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PROCÈS Un
policier risque 6 mois de prison pour avoir menacé
de torturer un kidnappeur d'enfant
CHRISTOPHE BOURDOISEAU - BERLIN
18 novembre 2004
Le commissaire Wolfgang Daschner n'avait qu'une chose en tête
à la fin de septembre 2002: sauver la vie du petit
Jakob.
L'enfant, âgé
de 11 ans, fils d'un banquier richissime, avait été
enlevé depuis quatre jours. Le numéro deux de
la police de Francfort savait qu'il était en danger
de mort. Il fallait faire vite. Si Jakob était enfermé
quelque part, il ne pouvait pas survivre longtemps sans eau.
A l'époque
de l'enlèvement, le kidnappeur avait été
arrêté et il se trouvait dans les locaux de la
police. Mais Markus Gäfgen, un étudiant de 27
ans, refusait d'indiquer la cache. Le commissaire Daschner
avait alors décidé de le menacer de violence
pour obtenir les informations. «Nous voulions sauver
la vie du petit Jakob», a-t-il répété
hier à l'ouverture de son procès.
Magnus Gäfgen,
condamné depuis à la réclusion criminelle
à perpétuité, avait finalement craqué.
Mais c'était peine perdue: l'enfant avait été
retrouvé mort à l'arrivée des secours.
Pour le procureur
de la République, la conduite du commissaire est néanmoins
condamnable. «Il est allé beaucoup trop loin»,
a-t-il souligné. Wolfgang Daschner estime pour sa part
qu'il ne s'agit pas de torture puisqu'il n'est jamais passé
à l'acte.
Ce procès
divise l'Allemagne. Le commissaire, un policier exemplaire
de 61 ans, est considéré par beaucoup comme
un héros car il a mis sa carrière en jeu pour
essayer de sauver un enfant. Il a reçu des milliers
de lettres de soutien. «Je le referais aujourd'hui»,
a-t-il déclaré.
En revanche, les
associations de droits de l'homme et certains responsables
politiques ont condamné son comportement. «La
torture est strictement interdite. Pas seulement en zone de
guerre. Une exception à la règle risque de nous
mener sur la mauvaise pente», a déclaré
Claudia Roth, chef du parti écologiste.
Le commissaire
Daschner risque 6 mois de prison.
© Le Matin Online
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