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INTERNET
La dernière opération d'envergure contre les
consommateurs de pornographie enfantine a révélé
que 20% des délinquants étaient des mineurs
L'écolier
A avait donné des instructions claires à son
camarade en lui faisant cadeau d'un CD contenant des photos.
Il ne devait surtout pas l'ouvrir sur son ordinateur à
la maison. L'écolier B a donc regardé les photos
dans la salle d'informatique de l'école de Selzach
(SO). Le CD comportait des images de pornographie enfantine.
«Nous avons ouvert une procédure contre ces deux
personnes», annonce Bruno Hug, procureur pour enfants.
Les deux suspects ont 13 et 14 ans.
Pères soupçonnés
en premier lieu
Cette histoire illustre le nouveau problème auquel
sont confrontées la police et les autorités
judiciaires. Les consommateurs de pornographie enfantine sont
de plus en plus jeunes. Lors de l'opération «Canalgrande»,
la dernière action de la police dans toute la Suisse
contre la pornographie sur Internet, près de 20% des
délinquants présumés étaient des
mineurs.
«Les soupçons
des enquêteurs se sont d'abord portés sur les
pères, précise Marcel Strebel, de la police
cantonale de Zurich. Mais nous avons vite découvert
que, dans de très nombreux cas, c'étaient les
fils qui téléchargeaient des images pornographiques
dans l'ordinateur de la famille. Et nous avons aussi constaté
que la plupart des parents ne savent absolument pas ce que
font leurs enfants sur Internet.» Le plus jeune des
suspects zurichois est né en 1990. La police a aussi
ouvert des procédures dans les cantons d'Argovie, d'Uri,
de Lucerne et de Thurgovie.
Bourses d'échange
en ligne
Les jeunes ont obtenu ces photos pornos dans des bourses d'échange
sur le Web, dont le but est en fait de permettre l'échange
de musique ou de films. Des sites qui n'étaient pas
dans le viseur des enquêteurs. «Nous nous sommes
surtout concentrés dans le passé sur les gens
qui achetaient des images interdites avec leur carte de crédit»,
explique Guido Balmer, de l'Office fédéral de
la police, qui ajoute: «Les enfants et les ados ne pouvaient
évidemment pas le faire. Mais, dans les bourses, ces
images sont gratuites.»
Une étude
américaine de 2003 avait déjà montré
que la plupart des bourses d'échange en ligne ne proposaient
pas que des chansons de groupes pop. Et, déjà
à l'époque, 6% du matériel téléchargé
étaient des images de pornographie enfantine. «Les
gens qui échangent des images sur le Net se rendent
non seulement coupables de consommation, mais aussi de diffusion»,
annonce Markus Melzl, du Parquet de Bâle. Ce qui signifie
que les jeunes deviennent alors des distributeurs de pornographie
et qu'ils seront plus sévèrement punis.
ANDREA BLEICHER
- «SONNTAGSZEITUNG» (ADAPTATION: LUC CONSTANT)
12.02.2005
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