisitoire
du 10 juin, le substitut général, Christine
Chastenet, estime que « le mandat de dépôt
criminel décerné le 19 mars 2003 contre
Raoul Becquerel conserve ses effets jusqu'à son
jugement devant la cour d'assises de la Gironde ».
Cinq jours plus tard, la chambre de l'instruction, présidée
par Christian Pers, conteste l'analyse du parquet général.
Constatant que la juge d'instruction « ne s'est
pas prononcée sur la détention provisoire
» et « qu'il n'a pas été interjeté
appel par le parquet ni par le parquet général
», qui aurait permis de réparer l'omission
de la juge, les trois magistrats de la cour remettent
l'accusé en liberté. Ce dernier est toutefois
soumis à un contrôle judiciaire, mais,
le jour du procès, Becquerel fait faux bond.
Arrêté depuis lors, il aurait dans l'intervalle
récidivé.
Au ministère de la Justice, l'affaire est suivie
d'autant plus près qu'elle concerne un accusé
au casier judiciaire chargé et que le procureur
général de Bordeaux n'est autre que Marc
Moinard, que Dominique Perben a choisi pour occuper
le poste, nouvellement créé, de secrétaire
général. Ce haut magistrat de 62 ans connaît
la maison pour y avoir exercé ses talents de
façon controversée à la Direction
des affaires criminelles et des grâces et pour
y avoir ses entrées depuis l'arrivée de
Perben.
Avant de saisir le Conseil supérieur de la magistrature
en vue d'éventuelles poursuites disciplinaires,
le ministre a demandé le 1er octobre au premier
président de la cour d'appel de Bordeaux, Christian
Riss, un rapport. Dans sa requête écrite,
il n'a en revanche pas cherché à élucider
la responsabilité du parquet dans cette méprise.
Lequel n'a fait qu'appliquer par anticipation - ou par
excès de zèle - une disposition de la
loi Perben II qui vise, à l'avenir, à
éviter ce genre d'erreur."
Un article de Denis Demonpion,LE POINT
(8 octobre 2004)
La
délinquance sexuelle dans le collimateurSep
27, 2003
Un
article du "Parisien"
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| Pédophiles
en série arrêtés des années après les faits, violeurs
rechutant à leur sortie de prison... Les scandales de
ce type se multiplient. Pour lutter contre la récidive,
le ministre de la Justice va instaurer un fichier et
un strict suivi judiciaire.
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| «
Il y a forcément des criminels sexuels qui se promènent
actuellement dans la nature et peuvent récidiver. »
Procureur général à Reims, Yves Charpenel sait de quoi
il parle : le 7 septembre dernier, Jean-Luc Blanche,
45 ans, était arrêté par les policiers dans la région
et avouait, dans la foulée, avoir commis quatre crimes
à caractère sexuel depuis sa libération, en 2002
. |
| Après
douze ans passés derrière les barreaux, l'homme était
ressorti de prison sans le moindre contrôle judiciaire.
Sans la plainte de son ex-compagne, qui a permis aux
enquêteurs de s'intéresser de nouveau à lui, sans doute
serait-il toujours en liberté. « Bouleversé », Dominique
Perben a décidé de mettre en place, en coordination
avec le ministère de l'Intérieur, un arsenal plus répressif
à l'égard des délinquants sexuels.
|
| Le
ministre de la Justice nous livre en exclusivité le
détail de ce dispositif . Cela fait plus d'une dizaine
d'années que les ministres successifs tentent, chacun
à leur manière, de s'atteler à ce vaste chantier. Après
la « perpétuité réelle pour les violeurs d'enfants »,
annoncée par Pierre Méhaignerie en 1993, Jacques Toubon
préconise, en 1995, le « suivi médico-social » pour
les délinquants sexuels. En juin 1998, finalement, Élisabeth
Guigou instaure le « suivi sociojudiciaire » qui permet
de suivre les délinquants sexuels, à leur sortie de
prison, sur une période de dix à vingt ans.
