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L'hôpital
berlinois Charité va lancer le 1er octobre une
thérapie préventive contre les crimes sexuels
commis sur les enfants, une première mondiale qui vise
à dissuader les agresseurs potentiels de passer à
l'acte, a-t-il annoncé mercredi.
"Nous allons sur une nouvelle piste et nous nous tournons
vers les agresseurs potentiels" d'enfants, a expliqué
le professeur Klaus M. Beier, directeur de l'Institut de médecine
sexuelle à la Charité, cité dans un communiqué.
"Jusqu'à présent il n'y a jamais eu de
prévention thérapeutique qui mette l'accent
sur les agresseurs. Notre projet a un caractère pionnier",
a-t-il ajouté.
Le traitement, sans hospitalisation, dure trois ans et s'adresse
aux hommes qui ont des fantasmes sexuels sur des enfants et
craignent de passer à l'acte.
Au cours de séances individuelles et en groupe, de
jeux de rôle et d'exercices, ils doivent apprendre à
contrôler leurs pulsions en développant de l'empathie
vis-à-vis de leur victime potentielle. "C'est
comme un entraînement", a souligné M. Beier.
"Que veut vraiment l'enfant ? Est-ce-qu'il veut vraiment
avoir des relations sexuelles avec moi ? En aucun cas !",
sont quelques unes des questions qu'ils doivent apprendre
à se poser, a-t-il détaillé.
Jusqu'à présent les seuls traitements prévus
concernait les pédophiles condamnés pour crimes
sexuels.
Or "il ne peut y avoir de meilleure prévention
que d'empêcher les hommes qui ont conscience de leur
problème de passer à l'acte", a estimé
Jerome Braun, directeur de la Fondation "Hänsel
& Gretel" qui s'occupe des enfants victimes de crimes
sexuels.
Les responsables de cette thérapie ont promis à
leurs 180 futurs patients la gratuité des soins et
l'anonymat le plus strict.
Or, certains experts mettent en garde contre le devoir de
réserve des médecins au cas où l'une
des personnes soignées avoue un jour avoir déjà
abusé sexuellement d'un enfant.
"Quand un pédophile dit 'j'ai abusé d'un
enfant'", les médecins chargés de ce projet
devraient faire au moins en sorte que l'enfant soit soigné,
a indiqué Ursula Enders d'une association pour enfants
abusés de Cologne (ouest).
Une série de spots publicitaires devrait être
diffusée dans les lieux publics et à la télévision
afin de faire connaître cette thérapie, a-t-il
encore indiqué. "Tu n'es pas responsable de tes
fantasmes sexuels, mais tu es responsable de ton comportement
sexuel ! Il existe de l'aide ! Ne deviens pas un agresseur",
explique la campagne publicitaire.
Quelque 20.000 enfants sont victimes chaque année
de crimes sexuels en Allemagne, selon des statistiques policières.
AFP 02.06.2005
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