Dernière mise à jour : 18/11/2007

 

DISPARITION DES ENFANTS AU TOGO : LA POPULATION APPELEE A LA VIGILANCE ET A DENONCER LES AUTEURS ET LEURS COMPLICES



Le ministère délégué chargé de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées et des ONG de défense des droits des enfants ont lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 8 novembre à Lomé attiré l’attention de l’opinion publique sur le phénomène de disparition d’enfants au Togo dont « l’ampleur devient inquiétant, suscite des interrogations et nous interpelle tous ». « Presque tous les jours, nous enregistrons des plaintes de parents malheureux et effarés sur la disparition de leurs enfants » ont-ils révélé, précisant que les derniers cas en date portés à leur connaissance (et confirmé par les victimes ou les parents des victimes sur place) remonte au début du mois d’octobre. Parmi ces cas, on note la disparition de la petite Sandra, élève en classe de 5e âgée de 12 ans, la tentative d’enlèvement de Mlle X, 9 ans et en classe de CM1 et la mésaventure de Mlle Y, une apprentie coiffeuse de 20 ans.

Les faits remontent au début du mois d’octobre lorsque les parents de Sandra reçoivent la visite d’un inconnu accompagné de sa fille prénommée Judith. Il leur propose que Judith et Sandra deviennent des amies. Les parents n’y ont trouvé aucun inconvénient et ont accepté la proposition. Le vendredi 5 octobre au soir, Judith est venue rendre visite à Sandra. A la fin de la visite, Sandra raccompagne Judith à la devanture de la maison. Elle n’est pas revenue depuis. La scène se passe dans le quartier Avédji à Lomé.

Le 6 octobre, dans le quartier Adidoadin, Mlle X, 20 ans, apprentie coiffeuse de son état quitte l’atelier autour de 19 h 45. Chemin faisant, elle voit un taxi sans plaque d’immatriculation stationné dans la rue. Trois hommes attendent à côté du taxi. Elle les dépasse et les salue. L’un des hommes l’interpelle pour se renseigner sur une demoiselle. Sans s’arrêter, Mlle X répond qu’elle ne la connaît pas. Mais l’un des hommes la rattrape et lui applique sur le nez un mouchoir. Elle perd connaissance. Quant elle revient à elle, c’est dans une chambre. Gisent dans la chambre des cadavres frais de personnes et un seau d’eau. Elle est entourée des trois hommes qui commencent à l’interroger. Ensuite, ils tentent de la violer. Mais elle se débat de toute ses forces, allant jusqu’à mordre le doigt à l’un des agresseurs. Ces derniers la maîtrisent, lui attachent les deux poignets et les deux pieds et l’entraînent dans une autre chambre. A tour de rôle, ils la violent, ferment la porte et le portail, l’abandonnant dans ses liens. Ils reviennent le samedi, la violent à nouveau et s’en vont.

Mlle X ne sait pas par quel miracle, ses mains se délient, la porte de la chambre et le portail s’ouvrent dans la nuit du dimanche 7 octobre. Livide et morte à moitié, elle rassemble le peu de force qui lui reste et prend la fuite. A 4 heures, elle parvient au niveau de l’antenne Moov à Léo 2000. Un taxi moto la dépose dans la maison paternelle. Elle est rapidement admise à l’infirmerie de l’église des Assemblée de Dieu pour les premiers soins.

Quant à Mlle X, 9 ans, elle a été arrachée de la main du trafiquant grâce à l’intervention in extremis d’une dame au quartier Totsi. « Ce phénomène représente une nouvelle forme de violation des droits de l’Homme et de l’enfant » selon les organisateurs qui s’interrogent sur les mobiles de ces actes crapuleux.

A l’occasion, la ministre déléguée chargée de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées, Mme Agnélé Mensah et les ONG de défense des droits de l’enfant ont appelé à la prise de conscience individuelle et collective de ces disparitions d’enfants pour mettre hors d’état de nuire ces criminels organisés.

Elles ont à cet effet invité tous les parents et tous les enfants à la vigilance et à la mobilisation pour déjouer les manœuvres de ces malfaiteurs et dénoncer à qui de droit, tous les comportements suspects ou délictueux en matière de respect des droits de l’enfant.

Les initiateurs de la rencontre ont également réaffirmé leur détermination à joindre leurs efforts à ceux des parents, pour renforcer les recherches, pour retrouver Sandra d’une part et les enleveurs de Mlle X d’autre part. Ils ont invité les médias à sensibiliser la population et tous les acteurs sur les enlèvements d’enfants.

Les ONG de défense des droits de l’enfant ont demandé au ministère délégué chargé de la Protection de l’enfant de renforcer la protection des enfants, en mettant en place une brigade spéciale pour la protection des mineurs. Cette initiative selon elles, serait un premier pas vers la résolution du problème.

ATOP/MEK/AYH/MD, Publié le 15 novembre 2007