|
Un
registre recensera l'adresse et l'activité des personnes
condamnées
|
| Efficaces
ces mesures ? « Il est trop tôt pour se prononcer »,
estime le docteur Claude Balier, qui a participé à l'élaboration
de la loi de 1998 et préside l'Association de recherche
et de traitement des auteurs d'agressions sexuelles
(Artaas), créée en 1993. « Il faudrait trente ans de
recul pour être sûr de pouvoir dire, de quelqu'un, s'il
est guéri ou non, estime-t-il. Certains sujets doivent,
peut-être, être suivis à vie. »
|
| Dominique
Perben et Nicolas Sarkozy n'ont pas souhaité attendre.
En 2002, les délits ou crimes à caractère sexuel représentaient
près d'un quart des condamnations prononcées par les
tribunaux français ! Les arrestations, trop tardives,
de suspects récidivistes, ont ému l'opinion et relancé
le débat sur le suivi de ces personnalités à risques.
Dans la foulée de l'affaire Blanche, les deux ministres
ont donc annoncé la création prochaine d'un fichier
de délinquants sexuels.
|
| Y
seront recensées l'adresse et l'activité des personnes
condamnées pour un crime ou un délit sexuel. Accessible,
en temps réel, par les magistrats, les policiers et
les gendarmes au cours d'enquêtes judiciaires, ce registre
pourra aussi être consulté « par l'intermédiaire de
l'autorité administrative, à l'occasion d'embauches
dans des structures en relation avec l'enfance ou l'adolescence
».
|
Des
magistrats sceptiques sur le nouveau dispositif
|
| Chez
les professionnels chargés de soigner les délinquants
sexuels, le projet semble bien accueilli. « Un suivi
strict n'est pas contradictoire avec une approche thérapeutique
», assure Claude Balier. En revanche, certains magistrats
se montrent sceptiques.
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| S'appuyant
sur le faible taux de récidive constaté en matière de
viol et d'agressions sexuelles sur adultes (2 %), la
présidente du Syndicat de la magistrature s'interroge
: « On dispose déjà de nombreux fichiers ainsi que du
casier judiciaire. En quoi la création de ce dispositif
empêchera-t-elle les multirécidivistes d'agir ? » Pour
Evelyne Sire-Marin, « avant de créer de nouveaux outils,
mieux vaudrait améliorer l'emploi de ceux qui existent
déjà ». |
| Élisabeth
Fleury Le Parisien , mardi 23 septembre 2003 |
"Un
fichier permettra de localiser les criminels" interview
de Dominique Perben , ministre de la Justice.
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| La
criminalité sexuelle est-elle devenue, à votre avis,
un véritable phénomène de société ?
Incontestablement,
nous vivons dans une société où le contrôle social est
moins évident qu'il y a dix ans. Du coup certains individus
profitent de l'anonymat pour commettre des crimes et
des délits sexuels. D'un autre côté, on a davantage
connaissance des infractions sexuelles aujourd'hui,
car certains tabous, notamment les violences intrafamiliales,
ont été levés. Résultat: la criminalité sexuelle a enregistré,
ces vingt dernières années, une hausse très importante.
En 2002, 24% des personnes condamnées et incarcérées
l'ont été à la suite de viols et/ou d'agressions sexuelles.
Elles représentent donc un quart des condamnations,
contre 9% en 1980!
|
Que
comptez-vous faire pour endiguer ce phénomène ?
