Dernière mise à jour : 14/07/2004

P. Bodein: Sa nouvelle mise en examen a suscité des réactions au sein de la centrale d'Ensisheim où celui-ci était incarcéré

.Un plan d’exécution des peines (PEP) stipule que l'avis des surveillants doit être pris en compte lors de l'évocation des libérations conditionnelles. Malheureusement, selon un surveillant syndiqué de l'UFAP (union fédérale autonome pénitentiaire), le PEP n'est pas appliqué à Ensisheim, et plus encore, il déplore que « 99% des détenus bénéficient de remises de peine, même lorsque leur comportement est détestable. » Beaucoup de personnes s'indignent, que les condamnés n'effectueraient que la moitié de leur temps de prison. Le condamné a droit à plusieurs réductions de peine et pratiquement tous les détenus bénéficient d'une réduction de sept jours par mois ou de trois mois par an pour « bonne conduite ». À cela s'ajoute une réduction supplémentaire si l'individu présente « des gages sérieux de réinsertion ou s'il indemnise bien ses victimes », explique Pascal Schultz, procureur de la République à Colmar, et ils sont nombreux à décrocher cette diminution qui peut aller jusqu'à deux mois par an, autrement dit 40 % de réduction. Ces réductions jouent le principe de la carotte car elles permettent de maintenir la discipline en détention. Pour autant, en détention, le suspect présumé dans l'affaire de la disparition de Julie ne posait pas de problèmes. « Pierre Bodein était la personne la plus polie de la centrale, et la plus souriante. Un peu trop poli d'ailleurs pour être honnête. Lorsqu'il transmettait des mots destinés au service pénitentiaire, il apposait des coeurs et des propos mielleux. C'était quelqu'un de manipulateur. »

Reportage de A. De Chalendar - S. Bourin - B. Munch