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" Il y a
une semaine environ, la population de Mahajanga a vécu
une histoire somme toute banale, mais qui a ébranlé
la société. Le kidnapping d’un enfant
de 11 ans.
L’histoire ....
Le petit garçon a reconnu son ravisseur alors qu’il
se rendait, lui et sa mère, au commissariat pour aller
tout raconter sur sa péripétie. Il a crié
mais le ravisseur, ainsi que son ami - tous les deux des Comoriens
- se sont enfuis. Interrogé au commissariat, le petit
garçon raconte qu’il a été enlevé
par le Comorien. Il l’a emmené dans une voiture
4x4 de couleur blanche et aux vitres teintées. Ses
ravisseurs lui ont bandé les yeux. Une fois dans une
maison en dur de clouleur claire, ils l’ont fait tourner
sur lui-même jusqu’au tournis et qu’il perde
connaissance. Mais pas pour très longtemps. Malheur
aux kidnappeurs qui sont sortis de la salle. Revenu à
lui plus tôt que prévu, le petit garçon
a pu voir quatre autre jeunes enfants dont un très
petit qui ne cessait de pleurer, mais aussi trois autres de
son âge, tous liés. Dans une autre chambre,
il a vu une dame qui fumait. Il a pu se délier et a
pris ses jambes à son cou, loin de cette maudite demeure.
En cours de route, il a rencontré une dame à
qui il a raconté sa mésaventure. Cette dernière
lui a donné de l’argent pour le bus et il est
rentré rapidement chez lui. Il a raconté une
nouvelle fois son histoire à sa mère qui a décidé
d’aller chez le commissariat.
Quant aux ravisseurs, ils ont profité de ce que personne
d’autres, à part le petit garçon et sa
mère, les ait aperçus, et ont rejoint leur domicile
- un appartement en location. Mais la propriétaire
était là. Elle a envoyé son fils chez
le commissariat.
La nouvelle s’est répandue comme une traînée
dans la Ville des Fleurs. La population est sur les nerfs
Au commissariat
Un père a montré au petit garçon la photographie
de son fils Stanislas disparu depuis quelques semaines.Réponse
affirmative. “Il est parmi ceux qui sont attachés.Il
m’a même demandé de le détacher,
mais la peur fut la plus forte.” Le petit garçon
a préféré s’enfuir. Tout ce dont
il a pu se souvenir de l’endroit où il a été
détenu, c’est qu’il a couru et monté
deux collines du côté d’Amborovy.
Les média ont joué leur rôle, celui de
relais. Ils ont diffusé intégralement l’enquête
du petit garçon. l’opinion s’en est émue
et attend les résultats de l’enquête. Le
communiqué non officiel de la police dit qu’elle
est devant “un endroit non localisé.”
Le lendemain, chose curieuse, les journalistes sont
convoqués au commissariat central et “auraient
été sommés” de ne plus parler de
l’affaire. “Celle-ci ne peut être vérifiée
et il se pourrait que l’enfant ait affabulé.”
Eviter une psychose? Couper court à l’enquête?
On ne le sait. Depuis un certain temps, la rumeur
de kidnapping d’enfants court en ville. Une psychose
entretenue par la radio trottoir et exploitée par des
individus malintentionnés et favorisée par les
pannes d’électricité suite au délestage
de la Jirama.
La population s’inquiète ...
A la sortie d’un établissement privé,
trois jeunes hommes tatoués questionnaient un garçon
qui allait rentrer chez lui. Déjà sensibilisé,
il est revenu tout de suite dans la cour de l’école
et a informé les responsables. quand il a voulu rentrer,
les trois hommes l’ont suivi mais les institutrices
surveillent leur manège derrière l’enfant.
Celui-ci est monté dans le bus et les bonhommes sont
partis.
A Marovoay, un autre fait a été signalé:
la disparitionde dix enfants. Une affaire à
suivre, en tout cas la Brigade des moeurs et de la protection
des mineurs - BMPM - de Mahajanga en est informée.
A souligner que cette grigade est débordée et
manque de moyens. Toutefois, de ces moyens et du sérieux
du personnel dépendent sa crédibilité.
Coïncidence ?
Depuis la supension de l’adoption internationale à
Madagascar, le phénomène de kidnapping d’enfants
resurgit. Des contrats de “livraison” déjà
signés? Des paiements déjà effectués?
Aussi, le rapt serait-il un recours?
La vigilance est de mise. "
Source : Madascar Tribune, 11 mai 2005
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