Dernière mise à jour : 10/05/2005

 


CHAMBARDEMENT Le nouveau découpage des zones frontières vise à créer des entités linguistiques homogènes et à favoriser une plus grande flexibilité lorsque la situation l'exige

Suisse: Douanes réorganisées


Grand chambardement aux frontières: dès 2007, les arrondissements douaniers seront redécoupés pour créer des entités linguistiques homogènes et favoriser la flexibilité. Parallèlement, les effectifs seront réduits.

Baptisé Innova, le projet modifiera entièrement le paysage des zones frontières du pays. Ce concept prévoit de créer huit arrondissements douaniers, alors qu'il n'en existe actuellement que quatre pour l'ensemble du territoire helvétique, dont un seul romand. Le Jura se détachera de Bâle pour former une seule entité avec Neuchâtel. Un corps sera constitué par les gardes-frontière du canton de Genève, alors que le Valais et Vaud composeront ensemble la troisième zone romande.

Les dix-sept secteurs actuels à la trappe
Un changement qui modifiera les structures de sécurité des 1881 km que compte la frontière suisse. D'autant plus que les dix-sept secteurs des arrondissements actuels passeront à la trappe, en même temps que certains postes.

La réorganisation se fera en profondeur, selon le capitaine Victor Hedinger, de Porrentruy, qui lève une partie du voile sur la nouvelle unité Neuchâtel-Jura, dont le commandement pourrait être attribué à l'Ajoie vu la proximité de la plate-forme douanière de la Transjurane: «Il ne sera maintenu que quatre postes où sera concentré le personnel, deux jurassiens (Boncourt et Porrentruy) et deux neuchâtelois (Le Locle-Col-des-Roches et Les Verrières). D'autres points de passage seront desservis, comme par exemple Fahy, Goumois, Biaufond, mais par des unités venues d'ailleurs. Les postes mobiles, très efficaces, seront renforcés.»

Conséquence directe du programme d'économies voté au Parlement: une diminution de 10% du contingent des gardes-frontière. Coup de gueule de Victor Hedinger: «Pour la Suisse entière, de 2000 nous passons à 1800 hommes. La population réclame davantage de sécurité et en même temps les politiciens diminuent nos effectifs. Où est la logique?»

© Le Matin Online,JEAN-PIERRE MOLLIET