Loi
Perben : les députés durcissent le texte
PAS
moins de 88 articles, 400 sections du code de procédure
pénale modifiées. Le projet de loi Perben sur la grande
criminalité adopté jeudi en deuxième lecture par les députés
est un " Bibendum judiciaire ", selon l'expression de magistrats.
Initialement, ce projet de loi vise à donner de nouvelles
armes à la justice dans la lutte contre les réseaux mafieux,
en créant plusieurs juridictions inter-régionales chargées
des dossiers " les plus complexes ". " La philosophie de
ce texte est de renforcer de manière considérable les pouvoirs
du parquet et de régler un maximum de cas sans avoir recours
au juge ", s'inquiète Me Natali, de la Conférence nationale
des bâtonniers. Police et parquet : pouvoirs accrus Le texte
accroît les pouvoirs de la police et du parquet en enquête
préliminaire : possibilité d'infiltrer les réseaux, de pratiquer
des perquisitions de nuit, de mettre des suspects sur écoutes,
de rémunérer les " indics ".
Bruno
Touzellier, de l'Union syndicale des magistrats (USM), prédit
que " la machine judiciaire sera incapable de gérer, par
manque de moyens, un tel texte ".
Et notamment l'une de ses innovations, la procédure du "
plaider coupable ". Inspirée du système américain, elle
doit permettre à un justiciable de négocier une peine d'un
an de prison maximum s'il reconnaît sa culpabilité au terme
de sa garde à vue.
(...)
L'Assemblée a également apporté quelques précisions sur
le fichier national des auteurs d'infractions sexuelles
créé par le Sénat, qui devrait comporter près de 100 000
noms dès sa création. Les données pourront être conservées
pendant trente ans au maximum, les inscrits devront justifier
leur adresse une fois par an et les exhibitionnistes et
personnes mises en examen, non condamnées, pourront être
inscrites sur décision expresse du juge.
Contre
l'avis du Sénat, qui redoute un engorgement judiciaire,
l'Assemblée a allongé le délai de prescription des crimes
sexuels à caractère pédophile. Il sera porté de 10 ans actuellement
à respectivement 20 et 30 ans pour les délits et crimes
les plus graves. La prescription courant à partir de la
majorité, la victime pourra dénoncer les faits jusqu'à l'âge
de 38 ou 48 ans. (...)
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