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Il n'a pas fallu longtemps pour établir l'atroce vérité
de la mort de Jansien
BRECHT - La petite fille qui avait disparu mercredi après
midi à Brecht, près d'Anvers, et dont le corps
a été retrouvé jeudi à un kilomètre
de là, cette petite fille blonde, Jansien Bosmans,
deux ans et demi, a été tuée par sa mère
qui l'a étranglée de ses mains et a donc joué
la comédie pendant trente-six heures avant de craquer
et d'avouer. Sa mère, Vera Williame, 38 ans, est infirmière
en psychiatrie. Même son mari avait cru son récit.
C'est donc l'horreur, à Brecht, une horreur mêlée
d'incompréhension.
Les policiers disent aujourd'hui que c'est une piste qu'ils
avaient envisagée dès le début, même
s'ils n'avaient pas écarté celle d'une petite
fille qui se serait perdue et serait tombée dans un
puits ou le canal (à cent mètres) ni celle d'un
enlèvement par un détraqué.
Mais lorsqu'ils ont retrouvé le petit corps emballé
dans le sac-poubelle, les enquêteurs ont constaté
que les vêtements étaient en ordre et intacts,
qu'ils n'avaient pas été arrachés ou
déchirés comme l'aurait fait un pervers pédophile.
C'est un indice de plus qui conduisait à la sphère
familiale.
Ce n'est pas de gaieté de coeur que la décision
a été prise jeudi soir de perquisitionner de
fond en comble la maison des parents. Les policiers recherchaient
plus spécialement un rouleau de sacs-poubelle gris
clair de la même série que celui qui avait servi
d'emballage à la petite. Ce n'est pas de gaieté
de coeur non plus qu'ils décidaient d'interroger les
parents trois heures à peine après que le corps
de Jansien ait été repêché. A vrai
dire, les policiers pensaient moins au papa, Jacques : ils
avaient vérifié que celui-ci n'était
pas présent à la maison mercredi matin et le
malheureux a d'ailleurs été libéré
en soirée. Sa femme, en revanche, a dû rester.
Aux petites heures, vendredi, l'infirmière avouait
le meurtre de sa fille. Le parquet d'Anvers ne le précise
pas, mais nous savons que l'autopsie a révélé
que l'enfant est morte étranglée.
Il n'a jamais été question de nourrir les poules.
La petite est morte bien plus tôt mercredi matin. Selon
sa mère, Jansien avait disparu vers 13 h. Elles étaient
toutes deux au fond du jardin. En un instant, plus de Jansien.
L'endroit n'est pas entièrement clôturé
et la petite n'avait poussé aucun cri. Le temps de
se retourner, sa fille non seulement n'était plus dans
le jardin, mais déjà plus non plus devant la
maison. A deux ans et demi, c'était quand même
difficile à croire.
Mais on avait retrouvé un petit pot, près du
poulailler, celui soi-disant que tenait Jansien, avec encore
quelques grains de maïs.
Des policiers ont observé la mère pendant les
recherches. Même pour un spécialiste, c'était
parfait. Elle était par moments hagarde et prostrée.
A d'autres, elle hurlait, criait et pleurait. Les policiers
n'ont jamais pensé qu'elle jouait la comédie.
Mais ils savaient qu'elle avait souffert d'un baby blues et
ne se remettait pas d'une dépression postnatale, au
point d'être encore actuellement en traitement.
Deux cents policiers, pompiers et bénévoles
ont participé aux recherches.
Depuis son arrestation, hier après midi, la maman se
mure dans le silence. Quand elle desserre les dents, dit-on,
elle est si confuse qu'il est difficile de la comprendre.
Un collège d'experts l'examinera. A eux de décider
si cette femme peut être considérée comme
pénalement responsable ou ne devrait pas plutôt
être dirigée vers un établissement fermé
de défense sociale. A ce stade, le parquet d'Anvers
avoue ne posséder aucun début d'explication
cohérent, aucun motif concret pour expliquer le geste.
Le quartier est sous le choc. Les voisins décrivent
une «famille normale». Jansien était la
seule enfant du couple. Le papa est effondré. "
Gilbert Dupont
LA DERNIERE
HEURE 13 novembre 2004
BRECHT - C'est
l'horreur, à Brecht, près d'Anvers, avec la
disparition, l'inquiétude, l'angoisse et la découverte
hier - après 24 heures de recherche - du corps sans
vie d'une petite fille de 2 ans et demi, Jansien Bosman, dont
tout porte à penser qu'elle a été kidnappée
et tuée avant d'être jetée dans le canal
dans un sac de poubelle.
Jansien Bosman, née en mai 2002, vit chez sa mère,
Lochtenberg, à Sint-Job-in-'t-Goor, un quartier assez
récent qui touche au canal Anvers-Turnhout. Jansien
est sortie, mercredi vers 13 h 30, pour donner à manger
aux poules au fond du jardin. La maman s'est inquiétée.
Sa fille n'était plus près du poulaillier ni
d'ailleurs dans le jardin.
Sa mère ne l'a pas trouvée en faisant le tour
du quartier. Aucun voisin ne l'avait vue. Du haut de ses 2
ans et demi, Jansien seule ne pouvait pourtant marcher très
loin. La maman a alerté la police. Child Focus a été
prévenu à Bruxelles. Avant la nuit, des bénévoles
collaient les premières affiches à Brecht.
Entre-temps, la police, les pompiers, des marcheurs entreprenaient
de ratisser la localité, de plus en plus loin. L'attention
se portait sur le canal, à moins de 100 mètres.
Plongeurs, sonars, bateaux, chiens pisteurs, etc. La Cellule
Disparitions de la police fédérale a déplacé
tous les moyens disponibles. Une toute petite botte a été
trouvée. La maman n'a pas reconnu celles que portait
sa fille. Les recherches ont repris hier à l'aube.
Le ratissage a couvert environ 8 km2. Des groupes se sont
constitués. L'un d'eux, vers 15 h, longeait le Desselschoten,
un autre bras du canal. Deux dames marchaient en tête
avec un chien.
Dans l'eau, un sac en plastique gris flottait près
de la berge et quelque chose semblait dépasser. Un
petit bras d'enfant. Labo, etc. En fin d'après-midi,
la substitute De Caluwé, du parquet-famille d'Anvers,
prononçait le prénom de Jansien.
Sur place, on pouvait constater que le sac n'est pas déchiré
ni troué. Pas de sang. A priori, et sous réserve
d'autopsie, on pensait plutôt à une fillette
tuée par noyade, étouffée voire étranglée.
L'endroit est bizarre : il avait été fouillé
la veille, en vain. Le ravisseur a-t-il suivi les recherches
à distance et décidé d'abandonner le
corps là où personne ne reviendrait avant quelque
temps ? C'est à 500 m de l'endroit où Jansien
avait disparu la veille en allant nourrir les poules, son
domicile que des enquêteurs fouillaient, hier soir,
par routine policière."
Gilbert Dupont
LA DERNIERE
HEURE 12 novembre 2004
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