Dernière mise à jour : 08/12/2003

Quatre couples jugés aux assises du Pas-de-Calais
pour avoir abusé de huit enfants

 

SAINT-OMER (AP) - Quatre couples comparaissent à partir de lundi après-midi devant la cour d'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais) pour des viols ou des agressions sexuelles commis entre 1997 et 2000 sur huit enfants, dont six d'entre eux étaient prêtés par leurs propres parents contre de l'argent.

Ces huit adultes, dont trois sont détenus, sont accusés d'avoir abusé ces enfants âgés à l'époque de 8 à 13 ans ou d'être complices d'agressions ou de viols. Trois d'entre eux sont en outre soupçonnés d'avoir photographié ou filmé des scènes pornographiques avec cinq des enfants qui leur servaient d'objets sexuels. Toutefois, aucune photographie ou cassette vidéo mettant en scène les enfants n'a été retrouvée par les enquêteurs.

Les quatre couples, dont trois sont voisins ou amis, nient ou minimisent les accusations qui sont portées à leur encontre par les enfants. Les faits avaient été révélés en août 2000 après qu'une petite fille de 7 ans eut expliqué à une assistante maternelle les abus sexuels dont elle était victime avec ses deux frères et ses trois soeurs.

Un couple, domicilié à Avion, près de Lens (Pas-de-Calais), qui était suivi depuis 1997 par les services sociaux, était alors mis en cause pour avoir fait subir des agressions sexuelles et des viols à ses six enfants depuis plusieurs années. Lors de l'enquête, le père de famille âgé 32 ans avait confié avoir loué ses enfants "400 francs la séance" pour participer à des jeux sexuels, un commerce qui aurait rapporté 96.000 francs (14.635 euros). Il s'est ensuite rétracté devant le juge d'instruction qui n'a pas établi l'existence d'un réseau pédophile.

Dans leur interrogatoire, les enfants avaient décrit avoir été fréquemment conduit à Pecq (Belgique), à une vingtaine de kilomètres de Lille, chez un couple qui pratiquait des abus sexuels sur les enfants au préalable drogués par des produits non identifiés. Sur place, une femme et un homme tournaient des films vidéo ou prenaient des photos des ébats sexuels, selon les déclarations de cinq des enfants.

Le conseil général du Pas-de-Calais s'est constitué partie civile pour les huit enfants, aujourd'hui âgés de 5 à 18 ans. Le procès, qui doit durer jusqu'à vendredi, pourrait avoir lieu à huis clos.

AP lep/mw
http://fr.news.yahoo.com/031207/5/3ja0v.html