|
| Il
faut, d'une part, améliorer le suivi médico-psychiatrique
de ces individus et, d'autre part, mettre en place un
système permettant de savoir où ils sont afin d'aider
les enquêteurs à faire leur travail. En matière de suivi
médical, de grands efforts restent à faire: on manque
cruellement de médecins et les capacités de suivi, dans
le cadre du suivi socio-judiciaire, sont encore trop
faibles. De ce point de vue, nous devons absolument
améliorer notre collaboration avec le ministère de la
Santé. Pour pouvoir améliorer la protection de la société
contre ces délinquants, nous avons décidé d'œuvrer dans
deux directions, en coordination avec le ministère de
l'Intérieur. D'une part, en accélérant l'alimentation
du fichier national des empreintes génétiques (FNAEG),
notamment par le biais de prélèvements ADN effectués,
en prison, sur des personnes condamnées. D'autre part,
en mettant en place un fichier des délinquants sexuels
qui sera notamment alimenté et remis à jour à partir
des données figurant au casier judiciaire. Ce nouvel
outil, qui permettra notamment de localiser les grands
criminels, vise à assurer leur traçabilité au sein de
la population
|
En
matière de délinquance sexuelle, la récidive est de
12% en moyenne ( 2% pour les violeurs et agresseurs
d'adultes, 30% pour les pédophiles). Vos propositions
ne risquent-elles pas de stigmatiser durablement des
délinquants qui, dans leur majorité, restent tranquilles
une fois leur peine purgée ?
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| Je
ne le pense pas, car la stigmatisation n'est pas dans
la culture française. Par ailleurs, je dois vous dire
que les statistiques, en matière de récidive, ne me
paraissent pas tout à fait fiables, car elles se réfèrent
aux infractions constatées et non pas à celles qui sont
réellement commises. En revanche, je crois à l'effet
dissuasif de ce fichier et je suis persuadé qu'il facilitera
le travail des services d'enquête. L'autorité administrative,
elle aussi, pourra y accéder notamment pour s'assurer
que des pédophiles ne soient pas en contact avec des
enfants. Cela dit, il faut être vigilant: comme c'est
déjà le cas avec le casier judiciaire, l'inscription
à ce fichier et sa consultation seront soumis au contrôle
du juge. Et seuls les crimes et délits les plus lourds
y seront répertoriés.
|
La
prolifération des fichiers de toutes sortes ne risque-t-elle
pas d'annuler leur efficacité ?
|
| Cet
outil-là n'existe pas. Ni le FNAEG, ni le suivi socio-judiciaire
ne permettent, aujourd'hui, de localiser géographiquement
les délinquants sexuels. Ce fichier est un élément de
contrôle social supplémentaire, qui vise à limiter les
risques de récidive. Pour qu'il soit efficace, il faut
qu'il soit gérable. Sa mise en place devra s'accompagner
d'une évaluation soigneuse. Il ne faut pas se leurrer:
le risque zéro n'existe pas. Il y aura toujours des
trous dans le filet. Mais plus on prendra d'initiatives
allant dans ce sens, mieux la société se portera.
(Propos
recueillis par Élisabeth Fleury, Le Parisien , mardi
23 septembre 2003)
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À
l'étranger : dénonciation, castration ou thérapie
|
| États-Unis:
Depuis 1996, les lois dites de Megan assignent aux polices
des 50 États l'obligation d'«enregistrement» et de «notification
publique» de la présence des ex-délinquants sexuels.
Une banque de données automatisée listant les condamnés
depuis 1970 est tenue à la disposition du public. Cette
politique tourne souvent à la chasse aux sorcières:
exemples en Alabama, où ce genre de liste est affiché
dans le hall des mairies et des commissariats; en Louisiane,
où l'ex-délinquant sexuel doit avertir lui-même son
voisinage sous peine d'un an de prison et de 1000 dollars
d'amende; et surtout en Californie, où ces signalements
sont disponibles via un numéro vert ou des cédéroms.
Cet État est aussi le 1er a avoir autorisé, en 1996,
la castration chimique obligatoire des récidivistes
(injection d'un médicament destiné à anéantir leur désir
sexuel).
Grande-Bretagne:
Un programme de surveillance électronique par satellite
des délinquants sexuels va être mis en place. 500 condamnés
pour pédophilie, qui ont déjà purgé leur peine, se sont
portés volontaires. Les récidivistes encourent la prison
à vie.
