Dernière mise à jour : 04/03/2008

Un rosier pour Cédrika


Bénévole de la première heure dans la disparition de Cédrika Provencher, Chantale Béland veut faire changer le nom d'un rosier pour celui de la fillette. En recrutant 2 500 acheteurs de rosiers, elle espère financer les recherches et aider les familles d'enfants disparus.
«J'ai un petit bonhomme du même âge et cela me révolte de voir que l'on peut faire cela à un enfant», lance Mme Béland.

La femme de 39 ans, cuisinière dans un Centre de la petite enfance de Trois- Rivières, a été particulièrement affectée par la disparition de Cédrika et s'est immédiatement portée volontaire pour aider la famille à la retrouver.

Mais 200 jours plus tard, les fonds commencent à manquer à Martin Provencher et à son groupe d'irréductibles. Pour financer les recherches, Mme Béland et une amie ont eu l'idée de vendre des rosiers.

Elles ont contacté les propriétaires de Roses Drummond, l'un des plus gros producteurs de roses au Québec, et leur ont demandé de changer le nom d'un rosier, pour qu'il soit rebaptisé Cédrika- Provencher.

«On n'a pas accepté tout de suite, explique Emmanuel Bertrand, de Roses Drummond. Changer un nom de rose, ce n'est pas simple. Mais on a dit oui parce que c'est une cause qui en vaut la peine et que tout le monde est touché par cette histoire.»

Rosie pour Cédrika

Ce sont le père et le grand-père de la fillette qui ont choisi le rosier, le Rosie- O'Donnell, du nom d'une actrice américaine. Ce rosier est de la catégorie des hybrides de thé et produit une magnifique fleur rouge et jaune.

Le fournisseur de Roses Drummond a fait la demande de changement de nom auprès de l'American rose society, l'organisme qui gère les noms commerciaux des roses.

Si au Québec, le rosier portera dorénavant le nom de Cédrika-Provencher, il continuera de s'appeler Rosie-O'Donnell dans le reste du Canada et aux États-Unis.

«Il est très beau. Il n'y en a pas beaucoup comme cela au Québec. Mais attention, l'automne, il faut le tailler à huit pouces de hauteur, le couvrir et remplir le couvercle de feuilles mortes», explique M. Bertrand.

Mais pour que Roses Drummond puisse passer la commande, Mme Béland doit recueillir les signatures d'au moins 2 500 personnes qui seraient intéressées à acheter le rosier au coût de 25 $ l'unité (28,21 $ avec les taxes).

Les sommes obtenues serviront à financer les recherches mais seront également versées à la Fondation Cédrika- Provencher, un organisme qui verra bientôt le jour et qui viendra en aide aux familles d'enfants disparus.

«Une disparition d'enfant, c'est une situation qui ne devrait pas exister», conclut Chantale Béland.

Pour joindre Chantale Béland : 819 372-4994 ou 819 696-0305 ou commanditescc.cedrika@hotmail.com

Daniel Renaud, Le Journal de Montréal
02/03/2008