Dernière mise à jour : 05/02/2006


Sexe et violence sur les portables des ados

TÉLÉCOMS De plus en plus de jeunes s'échangent des clips X ou très violents en toute impunité sur leurs téléphones mobiles

 

C'est Matthias Nast, de la Fondation pour la protection des consommateurs, à Berne, qui lance un véritable cri d'alarme: «Les fournisseurs de télécommunications mobiles se remplissent les poches en proposant des clips pornos sans prendre en considération la protection de la jeunesse

Dernière en date des infractions commises dans le domaine: la police de Winterthour vient de surprendre six jeunes qui se passaient des clips violents et de la pornographie dure. Cinq des ados avaient entre 14 et 15 ans. En décembre dernier, en Appenzell Rhodes-Extérieures, la police cantonale confisquait un téléphone contenant des scènes authentiques d'exécutions capitales.

Un chiffre d'affaires de 1 milliard de francs en 2005
Pas facile toutefois d'empêcher le flux malsain de parvenir aux jeunes. D'après une récente édition de PME, le marché des images classées X devrait connaître un nouveau boom avec la commercialisation des cellulaires de la troisième génération. Un rapport de la société britannique Informa Telecoms Media estime déjà que les «contenus pour adultes» ont engendré en 2005 un chiffre d'affaires de plus de 1 milliard de francs, soit 6% du marché mondial des services destinés aux téléphones mobiles.

«Nous aimerions que le marché pornographique soit codé de telle façon que les jeunes ne puissent pas y avoir accès», poursuit Matthias Nast. Aujourd'hui déjà, l'Association suisse des fournisseurs de télécommunication refuse l'accès aux sites licencieux à leur clientèle disposant d'un abonnement destiné aux jeunes. Une mesure toutefois inefficace si le mineur est au bénéfice d'un contrat du même type que celui réservé aux adultes.*

Et, pour éviter que les jeunes ne s'échangent des clips téléchargés depuis Internet, Matthias Nast renvoie la balle dans le camp des parents. «Des filtres efficaces devraient être installés sur les ordinateurs utilisés par les enfants.» Si les prestataires de services ne trouvent pas rapidement une solution, révèle 20 Minuten, la conseillère aux Etats Simonetta Sommaruga (BE/PS) va déposer une motion afin que la Confédération entre dans la danse.

VICTOR FINGAL

03 février 2006 Le Matin Online

Il serait plus efficace, mais source de moins de profit, certes, d'exiger des fabricants qu'ils mettent sur le marché des téléphones mobiles sans fonction Internet ni appareil de photo pour les écoliers jusqu'à 16 ans, par exemple. Il en irait de la responsabilité des parents de fournir à leurs enfants des appareils correspondant à leur âge...

FREDI