L'enlèvement, nouvelle arme des dealers

 
Dernière mise à jour : 20/04/2003

ENLEVER un enfant ou un proche pour faire pression dans des affaires de drogue, comme à Dijon la semaine dernière, devient la nouvelle arme des dealers pour régler leurs conflits internes, affirment les enquêteurs.

" Il n'est pas rare que dans les affaires de drogues, des dealers prennent pour gage un enfant, une femme ou bien un membre très proche de la famille si la transaction ne s'est pas bien déroulée ", indique-t-on à la PJ de Versailles, co-saisie dans l'affaire de Dijon.

Un enfant de neuf ans, enlevé jeudi dernier à Dijon sur le chemin de l'école dans le quartier sensible des Grésilles, a été récupéré sain et sauf par les policiers dans un appartement de Poissy (Yvelines) dans la nuit de mardi à mercredi. Selon les premiers éléments de l'enquête, le garçon, qui était seul dans l'appartement, aurait été enlevé par deux à trois personnes pour faire pression sur le grand frère, " bien connu " des services de police, et lui réclamer quelque 60 000 euros pour une dette non réglée.
Recrudescence A la PJ, on constate en général une recrudescence de ce genre d'enlèvements. Dans le cas des enfants, aucune violence n'est exercée, mais pour les adultes ou jeunes majeurs, il n'est pas rare que les kidnappeurs soient violents. " Ces enlèvements servent à obtenir un moyen de paiement, une amende, on appelle cela une "carotte ", explique-t-on à la PJ de Versailles.
Cependant, il est difficile de mesurer l'ampleur du phénomène, en raison de la loi du silence qui règne. Certains policiers s'inquiètent de ce phénomène. Si l'un parle d'" une perte de repères ", un autre constate " une escalade ". " Dans les cités, normalement on ne touchait pas aux gamins, mais désormais ils emploient des méthodes que seule la mafia calabraise, la N'drangheta, employait ", souligne un policier.
http://www.lavoixdunord.fr/vdn/journal/2003/04/18/INFO_GENE/ART21.phtml