Quatre
couples jugés aux assises du Pas-de-Calais
pour avoir abusé de huit enfants
SAINT-OMER
(AP) - Quatre couples comparaissent à partir de lundi après-midi
devant la cour d'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais) pour
des viols ou des agressions sexuelles commis entre 1997
et 2000 sur huit enfants, dont six
d'entre eux étaient prêtés par leurs propres parents contre
de l'argent.
Ces
huit adultes, dont trois sont détenus, sont accusés d'avoir
abusé ces enfants âgés à l'époque de 8 à 13 ans ou d'être
complices d'agressions ou de viols. Trois
d'entre eux sont en outre soupçonnés d'avoir photographié
ou filmé des scènes pornographiques avec cinq des enfants
qui leur servaient d'objets sexuels. Toutefois, aucune
photographie ou cassette vidéo mettant en scène les enfants
n'a été retrouvée par les enquêteurs.
Les
quatre couples, dont trois sont voisins ou amis, nient ou
minimisent les accusations qui sont portées à leur encontre
par les enfants. Les faits avaient été révélés en août
2000 après qu'une petite fille de 7 ans eut expliqué à une
assistante maternelle les abus sexuels dont elle était victime
avec ses deux frères et ses trois soeurs.
Un couple,
domicilié à Avion, près de Lens (Pas-de-Calais), qui était
suivi depuis 1997 par les services sociaux, était alors
mis en cause pour avoir fait subir des agressions sexuelles
et des viols à ses six enfants depuis plusieurs années.
Lors de l'enquête, le père de famille
âgé 32 ans avait confié avoir loué ses enfants "400 francs
la séance" pour participer à des jeux sexuels, un commerce
qui aurait rapporté 96.000 francs (14.635 euros). Il s'est
ensuite rétracté devant le juge d'instruction
qui n'a pas établi l'existence d'un réseau pédophile.
Dans
leur interrogatoire, les enfants avaient décrit avoir été
fréquemment conduit à Pecq (Belgique), à une vingtaine
de kilomètres de Lille, chez un couple qui pratiquait
des abus sexuels sur les enfants au préalable drogués par
des produits non identifiés. Sur place, une femme et
un homme tournaient des films vidéo ou prenaient des photos
des ébats sexuels, selon les déclarations de cinq des enfants.
Le conseil
général du Pas-de-Calais s'est constitué partie civile pour
les huit enfants, aujourd'hui âgés de 5 à 18 ans. Le procès,
qui doit durer jusqu'à vendredi, pourrait avoir lieu à huis
clos.
AP lep/mw
http://fr.news.yahoo.com/031207/5/3ja0v.html