Dernière mise à jour : 15/04/2005

 

Droits des pères et autorité parentale :Des évolutions en cours

 

 

I - Renforcer le rôle du père

Le livret de paternité
Testé favorablement dans six départements auprès de 500 pères en 2001, le livret de paternité est désormais envoyé spontanément par les CAF à tous les futurs pères pendant la grossesse de leur femme ou de leur compagne. Le but de ce livret est de permettre au père, en l'informant sur ses droits et obligations avant même la naissance de l'enfant, de prendre toute sa place au côté de la mère.
Le livret se présente sous forme d'un guide juridique et social, dans lequel les points suivants sont développés :
- transmission du nom et filiation,
- formalités de reconnaissance paternelle,
- obligations d'éducation de l'enfant,
- exercice de l'autorité parentale conjointe,
- prestations familiales et congé de paternité.

Le congé de paternité
Mesure phare en matière de paternité, ce nouveau congé est ouvert aux pères d'enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2002. Ils peuvent désormais bénéficier d'un congé spécial de onze jours consécutifs, s'ajoutant aux trois jours prévus par le Code du travail après une naissance. C'est donc au total une période de quatorze jours qui peut être consacrée à s'occuper de son enfant. Cette période est portée à 18 + 3 = 21 jours en cas de naissances multiples.
Le congé de paternité intéresse l'ensemble des actifs, qu'ils soient salariés, chômeurs indemnisés, travailleurs indépendants ou fonctionnaires. Il peut être consécutif ou non aux trois jours légaux, mais pris en une seule fois, au plus tard dans les quatre mois qui suivent la naissance ou l'arrivée de l'enfant.
Pour en bénéficier, il suffit d'envoyer à votre employeur une lettre recommandée avec AR un mois au moins avant le début du congé. Ce courrier doit préciser les dates choisies, qui s'imposent alors à l'employeur.

II - Renforcer la parité dans l'autorité parentale

L'autorité parentale conjointe
Depuis le 4 mars 2002, une nouvelle loi met définitivement le père et la mère sur un pied d'égalité en matière d'autorité parentale. Ce sont les deux parents (à condition qu'ils aient l'un et l'autre reconnu l'enfant pendant la première année) qui partagent intégralement droits et devoirs pour représenter, protéger et éduquer leurs enfant jusqu'à sa majorité.
Rien de bien nouveau jusqu'ici lorsque le couple reste uni. Par contre, en cas de séparation ou de divorce, la loi prévoit - ce qui est nouveau - que "chacun des parents doit maintenir des relations personnelles avec l'enfant et respecter les liens de celui-ci avec l'autre parent". Le juge aux affaires familiales peut désormais prendre toutes mesures pour garantir ces liens. Il peut aussi accorder plus souvent à l'enfant la résidence alternée, dès lors que cette solution est souhaitée par l'enfant. Même chose pour les relations de l'enfant avec des tiers (grands-parents, autres parents ou toute autre personne) : ces relations, jusqu'alors autorisées exceptionnellement, peuvent être ouvertes et aller même jusqu'à des hébergements.

La liberté du nom de famille
Grande révolution pour quelques lignes de texte... depuis le 1er janvier 2005, les parents ont le droit de transmettre à leurs enfants le nom de famille du père, ou celui de la mère, ou leurs deux noms accolés dans l'ordre de leur choix et dans la limite d'un nom pour chaque parent.
Ce choix sera fait à la naissance du premier enfant et pour toute fratrie à venir. A leur majorité, les enfants nés après l'entrée en vigueur de la loi pourront toujours accoler à leur patronyme le nom du parent n'y figurant pas. En cas de noms doubles, il va de soi que chaque génération devra faire des choix simplificateurs.
Seul maintien de la prédominance paternelle : en cas de désaccord entre les parents, c'est le nom du père qui prédominera.

>>> Bon à savoir >>>
Il y a des mesures complémentaires

La médiation familiale sera systématiquement préconisée par les juges en cas de conflit entre les parents sur l'exercice de leur autorité parentale.
La reconnaissance prénatale conjointe pourra être solennisée si des parents non mariés le souhaitent. L'acte pourra alors être recueilli par le maire ou par son délégué au cours d'une cérémonie où les deux parents se verront rappeler leurs droits et devoirs.
Pour concilier vie familiale et professionnelle, il est bon de rappeler que toutes les aides et allocations versées par les CAF concernent les deux parents, ou à défaut l'un d'entre eux s'il a seul l'autorité parentale, qu'il s'agisse du père ou de la mère.


Quelle rémunération pendant
le congé de paternité ?
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Les trois jours de congé légal pour naissance sont intégralement rémunérés par l'employeur.
Les onze ou dix-huit jours de congé de paternité sont aussi rémunérés à 100 %, mais dans la limite du plafond de la sécurité sociale (2 476 euros en 2004).
Si votre rémunération habituelle est supérieure, soit vous supporterez alors une baisse de revenu temporaire, soit la différence vous sera allouée par votre employeur, mais au titre d'accords d'entreprise ou de branche. Seuls les fonctionnaires sont assurés d'être dans tous les cas payés intégralement.

Livret de paternité : Un accueil favorable
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Un sondage effectué auprès de 500 pères ayant reçu le livret de paternité montre que celui-ci est accueilli de façon très favorable. 35 % l'ont lu complètement et 45 % partiellement, mais 82 % en trouvent l'idée bonne et 96 % conserveront le livret.
Parmi ceux qui l'ont lu, huit pères sur dix ont discuté de ce livret avec leur compagne ou leur épouse.
Cinq pères sur dix ont reconnu avoir appris quelque chose qu'ils ignoraient, et quatre sur dix ont l'intention de rechercher des informations complémentaires. Ce sont surtout les futurs pères d'un premier enfant qui reconnaissent avoir enrichi et même modifié leur idée sur la paternité à la lecture du livret.

Benoît Lépinay

Ex http://www.santemagazine.fr/websante/modele_fiche.jsp?file=Fdroits_autorite_parentale