Dernière mise à jour :
23.11.2005

Délinquance chez les jeunes

Note de FREDI:

Les spécialistes de la criminologie et des serial killers s'inquiètent: Non seulement le nombre de cas augmente, mais l'âge des auteurs baisse de façon significative...

Grand conseil · A l'ordre du jour, hier, un rapport du Conseil d'Etat sur la délinquance juvénile. Parmi les solutions, rétablir une vraie Brigade des mineurs, accélérer le suivi judiciaire des délits ou l'étude d'un centre éducatif fermé.stéphanie buchs

Six mesures pour mieux gérer la délinquance chez les jeunes
Au coeur de faits divers bouleversants, la délinquance juvénile fait couler beaucoup d'encre et n'économise pas la salive. Elle était à l'ordre du jour du Grand Conseil hier: les députés ont discuté, non sans montrer une certaine satisfaction, du rapport du Conseil d'Etat sur la question. Il fait suite à un postulat de Dominique Virdis Yerly (r, Marly). Résultat: six mesures concrètes sont enfin proposées pour un coût de 1,35 mio par an et 235 000 francs de dépenses uniques.
Le rapport propose tout d'abord le renforcement des forces de police dévolues à la problématique, en rétablissant, à la police de sûreté, une véritable Brigade des mineurs. Ainsi, il est prévu pour cette dernière «des agents spécialisés, choisis et formés pour travailler avec des adolescents et des enfants». La situation actuelle a en effet poussé le personnel à abandonner progressivement son activité préventive et sa présence sur le terrain.
En tant qu'animateur de rue et de jeunesse à Wünnewil-Flamatt, le député Albert Studer (ouv, Saint-Ours) a insisté sur la nécessité de combler cette lacune: «Si on veut vraiment faire de la prévention, on doit renforcer le travail auprès des jeunes sur le terrain. Et je n'ai vu nulle part dans ce rapport la prise en compte du travail de rue.» A noter toutefois que le rapport précise le rôle de cette Brigade des mineurs comme un «travail spécifique de surveillance et de contact direct avec les jeunes».
Autre mesure prévue: étudier la création d'un centre éducatif fermé. «Une institution fermée est importante pour les jeunes qui sont vraiment perdus. Et il faudra qu'elle soit bilingue», insiste Albert Studer. «Nous avons envisagé une structure fixe et fermée pour les cas que je n'ose pas qualifier de «désespérés», précise Claude Grandjean, conseiller d'Etat, directeur de la Sécurité et de la justice.
Le rapport n'oublie pas la prévention: sensibiliser élèves, parents et enseignants. «C'est très important de ne pas seulement renforcer l'appareil répressif», explique Albert Studer. Côté judiciaire, il suggère d'accélérer le suivi des délits. But recherché: si la punition est plus proche du délit, elle prend plus de sens.
La mise en place d'un organe de médiation pénale et le développement de la communication et la collaboration interservices et interdisciplinaire sont les deux dernières mesures prévues.
à l'horizon 2005-06
Tous les groupes ont relevé la nécessité de telles mesures. Le Parti socialiste a toutefois émis un doute concernant les moyens disponibles pour la mise en pratique de ces mesures. «Nous sommes conscients qu'il y a un problème, mais nous devons absolument avoir les moyens pour mettre en place des solutions valables», ajoute Claude Grandjean. Ce dernier prévoit la réalisation de ces propositions à l'horizon 2005-06.
«Si aucune suite ne devait être donnée à ces mesures, je vous invite à déposer des motions, de manière à faire appliquer ce rapport», lance Dominique Virdis Yerly, qui s'est dite satisfaite des choix du Conseil d'Etat. SB 5 mai 2004, Regions, La Liberté