PARIS La France
va essayer le traitement par médicaments pour lutter
contre la récidive des délinquants sexuels,
en forte augmentation, en particulier celle des pédophiles.
Ces essais thérapeutiques, une première en France,
seront menés à partir de début 2005 sur
48 patients, notamment d'anciens condamnés pour infractions
sexuelles, pendant deux ans. «Il ne s'agit pas de castration
chimique. Il s'agit de mettre au point un médicament
qui permettra d'aider des délinquants sexuels à
sortir de leur délinquance et donc d'aider les victimes»,
a déclaré le ministre français de la
Justice.
Le nombre de condamnés pour infractions sexuelles,
8.200, représente aujourd'hui 22% du total, dont les
3/4 pour des viols sur mineurs. En 1980, ces condamnés
étaient 1.100, soit 5% de la population carcérale,
selon le ministre.
L'étude qui sera menée par le professeur Serge
Stoléru a pour but d'obtenir une autorisation de mise
sur le marché des antiandrogènes qui agissent
sur les hormones dont l'acétate de cyprotérone,
commercialisée sous le nom d'Androcur et notamment
utilisée pour le traitement du cancer de la prostate,
et la leuproréline. Ces médicaments ne peuvent
actuellement être prescrits que pour des troubles hormonaux.
Les effets de ces médicaments qui ont pour but de faire
diminuer la libido sont réversibles après un
ou deux mois suivant l'arrêt du traitement, selon M.
Stoléru, qui a précisé que l'étude
ne concernerait que des pédophiles. Le traitement chimique
est utilisé depuis plusieurs années notamment
aux Etats-Unis, en Allemagne, au Danemark et en Suède.
Pour certains médecins, cependant, le traitement chimique
est «une béquille», et doit être
couplé à un traitement psychologique et à
un contrôle social.
© La Dernière Heure 2004, www.laderniereheure.be
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