|
Disparitions
d'enfants : mobilisation pour élucider 35 affaires
" La démarche
est inédite en France. Le juge Guillou, en charge de
l'instruction sur la disparition d'Estelle Mouzin, âgée
de 9 ans, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne),
est à l'origine d'une réunion exceptionnelle
d'enquêteurs de police et de gendarmerie qui doit se
tenir la semaine prochaine à la préfecture de
Nanterre. Alors que le tueur en série Michel Fourniret
a donné un alibi solide aux enquêteurs de Versailles
en charge de la séquestration d'Estelle Mouzin, les
spécialistes de la PJ rassemblés pour l'occasion
ont tous en charge des dossiers de disparitions ou de crimes
non élucidés de petites filles ou d'adolescentes.
Ce sont trente-cinq affaires qui seront évoquées
lors de cette réunion. Des enlèvements ou des
assassinats dont certains remontent au début des années
1980 et qui se sont déroulés un peu partout
en France. « L'idée du juge est que tous ces
directeurs d'enquête, qui suivent parfois ces dossiers
depuis plus de dix ans, puissent échanger directement
leurs expériences, résume une source judiciaire.
Nous sommes aujourd'hui équipés de logiciels
très performants qui permettent une comparaison des
affaires sur le papier. Mais à travers ce genre de
réunion, un détail qui n'avait pas jusqu'ici
éveillé l'attention d'un enquêteur peut
très bien être soulevé par un de ses collègues
et ouvrir de nouvelles pistes... Dans certains de ces dossiers,
des parents ou des proches ignorent ce que leur fille est
devenue depuis près de vingt ans. C'est une souffrance
insoutenable face à laquelle nous nous devons de tout
mettre en oeuvre pour apporter des réponses. »
Outre la disparition de la petite Estelle, voici quelques-unes
des affaires qui seront étudiées :
Charazed Bendouiou avait 10 ans lorsqu'elle a disparu.
C'était un dimanche de juillet 1987, à Bourgoin-Jallieu,
dans l'Isère. En plein après-midi, la fillette
sort de l'appartement familial pour déposer un sac-poubelle
dans le local à ordures. Elle n'est jamais réapparue.
L'enquête avait été close faute d'éléments
en décembre 1988, puis finalement rouverte une dizaine
d'années plus tard sous l'impulsion de la famille.
Marie-Angèle Domece était, elle, tout juste
majeure lorsqu'elle s'est mystérieusement volatilisée
dans la région d'Auxerre (Yonne), en 1988. Placée
en foyer à la Ddass, cette jeune femme psychologiquement
fragile a longtemps été une des victimes supposée
d'Emile Louis. Une hypothèse aujourd'hui écartée
au profit de celle du tueur en série Michel Fourniret,
piste en cours d'analyse.
Aurore Pinçon
était une jolie adolescente de 14 ans. Le 21 décembre
1995, elle laisse une lettre d'adieu à ses parents
dans leur maison de Guérande (Loire-Atlantique) et
disparaît. Ce courrier a initialement conduit les gendarmes
à privilégier la piste du suicide, mais son
corps n'a jamais été retrouvé et le spectre
d'une mauvaise rencontre n'a pu être écarté.
Marion
Wagon est sans doute l'enfant dont la disparition a été
la plus médiatisée avant l'affaire Estelle.
En vain jusqu'à aujourd'hui. Agée de 10 ans,
la petite fille a disparu le 14 novembre 1996 à Agen
(Lot-et-Garonne), alors qu'elle rentrait de son école
pour déjeuner à son domicile. Malgré
une mobilisation sans précédent, aucun indice
n'a permis de retrouver sa trace.
Cécile Vallin,
une lycéenne de 17 ans, a été aperçue
pour la dernière fois le dimanche 8 juin 1997, à
la sortie de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie. Les fouilles
de la région avec hélicoptère, chiens
et secouristes plongeurs n'ont rien donné. Outre ces
affaires de disparitions, près de trente meurtres de
fillettes ou d'adolescentes restés mystérieux
seront également évoqués lors de la réunion
de Nanterre. Des dossiers qui, pour certains, remontent à
plus de vingt ans comme le meurtre de Marie-Anne, une petite
Martiniquaise de 11 ans dont le corps dénudé
avait été retrouvé en juillet 1982 sous
des gravats dans le XIII e arrondissement de Paris. "
Un article de Stéphane Albouy.
Source : LE PARISIEN
(18 mars 2005)
|