Canada:
La thérapie et le suivi de long terme (dix ans) des
délinquants sexuels sont favorisés. Les méthodes d'un
institut québécois, l'institut Pinel de Montréal, qui
soumet des condamnés à un traitement draconien d'un
an type «cures de dégoût», auraient prouvé des résultats
probants sur les taux de récidives.
Allemagne:
Une loi du 15 août 1969 autorise la castration chimique
volontaire des délinquants sexuels de plus de vingt-cinq
ans. Le traitement peut être initié après expertise
par un médecin.
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Les
médecins partagés sur l'efficacité des soins
|
| «Il
faut être réaliste: face à certains prédateurs sexuels,
la médecine est impuissante». Gérard Dubret est chef
du service psychiatrique à l'hôpital de Pontoise (Val
d'Oise). Tous les jeudis, dans le cadre d'une consultation
spécialisée, il reçoit des patients particuliers. Pères
de famille «ambigus» ou incestueux, violeurs, exhibitionnistes,
pédophiles.. |
Tous
sont des délinquants sexuels. Tous viennent, spontanément
ou sur injonction thérapeutique, pour tenter de se soigner.
«Ils représentent l'immense majorité des délinquants
sexuels, ceux pour lesquels une thérapie est possible»,
explique le praticien. Mais pour les grands prédateurs
comme Guy Georges ou Patrice Alègre? «Pour eux, la seule
réponse est la sanction pénale», assène le médecin.
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Victimes
de «traumatismes irreprésentables» dans leur enfance,
ceux-là portent en eux «un clivage radical» et «agissent
sans aucun affect», explique le psychanalyste Claude
Balier, président de l'Association de recherche et de
traitement des auteurs d'agressions sexuelles (ARTAAS).
Des «pervers redoutables» qui, bien que très dangereux,
n'ont rien à faire en prison. «Envoyer des psychotiques
en prison, c'est catastrophique. On ne pourra jamais
les y traiter correctement ».
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Face
à ceux-là, que faire? Vice-président de La Voix de l'enfant
et médecin-psychiatre renommé, Bernard Cordier rappelle
l'existence du «suivi socio-judiciaire» (SSJ). Mis en
place par la Chancellerie en juin 1998, ce dispositif
permet d'offrir une réduction de peine à un agresseur
s'il accepte, en échange, de se faire soigner durablement.
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| Contraignante,
la mesure dure dix ans en cas de délit et peut atteindre
jusqu'à vingt ans en cas de crime. Si la règle n'est
pas respectée, la mesure est révoquée et l'intéressé
retourne en prison. «Un soin n'est pas une sanction,
mais une sanction peut avoir une vertu thérapeutique»,
résume Bernard Cordier qui voit dans le SSJ une avancée
considérable, mais limitée: en effet, seuls sont concernés
les crimes et délits commis à partir de 1998. |
Pour
un fichier, sous réserve que son accès soit "strictement
contrôlé"
|
«On
a fait d'énormes progrès, mais il faut rester humble»,
souligne le praticien. En matière de délinquance sexuelle,
le mot «guérison» n'a aucun sens, explique-t-il. «C'est
un peu comme pour les cigarettes ou l'alcool. Quel ancien
fumeur peut dire qu'il ne replongera jamais?». Aux patients
qui le lui réclament, Bernard Cordier n'hésite pas à
prescrire des «coupe-faim sexuels» sous forme de cachets
à prendre régulièrement.
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| En
revanche, il s'oppose catégoriquement à la castration
chirurgicale, que certains de ses patients lui réclament
parfois. «En Allemagne, où elle est pratiquée, le taux
de récidive est important, explique-t-il. Un violeur n'a
pas besoin de son pénis. Il peut utiliser n'importe quel
objet pour pénétrer quelqu'un de force». La création d'un
fichier permettant de localiser les délinquants sexuels?
Tous les praticiens interrogés s'y disent favorables.
