Dernière mise à jour : 15/05/2005

 

Une sombre histoire de kidnapping d'enfants à Madagascar

 

 

" Il y a une semaine environ, la population de Mahajanga a vécu une histoire somme toute banale, mais qui a ébranlé la société. Le kidnapping d’un enfant de 11 ans.

L’histoire ....

Le petit garçon a reconnu son ravisseur alors qu’il se rendait, lui et sa mère, au commissariat pour aller tout raconter sur sa péripétie. Il a crié mais le ravisseur, ainsi que son ami - tous les deux des Comoriens - se sont enfuis. Interrogé au commissariat, le petit garçon raconte qu’il a été enlevé par le Comorien. Il l’a emmené dans une voiture 4x4 de couleur blanche et aux vitres teintées. Ses ravisseurs lui ont bandé les yeux. Une fois dans une maison en dur de clouleur claire, ils l’ont fait tourner sur lui-même jusqu’au tournis et qu’il perde connaissance. Mais pas pour très longtemps. Malheur aux kidnappeurs qui sont sortis de la salle. Revenu à lui plus tôt que prévu, le petit garçon a pu voir quatre autre jeunes enfants dont un très petit qui ne cessait de pleurer, mais aussi trois autres de son âge, tous liés. Dans une autre chambre, il a vu une dame qui fumait. Il a pu se délier et a pris ses jambes à son cou, loin de cette maudite demeure.
En cours de route, il a rencontré une dame à qui il a raconté sa mésaventure. Cette dernière lui a donné de l’argent pour le bus et il est rentré rapidement chez lui. Il a raconté une nouvelle fois son histoire à sa mère qui a décidé d’aller chez le commissariat.
Quant aux ravisseurs, ils ont profité de ce que personne d’autres, à part le petit garçon et sa mère, les ait aperçus, et ont rejoint leur domicile - un appartement en location. Mais la propriétaire était là. Elle a envoyé son fils chez le commissariat.
La nouvelle s’est répandue comme une traînée dans la Ville des Fleurs. La population est sur les nerfs

Au commissariat

Un père a montré au petit garçon la photographie de son fils Stanislas disparu depuis quelques semaines
.Réponse affirmative. “Il est parmi ceux qui sont attachés.Il m’a même demandé de le détacher, mais la peur fut la plus forte.” Le petit garçon a préféré s’enfuir. Tout ce dont il a pu se souvenir de l’endroit où il a été détenu, c’est qu’il a couru et monté deux collines du côté d’Amborovy.
Les média ont joué leur rôle, celui de relais. Ils ont diffusé intégralement l’enquête du petit garçon. l’opinion s’en est émue et attend les résultats de l’enquête. Le communiqué non officiel de la police dit qu’elle est devant “un endroit non localisé.”
Le lendemain, chose curieuse, les journalistes sont convoqués au commissariat central et “auraient été sommés” de ne plus parler de l’affaire. “Celle-ci ne peut être vérifiée et il se pourrait que l’enfant ait affabulé.”
Eviter une psychose? Couper court à l’enquête? On ne le sait.
Depuis un certain temps, la rumeur de kidnapping d’enfants court en ville. Une psychose entretenue par la radio trottoir et exploitée par des individus malintentionnés et favorisée par les pannes d’électricité suite au délestage de la Jirama.

La population s’inquiète ...

A la sortie d’un établissement privé, trois jeunes hommes tatoués questionnaient un garçon qui allait rentrer chez lui. Déjà sensibilisé, il est revenu tout de suite dans la cour de l’école et a informé les responsables. quand il a voulu rentrer, les trois hommes l’ont suivi mais les institutrices surveillent leur manège derrière l’enfant. Celui-ci est monté dans le bus et les bonhommes sont partis.
A Marovoay, un autre fait a été signalé: la disparitionde dix enfants. Une affaire à suivre, en tout cas la Brigade des moeurs et de la protection des mineurs - BMPM - de Mahajanga en est informée. A souligner que cette grigade est débordée et manque de moyens. Toutefois, de ces moyens et du sérieux du personnel dépendent sa crédibilité.
Coïncidence ?
Depuis la supension de l’adoption internationale à Madagascar, le phénomène de kidnapping d’enfants resurgit. Des contrats de “livraison” déjà signés? Des paiements déjà effectués? Aussi, le rapt serait-il un recours?
La vigilance est de mise. "

Source : Madascar Tribune, 11 mai 2005