Dernière mise à jour : 22/01/2004

Le fléau des enfants soldats n'a pas diminué en 2003

 

PARIS (AP) - Des enfants ont continué à être exploités comme soldats, esclaves sexuels, travailleurs, porteurs ou espions en 2003 dans le cadre de conflits armés, a dénoncé lundi un rapport de la Coalition pour mettre fin à l'utilisation des enfants soldats.

Dévoilé à la veille d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la question, le rapport souligne que de nombreux groupes armés recrutent et utilisent des enfants dans le monde. La Coalition appelle le Conseil à agir pour mettre fin à ces pratiques.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan "a nommé publiquement les gouvernements et groupes armés utilisant des enfants dans les conflits", souligne Casey Kelso, coordinateur de la Coalition, dans un communiqué publié par Amnesty International. Le Conseil de sécurité doit maintenant "demander à ces gouvernements et ces groupes de rendre compte de leurs actes."

Le rapport de 50 pages est censé aider le Conseil à formuler des solutions lors de son débat annuel sur les enfants dans les conflits armés, prévu mardi. Il pointe du doigt 18 pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et du Moyen-Orient.

Il note que dans de nombreux conflits, notamment en Côte d'Ivoire, dans la République démocratique du Congo (RDC) et au Liberia, le recrutement d'enfants soldats a fortement augmenté en 2003. "Des rapports horrifiants sont parvenus de RDC, faisant état d'enfants violés et torturés, contraints de commettre des atrocités contre les civils", souligne le communiqué d'Amnesty.

Les enlèvements d'enfants dans le nord de l'Ouganda par les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur n'ont jamais été aussi nombreux en 17 ans de conflit, selon le rapport. En Birmanie, on compterait environ 70.000 enfants dans l'armée gouvernementale. Des petits Birmans en exil ont raconté avoir été enlevés, battus, contraints au travail forcé et envoyés au combat.

En Colombie, le nombre d'enfants utilisés par les groupes armés pourraient avoir atteint 11.000 ces dernières années. Au Sri Lanka, le mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) continue à enrôler de force des enfants, dénonce le rapport.

La Coalition adresse une série de recommandations au Conseil de sécurité. Elle préconise ainsi de:

- dresser une liste mise à jour chaque année de toutes les parties engagées dans des conflits qui ont recours à des enfants;
- demander à toutes les parties sur cette liste de fournir dans les 90 jours des informations concernant les mesures prises pour mettre un terme à l'utilisation d'enfants soldats;
- désigner un représentant de l'ONU chargé de nouer le dialogue avec ces parties et de les aider à mettre un terme à ces pratiques;
- stopper l'afflux d'armes, notamment les armes légères, à destination de ceux qui recrutent des enfants soldats;
- mettre en oeuvre d'autres moyens pour faire appliquer au niveau international l'interdiction d'utiliser des enfants soldats, par exemple en arrêtant toute assistance militaire aux gouvernements ou groupes fautifs et en limitant leurs ressources financières.

 

© La Presse Canadienne, 2004, Publié le 2004-01-19