Dernière mise à jour : 02/04/2003

 

Suisse, Uvrier: un énorme gâchis!

L'expert blanchit totalement un citoyen d'Uvrier, embarqué à tort dans une pseudo-affaire de pédophilie.

La justice avait été méchamment prise à partie dans la presse. L’affaire" avait fait grand bruit. Survenant après le drame de Veysonnaz (où Luca, un enfant de 7ans avait été retrouvé inanimé), l'affaire d'Uvrier avait été confiée au départ, et par un hasard de calendrier, au même juge d'instruction. De fuites souvent organisées en déclarations péremptoires, la presse avait été généreusement alimentée en "informations". Tout semblait clair: un gosse du Valais central avait été la victime d'un pédophile, forcément odieux, que ce juge refusait pourtant de garder en prison. Les pires accusations sur Jean-Louis Carroz, le suspect désigné, ont été jetées sur la place publique. Deux familles, celle de Luca, la petite "victime", et celle de la famille Carroz, allaient être entraînées dans un enfer qui dure depuis 17 mois.

"Pas crédible!"
Une pièce essentielle du dossier, que le juge d'instruction n'a pas encore formellement clos, vient de tomber, c'est le rapport de l'expert mandaté par la justice, la psychanalyste Jacqueline Nanchen. Avec une conclusion terrible.

Totalement blanchi
Une lecture objective du rapport ne laisse guère de place au doute: Jean-Louis Carroz a été embarqué à tort dans ce qui restera pour lui une terrible injustice. En mettant sur la place publique une pseudo-affaire de pédophilie, certains ont pris un risque insensé. Il s'agit des accusateurs, d'un enquêteur parallèle, d'un avocat et enfin des journalistes. Condamné d'avance par l'accusation et par la rue, cet homme a vécu l'enfer, tout comme son épouse et leurs deux enfants. Et force est, aujourd'hui, de constater que cet homme n'a sans doute eu que le seul tort d'être le voisin le plus proche de la famille de Luca.

Une terrible machine...
L'élément central de l'expertise est la narration faite par Luca. Et l'enchaînement dramatique qui s'ensuivit: chacun, du responsable du service de protection de la jeunesse, au juge (dans un premier temps seulement), prenant trop vite la version Luca pour La Vérité. L'expert passe aujourd'hui en revue les erreurs méthodologiques et les maladresses de la psychologue qui a fait sienne la version du gosse et de ses parents.
Des parents dont l'expert déclare: "Il est fort probable, voire certain, que M. et Mme M. ne changeront jamais d'avis, persuadés que leur enfant a réellement été abusé." Des parents que l'expert classe au rang de victimes, tant il semble aujourd'hui évident que, dans cette histoire lamentable, dénonciateurs et dénoncés sont avant tout des victimes. Impossible de résumer la démarche, convaincante à notre avis, de l'expert. Mais en langage journalistique, disons que la mère de Luca, intriguée par le comportement surprenant de son gosse, l'interrogera longuement, convaincue dès le départ que quelqu'un est forcément responsable de comportements qu'elle ne comprend pas. Et l'expert, après avoir décortiqué et analysé les échanges entre les parents et Luca, constate que "l'enfant n'est que trop soulagé de répondre par l'affirmative à la suggestion de justification, ne sachant pas encore la terrible machine qu'il met en marche".
La machine mise en marche ne s'arrêtera plus: le Service cantonal de la jeunesse, pour qui la culpabilité du suspect ne semble pas faire de doute, dénonce l'affaire au juge sur la base de l'entretien avec les parents de Luca. La mécanique s'emballe dès lors que l'on n'a pas d'abord procédé à une évaluation des assertions de Luca. On était trop pressé de démontrer que l'enfant disait vrai.
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Le feu aux poudres
Le juge enferme séance tenante ce suspect sur mesure.
L'homme nie, et, coup de théâtre, ses propres enfants, mis en cause par le témoignage de Luca, contestent formellement le récit de Luca. Le suspect sera donc libéré le même soir. Mais cette remise en liberté, au lieu de calmer les choses, mettra le feu aux poudres. Alertée par les plaignants, la rue s'indigne: comment ce juge, déjà incapable de résoudre l'affaire de Veysonnaz, peut-il laisser en liberté un dangereux pédophile? La presse embouche la trompette de l'accusation, alimentée par des scoops qui se révèlent aujourd'hui autant de tuyaux percés. Le tapage médiatique aura un effet certain: la radicalisation des positions, surtout de la famille de Luca et de leur avocat. L'expert constate: "La blessure narcissique ressentie par les parents est telle qu'il leur est (désormais) impossible de faire machine arrière après un si grand tapage médiatique: l'idée que cela puisse être le fait de quelqu'un d'autre que le suspect ou que se soit un pur fantasme de Luca, ces hypothèses leur sont intolérables."

Luca jubile
Un premier expert, le professeur canadien Hubert van Gijseghem, expliquera pourtant comment un enfant mis par ses parents dans la situation de se justifier pour avoir posé des gestes douteux, doit absolument se justifier. Si on lui suggère une justification "quelqu'un a dû te faire cela...", l'enfant répondra "oui", victime de ces suggestions.
En fait, pour l'expert Jacqueline Nanchen, Luca semble simplement avoir traversé un moment bien naturel, que le médecin de famille avait résumé ainsi: "L'enfant se découvre, ce qui est bien naturel." Mais, de conseils de parents en interprétations, sa mère aurait substitué une cause contre nature à cette cause naturelle...
Heureusement pour le malheureux suspect, Luca, dans sa volonté de faire plaisir à ses parents (il jubile quand il répond oui à sa mère), en rajoutera. Allant jusqu'à faire intervenir dans son récit les propres enfants du suspect. Des rapports de médecins et les auditions de ces enfants vont s'avérer totalement incompatibles avec les déclarations de Luca.
Au terme d'un long et patient travail scientifique, l'expert conclut aujourd'hui que Jean-Louis Carroz n'a rien à voir dans cette affaire. Qu'il n'y a même sans doute jamais eu de pédophile dans le cas de Luca et que l'hypothèse alternative la plus vraisemblable est celle "de l'éclosion d'une névrose infantile et son cortège de fantasmes. Névrose des enfants qui n'est pas l'exception mais la règle et que dans la plupart des cas cette crise névrotique des années d'enfance est spontanément surmontée."
Jean Bonnard
http://www.nouvelliste.ch/archive/valais/031101_indexg.htm

L'avis de FREDI:

Que Monsieur Carroz soit innocent, acceptons-le, puisque rien ne prouve sa culpabilité. Sa conscience est seule juge. Mais il a été sali et rien ne pourra réparer cette rumeur trop vite acceptée.

Par contre; que le journaliste ose écrire "Luca jubile quand il répond à sa mère" pour qualifier l'état d'esprit de cet enfant meurtri, partiellement invalide, c'est tout simplement scandaleux et jette le doute sur ce que l'on tente de cacher ou sur la volonté de protéger le coupable, que l'on connaîtrait...

A 7ans, dans la neige, la nuit tombée, c'est sûr qu'un enfant cherche "à découvrir son corps", quitte à en ressortir gravement blessé:Tétraplégique et aveugle! C'est vraiment du n'importe quoi!