Dernière mise à jour : 24/08/2004

 

Fourniret: le casier était connu depuis huit ans

Voir également notre rubrique "Quels moyens pour lutter contre la criminalité?"


Jul 6, 2004
Dés 1996, Fourniret, le tueur pédocriminel a été entendu par les autorités belges, entre autre par l'officier Vanesse de la cellule Dutroux, dans le cadre d'une large enquête sur les affaires Poncelet, Walsh, Mantia et Flyer au sujet de l'arme d'un crime, d'un trafic de fausses monnaies et d'une saisie de 10 kg de « speed » - selon les DVD officiels de Neufchâteau sur l'affaire Dutroux.

Le 25 avril 1996, la gendarmerie de Dinant (B) effectua en collaboration avec les autorités de Reims une perquisition de trois heures chez Fourniret. Le lendemain, son épouse, Mme Olivier, a été entendue durant deux heures et demi, ce qui a été acté par la Police Judiciaire de Neufchâteau le 25 juillet dans son procès-verbal N° 8269 - subséquent aux procès-verbaux N° 10458/96, 8621/98 et 8226/00.

Il apparaît que, contrairement aux dires de la ministre belge de la justice, les autorités belges avaient parfaite connaissance du casier judiciaire de Fourniret depuis 8 ans, et non pas seulement depuis 1 an..

On comprend donc mal que le criminel - objet d'une enquête dans l'affaire Dutroux - n'ait pas été interrogé en 2001 lors de l'enquête relative au meurtre et au viol de la petite Mananya Thumpong de 13 ans, demeurant à quelques kms d'une de ses habitations en France et retrouvée à quelques kms d'une autre de ses habitations en Belgique.

Ex:L'investigateur

Note de FREDI

Dès lors, doit-on parler d'incompétence ou de complicité ? Fourniret est-il vraiment un prédateur isolé, ou la justice l'a-t-elle laissé libre pour ne pas devoir en inquiéter d'autres?

Parions qu'en creusant un tout petit peu - les pelleteuses sont fatiguées, en Belgique!- on découvrira un Fourniret, pas nécessairement le même, en Allemagne, en Suisse et les enquêteurs devront, enfin, reconnaître l'existence de réseaux.

Aujourd'hui, on voudrait bien faire endosser à Fourniret une trentaine de disparitions non élucidées!

Sondages - www.lexpress.fr


Sondage du 02/07/04 au 09/07/04

Michel Fourniret libre de tuer pendant 17 ans. La faute à qui ?

Les erreurs de la police 14 %
Le laxisme de la justice 65 %
La société 12 %
La fatalité 7 %

 

 

Les cauchemars de Dahina victime de Michel Fourniret,
connu depuis 1966 comme agresseur sexuel!


" Dahina, 36 ans, fut, à son adolescence, violée par Fourniret. Aujourd'hui en pleine lumière après des années de silence, elle souhaite que sa parole libère celle d'autres victimes et réclame des comptes à une justice défaillante.

« On aurait pu éviter quatre meurtres si la justice avait un tant soit peu surveillé Fourniret », constate Dahina.

Dans quelles circonstances Fourniret vous a-t-il agressée ?

DAHINA : C'était le 4 septembre 1982. J'avais 14 ans. Je rentrais chez moi par le train à Epernon, en Eure-et-Loire. Il était 22 heures. C'était exceptionnel que j'ai la permission de rentrer si tard. A la sortie de la gare, il a surgi d'une rue à droite et m'a placé un flacon sur la gorge en me disant que si je me débattais, il me vitriolait. En revanche, si je restais calme, il ne m'arriverait rien.
Il m'a dit qu'il venait de voler une voiture, qu'il était poursuivi par la police et qu'il me prenait en otage. Il m'a ensuite demandé si j'étais vierge. Il m'a parlé de lui, m'a dit qu'il se prénommait Michel, qu'il avait suivi des études de droit. Il avait repris une usine qui ensuite avait été en faillite. Il a évoqué son éducation très religieuse. Il se présentait comme très croyant. Il m'a dit qu'il avait été déçu de découvrir que sa femme, lors de leur mariage, n'était pas vierge et qu'il était à la recherche du mythe de la virginité.
Il était tellement manipulateur que j'avais pitié de lui. Au point que je lui avais promis de pas porter plainte.

A aucun moment, vous n'avez craint pour votre vie ?

D. : Certains journalistes m'ont qualifié de rescapée. C'est n'importe quoi. Je suis victime, point.

Pourquoi avez-vous pris l'initiative d'évoquer publiquement l'agression que vous avez subie ?

