Voici
un message publié par l'Association Morkhoven, en Belgique.
Son analyse rejoint celle de plusieurs autres organismes qui
s'occupent de la disparition et des maltraitances d'enfants.
"Le président
de l'association, Marcel Vervloesem, a fait l'objet de perquisitions,
de plaintes, y compris pour pédophilie. Lui hausse
les épaules. " Seuls les résultats comptent
", dit-il.
L'ASSOCIATION MORKHOVEN
PARLE D'" INERTIE CRIMINELLE "
L'Humanité 24 Février 2000
Morkhoven. Le nom
d'une bourgade près d'Anvers, en Belgique. Le nom d'une
association qui défraie la chronique. Les Morkhoven
traquent les réseaux internationaux de pédophilie
avec des méthodes peu orthodoxes. Ils ont dénoncé
le réseau Zandvoort après s'être appropriés
le cédérom du
pédophile
néerlandais Gerrit Ulrich, dans des conditions controversées.
Après une perquisition de la police qui, dit-on, n'avait
rien trouvé. C'est peu dire que les Morkhoven dérangent
les institutions belges bousculées par les contrecoups
de l'affaire Dutroux. Le président de l'association,
Marcel Vervloesem, a fait l'objet de perquisitions, de plaintes,
y compris pour pédophilie. Lui hausse les épaules.
" Seuls les résultats comptent ", dit-il.
Le fait est que l'Italie, le Portugal et la Hollande ont donné
des suites judiciaires aux révélations de cette
association, à l'origine du démantèlement
du réseau Temse en Belgique aux nombreuses ramifications
internationales. Rencontre à Gand avec plusieurs responsables
de l'association.
- Comment définissez-vous
l'association Morkhoven ?
- Nous sommes un
groupe de chercheurs privés. Nous intervenons comme
défenseurs des enfants abusés et maltraités.
Nous avons débuté en 1989. Nous nous étions
intéressés aux mauvais traitements infligés
à des mineurs dans un hôpital psychiatrique,
à Anvers. Nous sommes tombés sur la piste d'une
organisation structurée. Certains jeunes dans cet institut
subissaient des abus sexuels et étaient photographiés.
Nous avons aussi constaté plusieurs disparitions d'enfants.
- Quelle a été
la réaction de la police belge ?
- L'homme le plus
impliqué dans ces disparitions n'a été
arrêté que neuf ans plus tard, en 1998.
- Comment expliquez-vous
ce laxisme ?
- Pas seulement
par la naïveté, l'incompétence ou la bêtise.
Cette inertie peut aussi traduire une volonté délibérée
d'effacer des affaires dans lesquelles sont impliquées
des gens haut placés.
- Vous arrivez
à travailler avec des policiers et des magistrats,
en Europe ?
- Oui, mais cela
dépend toujours d'initiatives individuelles. Ainsi
au Portugal, dans l'affaire du réseau Temse. Notre
président, Marcel Vervloesem a été invité
à témoigner au procès, à Funchal.
La justice portugaise a eu le courage d'instruire ce dossier,
bien qu'une personne proche de l'évêché
de Madère paraissait impliquée.
- Quelles sont
vos relations avec les autorités françaises
?
- Nous n'en avons
pas. Pourtant, la situation en France ne me paraît pas
moins grave que celle que nous connaissons en Belgique. Votre
pays sous-estime le problème, comme d'ailleurs la plupart
des nations de l'Union européenne. Soit elles ne sont
pas capables de voir, soit elles ne le veulent pas. ·
l'époque d'Internet, elles continuent à nier
l'existence de réseaux internationaux. L'affaire Dutroux
illustre bien notre propos. Il est désormais présenté
comme un pervers solitaire, alors que des dizaines de témoins
le décrivent comme un petit pourvoyeur, dans un système
mafieux fonctionnant dans une totale impunité. Par
contre notre président et plusieurs membres de notre
association sont harcelés par la police. C'est le monde
à l'envers.
- L'Humanité
s'est procuré une copie du cédérom de
Gerrit Ulrich et le répertoire photographique établi
à partir de ce CD par la police hollandaise. Comment
expliquez-vous que ces documents restent inexploités
en Europe ?
- En traquant
la pédophilie, nous mettons en cause des personnalités
au-dessus de tout soupçon. La loi du silence qui prévaut
actuellement, vise d'abord à les protéger. Il
faut la briser. Sauver ces enfants devrait être une
priorité qui s'impose à tous. Comment
les retrouver si la police ne publie pas ces photos ? La diffusion
d'une seule de ces images à la TV allemande a permis
de retrouver un abuseur et de saisir à son domicile
des milliers d'autres images pédophiles. L'enfant a
été reconnu par une puéricultrice qui
a informé la police. L'efficacité, pensons-nous,
passe par la publication de ces photos.
- En décembre
1999, Interpol s'est déclarée impuissante devant
la montée exponentielle de la pédophilie, notamment
sur Internet...
- Nous, association,
nous obtenons des résultats avec les faibles moyens
que nous avons et Interpol voudrait nous faire croire que
les polices ne peuvent faire face ? Comment y croire ? Actuellement
la lutte contre les réseaux repose essentiellement
sur l'action des associations. Est-ce acceptable ? De toute
l'Europe, des parents nous confient les photos de leurs enfants
disparus, afin que nous fiassions la comparaison avec les
portraits du cédérom de Gerrit Ulrich. Est-ce
normal ? Quand ce combat deviendra-t-il une priorité
permanente pour les justices et les polices nationales ?
S.G."
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