Dernière mise à jour : 18/09/2008


Antoine : le témoignage d'une baby-sitter relance l'enquête



Cette jeune femme affirme que l'enfant était absent du domicile familial lorsqu'elle s'est présentée le 8 septembre vers 21 heures.

Le témoignage d'une adolescente, recueilli mercredi matin par les gendarmes, assombrit un peu plus encore l'image du couple formé par la mère du petit Antoine et Sébastien R., son compagnon âgé de 29 ans. Selon la jeune femme, qui a parfois travaillé comme baby-sitter dans la famille, l'enfant était absent de son domicile le 8 septembre vers 21 heures, soit quatre jours avant sa disparition officielle, lorsqu'elle y est passée en coup de vent. «En soi, ces déclarations ne démontrent pas grand-chose dans la mesure où Antoine avait l'habitude de jouer dehors tard le soir», explique le procureur de Clermont-Ferrand, Jean-Yves Co­quillat. Cependant, la jeune femme, qui affirme ce soir-là avoir été bousculée par le concubin de la mère, confirme d'autres témoignages évoquant un homme au tempérament violent.

Mercredi matin, place de la République, plusieurs dizaines d'hommes ont par ailleurs commencé à sonder les entrailles d'Issoire à la recherche d'un corps, d'un vêtement ou d'un simple indice susceptible de les conduire sur la piste d'Antoine.

Tandis que 25 militaires poursuivaient leur porte-à-porte à travers l'entrelacs de courettes et de vieilles maisons qui bordent la place, plusieurs sapeurs-pompiers assistés de chiens ont commencé à visiter, une par une, les caves du quartier. Dans le même temps, quatre gendarmes spéléologues ont entamé l'exploration de canaux d'eau souterrains qui, édifiés au Moyen Âge, serpentent sur plusieurs kilomètres à travers Issoire.

L'enquête sera longue

«Comme nous ne privilégions aucune piste, il nous faut notamment vérifier qu'Antoine ne s'est pas trouvé enfermé dans ce réseau soit accidentellement, soit à l'initiative d'une main criminelle», explique le lieutenant-colonel Pascal Palayer, chargé de la communication pour la région de gendarmerie d'Auvergne.

Tous avaient l'habitude de voir cet enfant de six ans et demi jouer ou divaguer, parfois tard le soir, souvent livré à lui-même. Beaucoup connaissaient, au moins de vue, sa mère, Alexandrine. «On voyait que le petit n'était pas vraiment encadré», glisse une passante. Qui s'en est inquiété ? «On ne peut pas se mêler de la vie privée des gens», esquive-t-elle.

À Issoire, la population semble se partager entre ceux qui compatissent au sort de la mère et ceux qui, à demi-mot, n'hésitent pas à la juger responsable de la situation. Pointé du doigt par la famille de l'enfant et perquisitionné à plusieurs reprises par les enquêteurs, l'employeur d'Alexandrine, Stéphane Bourcelin, commence ainsi à recevoir les témoignages de soutien de plusieurs habitants. «C'est pas normal qu'on vous soupçonne comme ça avec tout ce que vous avez fait pour le petit», lui a par exemple glissé, mercredi matin, une femme à la mise élégante.

Cyrille Louis, envoyé spécial à Issoire (Puy-de-Dôme) 17/09/2008