- La police genevoise enregistre une augmentation de 6,8% de la criminalité.
- Les arrestations sont en recul: la faute à la surpopulation de Champ-Dollon.
valérie duby
Publié le 15 février 2006 Tribune de Genève
A la police genevoise, les années se suivent. Et se ressemblent. En tout cas en ce qui concerne l'augmentation, lente mais sûre, de la criminalité.
Les chiffres - présentés hier à l'occasion d'une conférence de presse sous la houlette du président du Conseil d'Etat, Pierre-François Unger et de Laurent Moutinot, président du Département des institutions - suivent la tendance constatée en Suisse romande avec une augmentation de 6,8% de la criminalité.
Les infractions en hausse?
Essentiellement celles dites contre le patrimoine, comme les vols à la tire (pickpocket) et les vols à l'astuce (vol à la salissure par exemple). Ces derniers marquent une impressionnante augmentation, passant de 367 en 1999 à 985 l'an dernier.
On a beau parler d'insécurité subjective, les chiffres sont là. «Les vols dans les véhicules sont aussi en augmentation (ndlr plus de 10% par rapport à 2004) mais dans plus de mille cas, les voitures étaient libres d'accès», relève Didier Froidevaux, directeur des études stratégiques de la police genevoise.
Autre constat: le volume des délits contre l'intégrité corporelle augmente de 10%, alors même qu'en 2004, des opérations de lutte contre la pédophilie (opération Falcon) avaient contribué à influencer les chiffres à la hausse. Les lésions corporelles simples et graves augmentent de 10,8%, tout comme l'extorsion, le chantage et le racket (+20,7 %).
Tous les indicateurs ne sont heureusement pas dans le rouge. Si l'on ne peut pas parler de véritable baisse, on peut au moins relever la relative stabilité du nombre de cambriolages et de la baisse du nombre de voitures volées.
Opérations annulées
Autre chiffre à la baisse, et non des moindres, celui du nombre d'arrestations! Mais cet indicateur statistique vaut ce qu'il vaut. En effet, l'activité de la police dépend, en grande partie des capacités de détention dans le canton. Et, on le sait, la prison de Champ-Dollon, établissement de détention provisoire, est pleine depuis plusieurs années. Il ne faut pas se leurrer, à cause de cette surpopulation carcérale, des opérations de police ont dû être différées, notamment en matière de trafic de stupéfiants.
Les infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants se situent dans la moyenne des années 2000, en recul de 3% en regard de 2004. L'an dernier encore, la task force drogue a fortement contribué aux mandats décernés. On constate un recul du nombre de trafiquants relevant du domaine de l'asile. La diminution du nombre d'assignations territoriales (interdictions cantonales et de zone locale) va dans le même sens.
La task force drogue va-t-elle poursuivre sa mission? Laurent Moutinot assure que oui. Mais «l'accent sera mis sur la proximité des écoles et des bâtiments scolaires», indique le magistrat. Autrement dit, des quartiers dits chauds en matière de drogue comme les Volontaires ou Cornavin seront moins ciblés.
Arrestations: le profil
«Les statistiques de 2005 montrent une caractéristique propre à Genève avec la très forte proportion d'auteurs de délits étrangers non résidants dans notre canton (52%, soit une augmentation de 16% par rapport à 2004)», poursuit Didier Froidevaux. Contrairement à ce que l'on aurait tendance à croire, le nombre de très jeunes délinquants n'est pas en augmentation.
Ce que la police constate, en revanche, c'est le nombre impressionnant des faits de violence. On pense notamment aux lésions corporelles, ainsi qu'aux violences et menaces contre les fonctionnaires. La peur du gendarme? Un phénomène lui aussi en net recul depuis bien des années...
Vous avez envie de relativiser ces infos? Lisez |