À une nuance près: «l'accès à ce fichier doit être strictement
contrôlé, explique Gérard Dubret. Il ne faut pas créer
d'ostracisme à l'égard des délinquants sexuels, car c'est
au moment où ils se sentent rejetés qu'ils passent à l'acte,
le plus souvent». E.F. |
«
Je suis pédophile, on ne peut pas changer ça »
|
Jusqu’à
présent, les chercheurs canadiens du Groupe de recherche
sur les agressions sexuelles (Gras) orientaient surtout
leurs travaux sur les liens entre le passage à l'acte
de l'agresseur sexuel et les troubles de sa personnalité,
nés de sa petite enfance. Cette doctrine, mondialement
reconnue, est mise à mal dans ce pays, particulièrement
en pointe en matière de lutte contre la délinquance
sexuelle : un pédophile récidiviste a relancé une polémique
en affirmant, pour l'avoir subie lui-même, que la castration
chirurgicale est la seule porte de sortie pour les pédocriminels.
|
Les
thérapies psychanalytiques et le suivi social après
la sortie de prison n'auraient, selon lui, aucune efficacité.
« Je suis pédophile. On ne peut pas changer ça. Ce n'est
pas avec une thérapie ou quelque chose comme ça que
tu peux changer une orientation sexuelle. Ça ne change
pas », a déclaré Jacques Corneau, sur les antennes de
Radio Canada. Pendant vingt ans, ce pédophile a sévi
dans le petit village de Saint-Charles-de-Bourget, au
Québec, y faisant vingt-trois petites victimes, des
enfants âgés de 2 à 11 ans. Condamné une première fois
et soumis aux thérapies classiques, Jacques Corneau,
toujours habité par ses démons, est à nouveau arrêté
pour d'autres viols d'enfants, en 1999. Au début de
son deuxième procès (qui lui vaudra sept ans de prison
supplémentaires), le récidiviste prend une décision
radicale qu'il communique à son avocat, Charles Cantin
: se faire enlever les testicules. « C'est lui-même,
témoigne son défenseur, qui a décidé de son propre chef
de subir une castration. »
|
| Le
8 mars 2000, Jacques Corneau tient sa promesse. Un chirurgien
procède à l'ablation de ses organes. Depuis lors, Corneau
prétend que ses pulsions pédophiles l'ont totalement abandonné.
Il a demandé à la Cour suprême, qui doit statuer en octobre
prochain, de le dispenser des mesures de suivi psychiatrique
et social qui lui seront imposées au terme de sa peine,
en 2006. Son avocat compte bien convaincre les magistrats
que la castration subie par son client serait le remède
miracle pour les pédophiles, une assurance anti-récidive.
Son conseil scientifique, le psychiatre Pierre Mailloux
n'en doute pas : « C'est le traitement le plus efficace
au monde », avance ce médecin, pour lequel l'ablation
des testicules diminue radicalement l'appétit sexuel,
même « si un pédophile sera toujours un pédophile ». |
| |
| Le
ministère public s'opposera farouchement à la requête
de Jacques Corneau. Pour le procureur, la castration
est une mutilation. Et rien ne prouve que le risque
de récidive est effectivement anéanti. Un avis que rejoint
le professeur Louis Morisette, interrogé par Radio Canada
: « Entre 20 % et 50 % des hommes castrés vont retrouver,
même des années après l'opération, une vie sexuelle
active. » Pour lui, Corneau sera toujours dangereux
car la pédophilie est une déviance mentale. Aux États-Unis,
des États comme la Floride et le Texas préconisent la
castration chirurgicale des délinquants sexuels. Par
ailleurs, 17 États ont adopté, depuis 1997, une loi
accordant des remises de peine et un suivi moins strict
aux condamnés qui acceptent de se soumettre, à leur
sortie de prison, à une castration chimique. Une parade
aléatoire puisque basée sur la prise de médicaments
inhibiteurs et donc complètement réversibles.
