|
Un
conflit de famille aboutit à une scène de ménage
judiciaire à l'européenne. La cour d'appel de
Toulouse vient, en effet, de trancher en faveur d'un citoyen
anglais, Stephen Sheehan, résident en Haute-Garonne,
dans une affaire qui l'oppose à son ancienne épouse,
une ressortissante allemande, Kirstin Hintzpeter. Au centre
de la dispute : la garde de leur fils, Patrick, 10 ans. La
décision de Toulouse arrive en parfaite contradiction
avec un précédent jugement, prononcé
à Dresde celui-là, confiant l'enfant à
sa mère.
Stephen Sheehan
a déjà cinq jugements rendus en France qui lui
donnent tous raison. Kirstin Hintzpeter y oppose autant de
décisions de justice prises outre-Rhin. Forte de la
loi de son pays, la mère vivait en Allemagne avec son
fils, simple garde devenue «détention illégale»
au regard du droit français, depuis un jugement rendu
en France en 1999 en faveur du père. C'est donc fort
de son bon droit que ce père est allé récupérer
son fils en douce, il y a une quinzaine de jours, dans la
ville de Rostock (ex-RDA).
Dans cette sorte
de litiges, la convention de La Haye dit le droit entre les
Etats sur le sort des enfants «détenus»
par l'un ou l'autre des parents dans leur pays réciproque.
Sauf que l'Allemagne, qui en est pourtant signataire, «ne
respecte aucune autre décision que les siennes en matière
d'affaires familiales», se désole l'avocate du
père, Claudine Larrieu.
L'avocat de la
mère, Denis Boucharenc, en convient : «Nous sommes
dans une situation invraisemblable où, de même
que les parents, aucun des magistrats des deux pays ne veut
plier. C'est en matière d'affaires familiales que les
décisions de justice sont le plus difficilement respectées.»
L'avocat en appelle à «l'intelligence des parties
et des juges». Selon lui, rien ne pourra se dénouer
sans l'abandon par les parents d'un certain sentiment d'«appropriation»
concernant leur fils. Ni sans l'abandon par les justices des
susceptibilités nationales.
Stephen Sheehan
est chef de projet sur l'A380 chez Airbus à Toulouse.
Son rapt fait outre-Rhin, il a pris soin d'aller voir son
directeur des ressources humaines pour lui exposer sa situation.
Sur la route qui le ramenait d'Allemagne, il s'était
aussi présenté avec son fils au bureau d'entraide
internationale à la chancellerie, à Paris. Il
dit craindre que son ex-femme n'organise à son tour
une expédition semblable à la sienne pour récupérer
l'enfant à Toulouse. Le Bureau d'entraide internationale
de la chancellerie à Paris ne veut pas croire que le
conflit puisse dégénérer au point de
devoir en appeler à la diplomatie. Mais l'ordre public
européen est tout de même secoué. Le cas
Sheehan-Hintzpeter est voué à faire partie de
ce lot de dossiers que les chefs d'Etat évoquent lorsqu'ils
se rencontrent.
12 février
2005 (Liberation - 06:00) / Par Gilbert LAVAL
http://www.liberation.fr
Il manque une info
essentielle dans le texte ci-dessus; les allemands ont jugé
illégalement et secrètement. Ils n'ont pas notifié.
Ils ont tout fait pour criminaliser Stephen Seehans et empecher
tout contact avec l'enfant.
Les français - l'Autorité Centrale - ont laissé
faire.
Comme dans toutes les autres affaires.
|