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" Raoul Becquerel
n'aurait jamais dû croiser la route d'Anne-Sophie, une
jeune femme de 28 ans, qu'il a enlevée, séquestrée
dans le coffre de sa voiture et violée le mercredi
29 septembre à Senlis (Oise). Un viol d'une rare sauvagerie,
de l'aveu même du procureur de la République,
dont la victime s'était en quelque sorte « libérée
» en envoyant des appels SMS depuis son téléphone
portable. Becquerel, véritable routard du viol, est
considéré comme un danger public.
Agé d'une trentaine d'années, déjà
condamné à douze ans de réclusion criminelle,
auteur avéré de plusieurs viols, il aurait dû
se trouver derrière les barreaux d'une prison avant
son procès fixé le 9 septembre dernier devant
la cour d'assises de Gironde. Mais ce jour-là, Raoul
Becquerel figurera aux abonnés absents, le procès
est renvoyé. Libéré à la fin du
mois de juin de la maison d'arrêt où il se trouvait,
Raoul Becquerel a en effet bénéficié
d'une invraisemblable erreur judiciaire. Le juge d'instruction
chargé de suivre au plus près cette affaire
n'avait pas signé l'ordonnance de prise de corps. Un
document indispensable pour maintenir Becquerel en prison
jusqu'au jour du procès. Dans sa cellule, Raoul Becquerel
est bien loin de savoir ce qui se prépare. Il n'en
croit pas ses yeux lorsqu'il est miraculeusement remis en
liberté à la fin de ce mois de juin 2004. Selon
certaines informations, il doit sa liberté à
une décision du procureur général qui
a constaté l'illégalité de sa détention.
Arrêté au cours d'un banal contrôle
de gendarmerie
Même s'il doit pointer plusieurs fois par semaine au
commissariat de Bordeaux, Becquerel n'a qu'une seule
idée en tête : fuir cette ville pour commettre
de nouveaux forfaits. Son parcours, on ne le connaît
pas en dehors des viols qui sont aujourd'hui avérés.
Celui d'une femme dans la nuit du 28 au 29 août près
d'Angoulême. Et celui d'Anne-Sophie à Senlis,
un mois après. A chaque fois, le scénario
se répète. Il repère ces femmes, s'introduit
dans leurs appartements et les viole sous la menace d'un couteau.
A chaque fois, il repart également en emportant la
carte bancaire des victimes et d'autres objets. A-t-il fait
d'autres victimes ? On peut malheureusement le craindre. On
sait simplement aujourd'hui que le périple de ce violeur
en série a pris fin la semaine dernière lors
d'un banal contrôle de gendarmerie sur une aire d'autoroute.
Raoul Becquerel, après avoir violé Anne-Sophie
à Senlis, dormait paisiblement sur la banquette arrière
d'une voiture volée. Les expertises ADN sont formelles
et infaillibles. Il se trouve aujourd'hui de nouveau en prison,
près d'Angoulême. Une prison d'où il n'aurait
jamais dû sortir."
Source : LE PARISIEN (9 octobre 2004)
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