Dernière mise à jour :
13/11/2004


Une fillette tuée et retrouvée dans un canal: Etranglée par sa maman



Il n'a pas fallu longtemps pour établir l'atroce vérité de la mort de Jansien


BRECHT - La petite fille qui avait disparu mercredi après midi à Brecht, près d'Anvers, et dont le corps a été retrouvé jeudi à un kilomètre de là, cette petite fille blonde, Jansien Bosmans, deux ans et demi, a été tuée par sa mère qui l'a étranglée de ses mains et a donc joué la comédie pendant trente-six heures avant de craquer et d'avouer. Sa mère, Vera Williame, 38 ans, est infirmière en psychiatrie. Même son mari avait cru son récit. C'est donc l'horreur, à Brecht, une horreur mêlée d'incompréhension.
Les policiers disent aujourd'hui que c'est une piste qu'ils avaient envisagée dès le début, même s'ils n'avaient pas écarté celle d'une petite fille qui se serait perdue et serait tombée dans un puits ou le canal (à cent mètres) ni celle d'un enlèvement par un détraqué.
Mais lorsqu'ils ont retrouvé le petit corps emballé dans le sac-poubelle, les enquêteurs ont constaté que les vêtements étaient en ordre et intacts, qu'ils n'avaient pas été arrachés ou déchirés comme l'aurait fait un pervers pédophile. C'est un indice de plus qui conduisait à la sphère familiale.

Ce n'est pas de gaieté de coeur que la décision a été prise jeudi soir de perquisitionner de fond en comble la maison des parents. Les policiers recherchaient plus spécialement un rouleau de sacs-poubelle gris clair de la même série que celui qui avait servi d'emballage à la petite. Ce n'est pas de gaieté de coeur non plus qu'ils décidaient d'interroger les parents trois heures à peine après que le corps de Jansien ait été repêché. A vrai dire, les policiers pensaient moins au papa, Jacques : ils avaient vérifié que celui-ci n'était pas présent à la maison mercredi matin et le malheureux a d'ailleurs été libéré en soirée. Sa femme, en revanche, a dû rester. Aux petites heures, vendredi, l'infirmière avouait le meurtre de sa fille. Le parquet d'Anvers ne le précise pas, mais nous savons que l'autopsie a révélé que l'enfant est morte étranglée.
Il n'a jamais été question de nourrir les poules. La petite est morte bien plus tôt mercredi matin. Selon sa mère, Jansien avait disparu vers 13 h. Elles étaient toutes deux au fond du jardin. En un instant, plus de Jansien. L'endroit n'est pas entièrement clôturé et la petite n'avait poussé aucun cri. Le temps de se retourner, sa fille non seulement n'était plus dans le jardin, mais déjà plus non plus devant la maison. A deux ans et demi, c'était quand même difficile à croire.
Mais on avait retrouvé un petit pot, près du poulailler, celui soi-disant que tenait Jansien, avec encore quelques grains de maïs.

Des policiers ont observé la mère pendant les recherches. Même pour un spécialiste, c'était parfait. Elle était par moments hagarde et prostrée. A d'autres, elle hurlait, criait et pleurait. Les policiers n'ont jamais pensé qu'elle jouait la comédie. Mais ils savaient qu'elle avait souffert d'un baby blues et ne se remettait pas d'une dépression postnatale, au point d'être encore actuellement en traitement.
Deux cents policiers, pompiers et bénévoles ont participé aux recherches.

Depuis son arrestation, hier après midi, la maman se mure dans le silence. Quand elle desserre les dents, dit-on, elle est si confuse qu'il est difficile de la comprendre. Un collège d'experts l'examinera. A eux de décider si cette femme peut être considérée comme pénalement responsable ou ne devrait pas plutôt être dirigée vers un établissement fermé de défense sociale. A ce stade, le parquet d'Anvers avoue ne posséder aucun début d'explication cohérent, aucun motif concret pour expliquer le geste.

Le quartier est sous le choc. Les voisins décrivent une «famille normale». Jansien était la seule enfant du couple. Le papa est effondré. "

Gilbert Dupont

LA DERNIERE HEURE 13 novembre 2004

 

BRECHT - C'est l'horreur, à Brecht, près d'Anvers, avec la disparition, l'inquiétude, l'angoisse et la découverte hier - après 24 heures de recherche - du corps sans vie d'une petite fille de 2 ans et demi, Jansien Bosman, dont tout porte à penser qu'elle a été kidnappée et tuée avant d'être jetée dans le canal dans un sac de poubelle.

Jansien Bosman, née en mai 2002, vit chez sa mère, Lochtenberg, à Sint-Job-in-'t-Goor, un quartier assez récent qui touche au canal Anvers-Turnhout. Jansien est sortie, mercredi vers 13 h 30, pour donner à manger aux poules au fond du jardin. La maman s'est inquiétée. Sa fille n'était plus près du poulaillier ni d'ailleurs dans le jardin.
Sa mère ne l'a pas trouvée en faisant le tour du quartier. Aucun voisin ne l'avait vue. Du haut de ses 2 ans et demi, Jansien seule ne pouvait pourtant marcher très loin. La maman a alerté la police. Child Focus a été prévenu à Bruxelles. Avant la nuit, des bénévoles collaient les premières affiches à Brecht.

Entre-temps, la police, les pompiers, des marcheurs entreprenaient de ratisser la localité, de plus en plus loin. L'attention se portait sur le canal, à moins de 100 mètres.
Plongeurs, sonars, bateaux, chiens pisteurs, etc. La Cellule Disparitions de la police fédérale a déplacé tous les moyens disponibles. Une toute petite botte a été trouvée. La maman n'a pas reconnu celles que portait sa fille. Les recherches ont repris hier à l'aube. Le ratissage a couvert environ 8 km2. Des groupes se sont constitués. L'un d'eux, vers 15 h, longeait le Desselschoten, un autre bras du canal. Deux dames marchaient en tête avec un chien.
Dans l'eau, un sac en plastique gris flottait près de la berge et quelque chose semblait dépasser. Un petit bras d'enfant. Labo, etc. En fin d'après-midi, la substitute De Caluwé, du parquet-famille d'Anvers, prononçait le prénom de Jansien.

Sur place, on pouvait constater que le sac n'est pas déchiré ni troué. Pas de sang. A priori, et sous réserve d'autopsie, on pensait plutôt à une fillette tuée par noyade, étouffée voire étranglée. L'endroit est bizarre : il avait été fouillé la veille, en vain. Le ravisseur a-t-il suivi les recherches à distance et décidé d'abandonner le corps là où personne ne reviendrait avant quelque temps ? C'est à 500 m de l'endroit où Jansien avait disparu la veille en allant nourrir les poules, son domicile que des enquêteurs fouillaient, hier soir, par routine policière."

Gilbert Dupont

LA DERNIERE HEURE 12 novembre 2004