| L'expert
blanchit totalement un citoyen d'Uvrier, embarqué à
tort dans une pseudo-affaire de pédophilie.
La justice avait
été méchamment prise à partie
dans la presse. L’affaire" avait fait grand bruit.
Survenant après le drame de Veysonnaz (où Luca,
un enfant de 7ans avait été retrouvé
inanimé), l'affaire d'Uvrier avait été
confiée au départ, et par un hasard de calendrier,
au même juge d'instruction. De fuites souvent organisées
en déclarations péremptoires, la presse avait
été généreusement alimentée
en "informations". Tout semblait clair: un gosse
du Valais central avait été la victime d'un
pédophile, forcément odieux, que ce juge refusait
pourtant de garder en prison. Les pires accusations sur Jean-Louis
Carroz, le suspect désigné, ont été
jetées sur la place publique. Deux familles, celle
de Luca, la petite "victime", et celle de la famille
Carroz, allaient être entraînées dans un
enfer qui dure depuis 17 mois.
"Pas crédible!"
Une pièce
essentielle du dossier, que le juge d'instruction n'a pas
encore formellement clos, vient de tomber, c'est le rapport
de l'expert mandaté par la justice, la psychanalyste
Jacqueline Nanchen. Avec une conclusion terrible.
Totalement blanchi
Une
lecture objective du rapport ne laisse guère de place
au doute: Jean-Louis Carroz a été embarqué
à tort dans ce qui restera pour lui une terrible injustice.
En mettant sur la place publique une pseudo-affaire de pédophilie,
certains ont pris un risque insensé. Il s'agit des
accusateurs, d'un enquêteur parallèle, d'un avocat
et enfin des journalistes. Condamné d'avance par l'accusation
et par la rue, cet homme a vécu l'enfer, tout comme
son épouse et leurs deux enfants. Et force est, aujourd'hui,
de constater que cet homme n'a sans doute eu que le
seul tort d'être le voisin le plus proche de la famille
de Luca.
Une terrible
machine...
L'élément central de l'expertise est
la narration faite par Luca. Et l'enchaînement
dramatique qui s'ensuivit: chacun, du responsable du service
de protection de la jeunesse, au juge (dans un premier temps
seulement), prenant trop vite la version Luca pour La Vérité.
L'expert passe aujourd'hui en revue les erreurs méthodologiques
et les maladresses de la psychologue qui a fait sienne la
version du gosse et de ses parents.
Des parents dont l'expert déclare: "Il est fort
probable, voire certain, que M. et Mme M. ne changeront jamais
d'avis, persuadés que leur enfant a réellement
été abusé." Des parents que l'expert
classe au rang de victimes, tant il semble aujourd'hui évident
que, dans cette histoire lamentable, dénonciateurs
et dénoncés sont avant tout des victimes. Impossible
de résumer la démarche, convaincante à
notre avis, de l'expert. Mais en langage journalistique, disons
que la mère de Luca, intriguée par le comportement
surprenant de son gosse, l'interrogera longuement, convaincue
dès le départ que quelqu'un est forcément
responsable de comportements qu'elle ne comprend pas. Et l'expert,
après avoir décortiqué et analysé
les échanges entre les parents et Luca, constate que
"l'enfant n'est que trop soulagé de répondre
par l'affirmative à la suggestion de justification,
ne sachant pas encore la terrible machine qu'il met en marche".
La machine mise en marche ne s'arrêtera plus: le Service
cantonal de la jeunesse, pour qui la culpabilité du
suspect ne semble pas faire de doute, dénonce l'affaire
au juge sur la base de l'entretien avec les parents de Luca.
La mécanique s'emballe dès lors que l'on n'a
pas d'abord procédé à une évaluation
des assertions de Luca. On était trop pressé
de démontrer que l'enfant disait vrai.
.
Le feu aux poudres
Le juge enferme séance tenante ce suspect sur mesure.
L'homme nie, et, coup de théâtre, ses propres
enfants, mis en cause par le témoignage de Luca, contestent
formellement le récit de Luca. Le suspect sera
donc libéré le même soir. Mais
cette remise en liberté, au lieu de calmer les choses,
mettra le feu aux poudres. Alertée par les plaignants,
la rue s'indigne: comment ce juge, déjà incapable
de résoudre l'affaire de Veysonnaz, peut-il laisser
en liberté un dangereux pédophile? La presse
embouche la trompette de l'accusation, alimentée par
des scoops qui se révèlent aujourd'hui autant
de tuyaux percés. Le tapage médiatique aura
un effet certain: la radicalisation des positions, surtout
de la famille de Luca et de leur avocat. L'expert constate:
"La blessure narcissique ressentie par les parents est
telle qu'il leur est (désormais) impossible de faire
machine arrière après un si grand tapage médiatique:
l'idée que cela puisse être le fait de
quelqu'un d'autre que le suspect ou que se soit un pur fantasme
de Luca, ces hypothèses leur sont intolérables."
Luca jubile
Un premier expert, le professeur canadien Hubert
van Gijseghem, expliquera pourtant comment un enfant mis par
ses parents dans la situation de se justifier pour avoir posé
des gestes douteux, doit absolument se justifier. Si on lui
suggère une justification "quelqu'un a dû
te faire cela...", l'enfant répondra "oui",
victime de ces suggestions.
En fait, pour l'expert Jacqueline Nanchen, Luca semble simplement
avoir traversé un moment bien naturel, que le médecin
de famille avait résumé ainsi: "L'enfant
se découvre, ce qui est bien naturel." Mais, de
conseils de parents en interprétations, sa
mère aurait substitué une cause contre nature
à cette cause naturelle...
Heureusement pour le malheureux suspect, Luca, dans sa volonté
de faire plaisir à ses parents (il jubile quand il
répond oui à sa mère), en rajoutera.
Allant jusqu'à faire intervenir dans son récit
les propres enfants du suspect. Des rapports de médecins
et les auditions de ces enfants vont s'avérer totalement
incompatibles avec les déclarations de Luca.
Au terme d'un long et patient travail scientifique, l'expert
conclut aujourd'hui que Jean-Louis Carroz n'a rien à
voir dans cette affaire. Qu'il n'y a même sans
doute jamais eu de pédophile dans le cas de Luca et
que l'hypothèse alternative la plus vraisemblable est
celle "de l'éclosion d'une névrose infantile
et son cortège de fantasmes. Névrose des enfants
qui n'est pas l'exception mais la règle et que dans
la plupart des cas cette crise névrotique des années
d'enfance est spontanément surmontée."
Jean
Bonnard
http://www.nouvelliste.ch/archive/valais/031101_indexg.htm
L'avis
de FREDI:
Que
Monsieur Carroz soit innocent, acceptons-le, puisque rien
ne prouve sa culpabilité. Sa conscience est seule juge.
Mais il a été sali et rien ne pourra réparer
cette rumeur trop vite acceptée.
Par
contre; que le journaliste ose écrire "Luca jubile
quand il répond à sa mère" pour
qualifier l'état d'esprit de cet enfant meurtri, partiellement
invalide, c'est tout simplement scandaleux et jette le doute
sur ce que l'on tente de cacher ou sur la volonté de
protéger le coupable, que l'on connaîtrait...
A
7ans, dans la neige, la nuit tombée, c'est sûr
qu'un enfant cherche "à découvrir son corps",
quitte à en ressortir gravement blessé:Tétraplégique
et aveugle! C'est vraiment du n'importe quoi!
|