.Un
plan d’exécution des peines (PEP) stipule
que l'avis des surveillants doit être pris en compte
lors de l'évocation des libérations conditionnelles.
Malheureusement, selon un surveillant syndiqué de l'UFAP
(union fédérale autonome pénitentiaire),
le PEP n'est pas appliqué à Ensisheim,
et plus encore, il déplore que « 99%
des détenus bénéficient de remises de
peine, même lorsque leur comportement est détestable.
» Beaucoup de personnes s'indignent, que les
condamnés n'effectueraient que la moitié de
leur temps de prison. Le condamné a droit à
plusieurs réductions de peine et pratiquement tous
les détenus bénéficient d'une réduction
de sept jours par mois ou de trois mois par an pour «
bonne conduite ». À cela s'ajoute une réduction
supplémentaire si l'individu présente «
des gages sérieux de réinsertion ou s'il indemnise
bien ses victimes », explique Pascal Schultz, procureur
de la République à Colmar, et ils sont
nombreux à décrocher cette diminution qui peut
aller jusqu'à deux mois par an, autrement dit 40 %
de réduction. Ces réductions
jouent le principe de la carotte car elles permettent de maintenir
la discipline en détention. Pour autant, en
détention, le suspect présumé dans l'affaire
de la disparition de Julie ne posait pas de problèmes.
« Pierre Bodein était la personne la plus polie
de la centrale, et la plus souriante. Un peu trop poli d'ailleurs
pour être honnête. Lorsqu'il transmettait des
mots destinés au service pénitentiaire, il apposait
des coeurs et des propos mielleux. C'était quelqu'un
de manipulateur. »
Reportage de A.
De Chalendar - S. Bourin - B. Munch
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