Paul
Bertrand
Lu
dans l'Investigateur
du 27.09.2003 |
|
Les
réflexions de FREDI |
|
Dans
cet article fort bien fait et qui tente de faire le
tour de la question,
- on
oublie les 20% de femmes pédocriminelles. On
maintient donc le mythe du "vilain Monsieur".
|
- la
castration chimique, si elle diminue passagèrement
la libido mâle, celle-ci sera progressivement
remplacée par la libido femelle, puisque seules
les hormones femelles du corps mâle seront encore
active: Qu'en fait-on ?
|
- S'il
est très justement relevé qu'un homme
n'a pas besoin de son pénis pour violer, -
les femmes violeuses en savent quelque chose !-on
ne réduira nullement les pulsions d'humiliation
des victimes, qu'elles soient enfants ou adultes.
On a donc analysé la question avec un seul
oculaire de la jumelle!
|
- Comme
dans tout accomplissement de délit ou de crime,
on ne peut généraliser les chances d'amendement
de l'auteur, comme on ne peut généraliser
l'intention de l'auteur du délit ou du crime:
Une proportion des délictueux s'attaquent aux
enfants ou aux femmes parce que ceux-ci leur paraissent,
de par leur immaturité psychique, plus faciles
à aborder ou à vaincre, et peuvent devenir
criminels par lâcheté, par crainte d'une
dénonciation de leur(s) victime(s).Rien de
tel avec ceux qui violent, torturent ou tuent, même
des nourrissons, par plaisir, par pure jouissance
ou pour l'attrait de l'argent: Ceux-là sont
les plus dangereux et probablement incurables, parce
que toute dimension humaine leur manque, probablement
depuis leur plus tendre enfance (puisqu'on aime bien
relier les comportements d'aujourd'hui aux traumatismes
subis durant l'enfance !) Ceux-là sont à
enfermer à perpétuité, car ils
sont non seulement dangereux, mais nuisibles. Ils
commettent leurs méfaits avec préméditation,
pas sous une pulsion incontrôlable.
- Il
faudrait également, une bonne fois, distinguer
le pédophile du pédocriminel, c'est-à-dire
celui qui se sent davantage attiré par la compagnie,
la tendresse, voire la sexualité avec les enfants
- peut-être curable- de celui qui s'attaque
systématiquement aux enfants pour les violer,
les torturer ou les mettre à mort pour sa propre
jouissance face à la douleur de sa victime
ou pour se faire de l'argent en vendant ses victimes
à des réseaux mafieux que nos gouvernements
ont tant de peine à démanteler.
|
- A
l'heure où la criminalité se joue des
frontières, pourquoi n'envisage-t-on pas des
mesures à l'échelle européenne,
pour "globaliser" la chasse aux criminels
sexuels ? Les criminels enmèneront leurs victimes
dans des pays plus laxistes.
|
- La
castration, qu'elle soit chimique ou chirurgicale
ne calmera donc qu'une infime partie des criminels
sexuels.Soulever que la castration chirurgicale est
une mutilation que l'on ne peut accepter est une insulte
faite aux victimes, auxquelles on n'a pas hésité
à mutiler le corps et l'âme, ainsi que
ceux de leur famille tout entière !
|
- Les
criminels qui volent des enfants par appât d'une
jouissance maladive et odieuse et de l'argent n'accepteront
jamais de se faire soigner...Encore faut-il les attrapper
et les confondre, ce qui semble être encore
une utopie à l'heure actuelle...
Trop
d'enfants disparus, en Suisse, en Allemagne, en Italie,
en France, en Belgique, pour ne citer que les pays dont
on obtient le plus facilement des informations, ne sont
jamais retrouvés comme ne sont jamais retrouvées
les traces de leur kidnappeur: Ce n'est pas le "fichier
Perben" qui résoudra cette inadmissible
impuissance !
Ce
n'est hélas pas non plus le fichier Perben qui
arrêtera tous les trafiquants d'enfants dont,
curieusement, on connaît les voies de transit
Sud-Nord et Est-Ouest, mais qu'on ne parvient pas à
arrêter... |
|
La
vice-présidente de la Fondation FREDI |
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