D. : Quand ma mère m'a appelée en me disant que Fourniret avait été de nouveau arrêté mais qu'il était, cette fois, soupçonné de meurtres, je me suis effondrée. Je pensais m'être reconstruite. J'étais du genre à penser m'en sortir seule malgré trois tentatives de suicide.
J'ai désormais une vie de famille épanouie mais depuis quatre ans, depuis que mes trois enfants grandissent, je fais des cauchemars : je les vois se faire agresser. Cet hiver, cette angoisse permanente m'a plongée en dépression.
A l'apparition de Fourniret, à la télévision, je me suis dit qu'il fallait que je contacte les familles. Je n'en ai pas eu le courage. Il m'a paru plus simple de contacter les médias.

Que pensez-vous d'une association européenne de victimes, l'idée des avocats marnais Me Chemla et Durtette ?

D. : J'ai rencontré Gérard Chemla. Tout cela est tellement soudain. Je ne sais pas comment ce projet va évoluer mais j'ai du temps et de la légitimité pour parler de mon expérience et m'investir dans cette association. Elle peut permettre à certaines de parler. Fourniret a forcément croisé la route d'autres jeunes femmes. Il faut qu'elles témoignent.
J'ai aussi beaucoup de questions sans réponses à propos du système judiciaire français. Je me dis qu'on aurait pu éviter quatre meurtres si la justice l'avait un tant soit peu surveillé.

Comment avez-vous vécu, en 87, le procès aux assises de votre agresseur ?

D. : Mal. Il a fallu que ma mère se batte pour qu'il soit renvoyé aux assises et non en correctionnelle. Depuis 66, Fourniret était connu comme agresseur sexuel. Les experts expliquaient clairement qu'il y avait un risque de récidive. Quand j'ai témoigné, c'était terrible, j'ai vu le doute dans le regard des femmes jurés. Lui, avec son air de chien battu, s'est levé pour me demander pardon. J'ai refusé ce pardon. Je crois que les jurés n'ont pas compris. Pour moi, le verdict (ndr : 7 ans dont deux avec sursis) était injuste."

Propos recueillis par Christophe Perrin

Source : L'UNION (24 août 2004)

 


Les multiples résidences de Fourniret

Note de FREDI: La publication des adresses successives de Fourniret n'est faite que dans le but d'aider (peut-être) à la résolution de cas de disparitions de mineurs d'age qui n'ont jamais trouvé d'explication ni d'auteur.

 

NOUVELOBS.COM | 06.07.04 | 12:57

Le tueur en série présumé Michel Fourniret a vécu dans les Ardennes avant d'habiter dans les Yvelines, puis semble avoir possédé plusieurs résidences simultanément après 1987 entre l'Yonne, les Ardennes et la Belgique, selon des sources judiciaires et des témoignages d'anciens voisins.

1942-1966: né à Sedan le 4 avril 1942, Michel Fourniret vit dans les Ardennes. Il a un frère et deux soeurs. Au début des années 1960, il travaille dans une fonderie de Vrigne-aux-Bois (Ardennes), où vit toujours son frère. Il se marie une première fois dans le département. De cette union naît le premier de ses cinq enfants, un garçon.

1966-1982: il s'installe à Clairefontaine-en-Yvelines (Yvelines) dans une maison qu'il rénove. Il se marie en 1968 avec Nicole, sa deuxième femme, dont il a trois enfants, un garçon qui décèdera accidentellement à l'âge de 17 ans et deux jumelles.
Tourneur sur bois et sur métal, il installe chez lui un atelier avant de construire une seconde maison, plus grande, sur la propriété.

1982-1984: il vit à Rambouillet (Yvelines), à quelques km de Clairefontaine.
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1984-1987: il est en détention provisoire à Fleury-Mérogis dans le cadre d'une enquête pour viols sur mineurs de 15 ans. Il divorce de sa seconde femme en prison et rencontre Monique Olivier, une visiteuse de prison, qui deviendra sa troisième épouse et la complice présumée de ses crimes, et avec qui il aura un garçon, aujourd'hui âgé de 17 ans.

fin 1987-1990: malgré sa condamnation à 7 ans de prison dont deux avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve pour viols sur mineurs de 15 ans, il sort de prison (la détention provisoire a couvert en partie la peine). Il aurait alors possédé plusieurs pied-à-terre, à Saint-Cyr-les-Colons (Yonne), qu'il quitte en 1988, et à Floing (Ardennes), où il aurait vécu jusqu'en 1990. Il vend la maison de Floing à des voisins en 1996.
En 1988, il acquiert le château du Sautou, à Donchery (Ardennes), à quelques kilomètres de Floing. Il rénove cette bâtisse du 19e siècle, et la revend en 1990.
Le 28 juillet 1989, il épouse en troisième noce Monique Olivier à Floing.

1990: il achète une maison à Sart-Custinne, dans l'Ardenne belge, à quelques km de la frontière française. Ce serait son dernier lieu de résidence.
Il aurait hérité en 2002, d'une de ses soeurs, une maison à Ville-sur-Lumes (Ardennes) dans laquelle il n'habitait pas mais se rendait occasionnellement, selon plusieurs sources.