Dernière mise à jour :
11/11/2004


La France va essayer un nouveau traitement sur les délinquants sexuels

 

PARIS La France va essayer le traitement par médicaments pour lutter contre la récidive des délinquants sexuels, en forte augmentation, en particulier celle des pédophiles.


Ces essais thérapeutiques, une première en France, seront menés à partir de début 2005 sur 48 patients, notamment d'anciens condamnés pour infractions sexuelles, pendant deux ans. «Il ne s'agit pas de castration chimique. Il s'agit de mettre au point un médicament qui permettra d'aider des délinquants sexuels à sortir de leur délinquance et donc d'aider les victimes», a déclaré le ministre français de la Justice.


Le nombre de condamnés pour infractions sexuelles, 8.200, représente aujourd'hui 22% du total, dont les 3/4 pour des viols sur mineurs. En 1980, ces condamnés étaient 1.100, soit 5% de la population carcérale, selon le ministre.


L'étude qui sera menée par le professeur Serge Stoléru a pour but d'obtenir une autorisation de mise sur le marché des antiandrogènes qui agissent sur les hormones dont l'acétate de cyprotérone, commercialisée sous le nom d'Androcur et notamment utilisée pour le traitement du cancer de la prostate, et la leuproréline. Ces médicaments ne peuvent actuellement être prescrits que pour des troubles hormonaux.


Les effets de ces médicaments qui ont pour but de faire diminuer la libido sont réversibles après un ou deux mois suivant l'arrêt du traitement, selon M. Stoléru, qui a précisé que l'étude ne concernerait que des pédophiles. Le traitement chimique est utilisé depuis plusieurs années notamment aux Etats-Unis, en Allemagne, au Danemark et en Suède.


Pour certains médecins, cependant, le traitement chimique est «une béquille», et doit être couplé à un traitement psychologique et à un contrôle social.


© La Dernière Heure 2004,
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